Billet – Tous des monstres !

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Georges Floyd ! Ce nom vous dit quelque chose ? Oui, bien sûr. C’est cet afro-américain de 46 ans, victime lundi dernier, à Minneapolis, d’une énième bavure de policiers blancs américains.

Des vidéos mettant en scène le policier, Derek Chauvin, appuyant avec son genou sur le cou du pauvre Floyd pendant huit longues et stupéfiantes minutes, l’étouffant jusqu’à sa mort, sont devenues virales sur les réseaux sociaux et ont provoqué une onde de choc mondiale.

Ce sale flic, censé pourtant protéger et servir des citoyens comme George était démuni de sentiments humains. Floyd l’a supplié de s’arrêter, lui disant qu’il ne pouvait pas respirer, mais c’était bien peu pour toucher les cordes sensibles de ce monstre. Cet acte barbare a embrasé les Etats-Unis. A Minneapolis, des milliers de manifestants se sont rassemblés pour cracher leur colère, ont incendié des voitures, des magasins et même un commissariat de police. Les manifestations se sont propagées dans d’autres villes comme New York, Denver, Portland, Oregon, Los Angeles, Memphis.


Ce sont des actes de ce genre, barbares et indignes, qui poussent souvent à la rancune, à la vengeance, et donnent envie d’écorcher vif ces parasites, de les exterminer… bref, de se faire justice soi-même. Oui, car la vengeance est enracinée en chacun d’entre nous. Et parfois, si la morale suggère le pardon, notre instinct naturel nous fait envisager des représailles et faire payer très cher l’auteur de notre malheur.


Au Sénégal également, on s’indigne. Pas parce que les policiers tuent des citoyens, mais plutôt parce que des citoyens en assassinent d’autres, sans raison aucune. Avez-vous remarqué la facilité déconcertante avec laquelle on tue sous nos tropiques ? Il ne se passe un jour sans qu’on ne lise dans la presse des cas d’homicide, volontaire ou involontaire. Ôter des vies est presque devenu un jeu mené avec brio par des criminels dont l’insensibilité sentimentale et émotionnelle rendent incapables d’empathie, et qui, souvent, n’éprouvent aucun remords ni sentiment de culpabilité. On égorge, poignarde, décapite à coup de ciseaux, brûle vif, ébouillante, étouffe, empoisonne, sacrifie…

Effet pervers du confinement ? Sans doute pas. Ce phénomène reste cependant très difficile à expliquer. Et en attendant de trouver une explication à ces dérives mortelles, la marée de violence ne fléchit pas. Le meurtre de Cheikh Diop, aspergé d’essence avant d’être brûlé vif par son fils, vient s’ajouter à la longue liste des meurtres perpétrés depuis le début de l’année 2020 partie pour être des plus macabres.

Tout compte fait, il n’y a pas de très grande différence entre ce sale flic de Minneapolis et nos meurtriers. Tous des monstres ! Parce que tuer, c’est … tuer. Et il n’y a ni de belle ni de vilaine mort. Qu’elle soit douce ou barbare.

Aujourd’hui et plus que jamais, un danger permanent pèse sur nous ; celui de croiser le chemin de ces monstres qui, pour un rien, peuvent nous envoyer dans l’autre monde et ensuite se regarder dans un miroir sans aucun scrupule, et sans même sourciller. Comme si de rien n’était.



Samba Oumar Fall – Journaliste

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