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Sénégal – Des scènes de guérilla urbaine entre les forces de l’ordre et des jeunes

Dakar a vécu vendredi des scènes de guérilla urbaine entre les forces de l’ordre et des centaines de jeunes réclamant la libération du principal opposant au pouvoir, Ousmane Sonko, dont l’arrestation a libéré une exaspération accumulée devant la dureté des conditions de vie.

Les tensions, sensibles depuis deux jours dans un pays habituellement considéré comme un îlot de stabilité en Afrique de l’Ouest, se sont intensifiées sans perspective apparente d’apaisement, la justice ayant maintenu Ousmane Sonko en garde à vue.

Plusieurs quartiers de Dakar ont connu des affrontements d’une ampleur inconnue depuis plusieurs années, bien que la riposte policière semble se limiter essentiellement aux moyens antiémeutes.

La bataille a laissé après coup le spectacle saisissant de rues vidées de gens et de véhicules, jusqu’aux proches abords des lieux de pouvoir, et jonchées de projectiles de toutes sortes, entre les magasins tous fermés.

Dans le quartier populaire de la Médina, au coeur de la capitale sénégalaise à l’arrêt, des groupes de jeunes scandant “Libérez Sonko!” ont harcelé en jetant des pierres les très nombreux policiers, dans les nuages de lacrymogènes et les déflagrations de grenades assourdissantes, selon des journalistes de l’AFP.

Les mêmes incidents se sont reproduits un peu plus loin près de la place de la Nation. Des blindés avaient été positionnés auprès de la présidence et ses accès bouclés.

A Mbao, dans la grande banlieue, des pillards ont été aperçus par un journaliste de l’AFP, sortant les bras chargés de marchandises d’un supermarché Auchan, dont au moins 14 magasins ont été attaqués et 10 “pillés”, selon la direction du groupe français. Des heurts ont été rapportés dans d’autres villes.

Vendredi soir, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres s’est dit “très préoccupé” et a appelé “à éviter une escalade”.

Dans un déclaration, vendredi soir, le ministre de l’intérieur a affiché la fermeté du gouvernement dans un contexte tendu. Antoine Félix Diome a dénoncé «une conspiration contre l’état, des actes de terrorisme». Il assure que «toutes les personnes, auteurs d’actes criminels seront recherchées, arrêtées, poursuivies et traduites devant la justice. 

Le Ministre de l’intérieur a regrette la perte de quatre vies humaines et a présenté les condoléances du Gouvernement aux familles des victimes des manifestations.

Antoine Félix Diome a également annoncé des mesures d’allègement de l’état de catastrophe sanitaire, dans les jours à venir.

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