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Référendum ce dimanche : La voix du Peuple Souverain

Dans moins de 24 heures, l’on saura si le Peuple adoptera ou rejettera le projet du Président Macky Sall. Lui seul pourra clore le débat et dire s’il fait encore confiance ou non à celui qu’il a élu en 2012.

La «tyrannie de la communication» par le vote théorique ou intentionnel s’arrête. Les «Oui» et les «Non» se manifesteront, enfin, dans les urnes. Dimanche, le vote restera secret. On ne saura jamais qui aura adopté ou rejeté le projet de révision de la Constitution, parce que tous vont s’isoler dans l’isoloir. Que de passions ! Que de tensions ! Que de pressions ! Di­ra-t-on : que d’abstentions ! Ce référendum sera cité parmi les scrutins les plus disputés au point d’épouser les enjeux d’une Présidentielle, même si elle n’aura finalement lieu qu’en 2019.

Et c’est parce que, comme l’avait dit l’ancien Premier mini­stre français, Michel Rocard : «Un référendum, c’est une excitation nationale où on met tout dans le pot. On pose une question, les gens s’en posent d’au­tres et viennent voter en fonc­tion des raisons qui n’ont plus rien à voir avec la question.» Pour la consultation du 20 mars, il y a bien une «excitation na­tio­nale» dans ce «pot» de 15 points. Il s’agit pour le corps électoral de «répondre globalement par ‘’Oui’’ ou ‘’Non’’ à la majorité des suffrages ex­pri­més, au projet de révision de la Constitution», com­me le stipule le décret n°2016-261du 18 février 2016. Mais évidemment, l’on votera aussi pour des «raisons qui n’ont rien à voir avec la ques­­tion» ou les questions posées.

La campagne du président de la République, de ses principaux adversaires, donne un cachet présidentiel à cette élection, parce qu’on en a fait une «rencontre entre un homme et son Peuple» plutôt qu’entre «un projet et le Peuple». Certains diront donc, à cette occasion, «Oui» ou «Non» à Macky Sall et à sa gestion.

Au-delà des propositions de réforme, c’est une bataille de légitimité – que le Pr Serigne Diop ne souhaiterait pas après dimanche – qui est bien en jeu, l’enjeu. C’est encore d’autant plus vrai que le Président sollicite le «renouvellement du contrat social» qui le liait au «Peuple du 25 mars 2012». Aux 65% des votants sénégalais qui l’ont choisi contre Abdoulaye Wade. Entre-temps, les Locales, un autre référendum, ont donné une orientation claire de ce que ce même Peuple veut. Quatre ans après l’arrivée au pouvoir de Macky Sall, le Peuple, seul maître du destin de ses hommes politiques, reprend la parole.

Nous avons assisté à un référendum des spécialistes au­tour de l’«avis» ou de la «décision» du Conseil constitutionnel. L’on aura beaucoup appris de ces débats qui se posent jusque dans nos universités. Mais le Peuple aussi donnera son avis qui sera, sans débat, une décision. Il sanctionnera positivement ou négativement la réponse des 5 «sages». Il dira s’il a toujours confiance ou non à celui qu’il a élu. Son degré d’expression ou sa participation comptera. Et quel que soit le résultat, quelque chose changera. Dans les partis. Dans le choix des hommes. Dans les rapports entre l’opposition et le pouvoir. C’est déjà 2017 ! C’est déjà 2019 !

LeQuotidien

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