Emigration clandestine : Abdou Latif Coulibaly nie le nombre de victimes

Invité du Grand Jury de la RFM, le Ministre et Secrétaire général du gouvernement, s’est prononcé sur l’émigration irrégulière. Il a refusé de reconnaître le nombre de victimes, estimé à près de 500 morts, selon les statistiques dévoilées par la presse.


Abdou Latif Coulibaly est d’avis que les politiques publiques sont réussies mais les jeunes sont déterminés à partir. « Depuis longtemps et depuis toujours, les jeunes ont quitté le Sénégal pour partir. Vous les voyez partir par des moyens légaux comme vous les voyez partir par des moyens illégaux. Il peut arriver dans la vie de quelqu’un de vouloir partir, il peut arriver qu’il y ait des contraintes. C’est un tout et ce n’est pas un élément. On ne peut pas tout le temps parler de l’échec politique. Vous avez vu ce père de famille qui a mis son enfant de 14 ans dans une pirogue. Il y a des questions sur lesquelles les politiques publiques ont réussi et ça n’empêche pas les jeunes de partir », a t-il réagi.


Évoquant le deuil national observé sur la toile vendredi dernier, l’ancien ministre de la culture estime que nous sommes dans un pays de liberté. « Ces citoyens l’ont exprimé comme cela paraissait normal de le faire. Je n’ai vraiment pas de remarque particulière à faire sinon que prier avec eux pour le repos de l’âme des jeunes qui sont partis à jamais », compatit-il.


Si selon les statistiques dévoilées par les médias font état de près de 500 migrants morts aux larges des côtes dans le dessein de gagner l’Espagne, l’Etat du Sénégal semble rester dans la dénégation non sans tenter de convaincre que ces chiffres sont erronés. D’après M. Coulibaly, les gouvernements les plus renseignés au monde ne sont pas capables de dire le nombre de morts dans des circonstances pareilles. « On ne peut pas les décompter. Quel que soit le gouvernement au monde qui fait face à des situations pareilles, il n’est pas à mesure de décompter et de dire le nombre de partants et le nombre de morts. C’est tout à fait normal et logique parce que dans toutes les embarcations de cette nature, il est évident que personne ne peut savoir le nombre de personnes qui est parti et encore moins le nombre de victimes. Cela se conçoit dans tous les pays du monde. Il n’y a pas d’exception, ce n’est pas une incapacité mais c’est une impossibilité parce que simplement ceux qui partent n’avertissent pas, ils partent en clandestinité », explique le Secrétaire général du gouvernement.


L’ancien journaliste a même nié le chiffre de “140 victimes” avancé par les médias et prêté à de l’agence Onusienne, l’Organisation internationale pour les migrations, après l’explosion d’une pirogue au large de Mbour. « L’OIM n’a aucune base d’explication. Elle n’a pas de navire. L’OIM utilise les moyens des Etats. C’est une légèreté comme elle l’a toujours fait d’ailleurs », assume-t-il.


Selon Abdou Latif Coulibaly, les responsabilités sont partagées. « le gouvernement doit l’assumer en toute circonstance. Mais, il ne peut l’assumer qu’avec l’engagement de tous les citoyens du pays, sans exception », insiste-t-il.


Interrogé sur la composition du nouveau gouvernement, l’invité du Grand Jury signe et persiste que le Président de la République n’a jamais dit que le remaniement vient pour faire face à la situation des jeunes qui bravent la mer. « Le Président avait dit ‘‘après avoir observé le travail du gouvernement, j’ai décidé de le dissoudre. Ce n’est pas parce que je ne fais pas confiance à mon équipe, c’est parce que ça arrive dans la dialectique des choses que des changements s’imposent. Ces changements se justifient par la volonté que j’ai d’engager davantage un travail en vue de faire face à plusieurs priorités dans le pays. Entre autres, aux problèmes de la jeunesse, à l’emploi des femmes, à la santé’’ »,  a rappelé le Ministre et Secrétaire général du gouvernement.



        Abou Kane Dia – laviesenegalaise.com

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