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Sénégal – Gambie : Chef de l’état et Président de la Cedeao, le dilemme de Macky Sall

Il est difficile dans un contexte de crise comme celui que traversent les relations sénégalo-gambiennes de deviner la position de Dakar. A y regarder de près, l’on n’est pas loin de penser que le Président Macky Sall est dans une posture délicate qui devrait se situer à deux niveaux analyse lequotidien dans son édition du jour : il est à la fois chef de l’Etat du Sénégal et président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) dont sont membres le Sénégal et la Gambie.

Vus de Dakar par les autorités sénégalaises, les actes que pose le «fou» de Banjul n’incitent pas trop à la réplique forcée. Bien que les Etats n’ont que des intérêts, comme le soutenait fort à propos le général Charles de Gaulle.
Pour le journal, Il faut beaucoup de tact, par ces temps qui courent, pour éviter d’aller à la confrontation. Si le Président Sall décline ouvertement son point de vue sur les tensions actuelles entre Banjul et Dakar, une tonalité violente de son propos exposerait ses compatriotes établis en terre gambienne. Tout comme s’il dégage une position radicale au nom des Etats membres de la Cedeao, cela pourrait être considéré par le voisin gambien comme un parti pris de la part d’un dirigeant appelé à être à équidistance des pays membres de l’organisation sous-régionale.

Certains en appellent à la fermeté du chef de l’Etat sénégalais. Mais faut-il le rappeler, ce dernier n’a pas manqué d’en faire montre quand la «terreur» de Kanilaye avait fait exécuter en 2012 bon nombre de nos compatriotes condamnés à la peine capitale par la justice gambienne.

Visiblement, Macky Sall semble opter pour la diplomatie souterraine en mettant en avant son souci de la pérennité des rapports de bon voisinage nés de liens séculaires entre les deux pays. L’adage ne dit-il pas qu’on ne choisit pas ses voisins. Et les réalités de ce troisième millénaire sont loin d’être les mêmes que celles des années 80 qui avaient conduit à une intervention musclée de Dakar, après le putsch de Koukoye Samba Sanyang contre le Président gambien d’alors Daouda Diawara.

Une stratégie de pourrissement à travers la pérennité du blocus de la Transgambienne aiderait à davantage isoler économiquement la Gambie et à affaiblir par ricochet Yahya Jammeh et les siens, en plus d’une rébellion à outrance des populations gambiennes et à une détermination de Dakar à faire monter les enchères.

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