Plus d’une trentaine de jeunes arrêtés : Dougar, gare à la révolte

 La confrontation a repris de plus belle le week-end entre les populations de Dougar et les Forces de l’ordre. Lasses d’attendre les discussions avec la société Peacock suite aux bons d’office d’émissaires, les populations, qui se désolent du mutisme des autorités, se sont signalé pour l’arrêt des travaux sur le site de 72 ha, objet des manifestations. Si 10 personnes ont été libérées dans la journée d’hier, 24 autres étaient encore en détention à la Brigade de gendarmerie jusqu’à tard dans la nuit du dimanche. Dougar a encore été le théâtre de chaudes confrontations ce week-end comme en témoigne le décor dimanche au quartier Lossa avec des barrages de fortunes érigés, des pneus brûlés, des débris de pierres, cartouches de balles à blanc ou grenades lacrymogènes présentées par les populations. Ça a été comme toujours une confrontation entre deux puissances asymétriques avec toujours le lourd tribut aux populations. Armés de pierres, les habitants de la localité ont essayé en vain de résister aux forces régaliennes disposant de tout l’arsenal requis pour faire péricliter la confrontation dans le sens attendu. C’est le scénario vécu samedi dans l’après-midi par les Dougarois acculés jusque dans leurs maisons. Ils étaient loin de leur malheur car la nuit s’est révélée encore plus cauchemardesque pour eux.

Ce regain de violence noté serait la résultante de la mauvaise volonté affichée par l’autre partie pour des discussions saines et sérieuses sur l’affaire qui les opposent. « Il y a eu accalmie parce qu’il y a eu des émissaires, notamment Guy Marius Sagna et Kilifeu, qui avaient exhorté à des pourparlers entre les parties. Une rencontre avait été prévue à la préfecture le vendredi, à leur demande. Non seulement ils (Peacock investments) ont faussé cette rencontre mais ont fixé une autre le mardi à la Dscos à Dakar », a indiqué M Faye. «Quand on est arrivé (à la Dscos) pour qu’on nous conduise à la réunion, on nous informe que le Dg de Peacock n’est pas sur place et que par conséquent la réunion ne pourra pas se tenir », a-t-il poursuivi avec dépit. « Peacock n’est pas dans les dispositions pour aller vers des discussions », croit-il savoir tout en rappelant que le rapport de présentation du ministère de l’Intérieur sur les litiges fonciers et conflits communautaires estime que l’unique solution dans ce conflit c’est des discussions entre les populations de Dougar et Peacock investments. « À la place de ces discussions on nous a amenés des camions de gendarmes pour réprimer, des (engins) Poquelin pour commencer à travailler », s’est désolé le coordonnateur du Cerad, faisant savoir que ceci est la cause de la colère des habitants. «Les autorités ont l’obligation de faire arrêter ces travaux pour trouver une solution. Tous les problèmes viennent du fait que les populations voient les travaux se poursuivre sur leurs terres alors que Peacock n’a présenté aucun document attestant son droit sur les 72 hectares qu’il réclame», a soutenu Daouda Faye. Conseiller municipal et membre du Cerad, Daouda Ciss indexe le mutisme des autorités sur le litige. «Le constat c’est que les autorités qui ont en charge ce dossier ne sont pas prêts à parler aux populations et c’est déplorable», a-t-il déploré. Depuis l’éclatement de cette affaire, c’est un silence de cathédrale, aussi bien au niveau de l’autorité déconcentrée que du gouvernement.

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