Jérusalem : De violents affrontements sur l’esplanade des Mosquées font plus de 200 blessés

Plus de 200 Palestiniens ont été blessés vendredi soir lors d’un affrontement avec la police israélienne, qui a investi la mosquée Al-Aqsa.

D’après le service d’urgence du Croissant-Rouge, au moins 205 Palestiniens et 17 officiers de police israéliens ont été blessés hier soir, le 7 mai, lors de violents affrontements survenus sur l’esplanade des Mosquées, à Jérusalem.

Al-Aqsa enfumée
Près de 70.000 fidèles s’étaient rassemblés près de la mosquée Al-Aqsa, troisième lieu saint de l’islam, pour assister aux dernières prières du vendredi du ramadan. Quelques milliers de personnes sont restées après l’office, afin de protester contre les expulsions de Palestiniens prévues à Sheikh Jarrah, au nord de la vieille ville de Jérusalem, où plusieurs heurts ont déjà eu lieu.

Alors que la foule se dispersait dans le calme, la tension est montée lorsque des Palestiniens ont jeté des projectiles sur les forces de police israéliennes, qui ont répliqué avec des grenades assourdissantes et des tirs de balles en caoutchouc, rapporte le quotidien Haaretz.

Des affrontements à Jérusalem-Est, sur l'esplanade des Mosquées - Police
La police a fini par pénétrer dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa où s’étaient réfugiés de nombreux fidèles, pour y tirer des bombes lacrymogènes après avoir forcé la porte d’entrée. Au moins 88 Palestiniens ont été hospitalisés depuis, la plupart d’entre eux ayant été blessés au visage ou aux yeux.

Les derniers affrontements ayant eu lieu sur l’esplanade des Mosquées –appelée mont du Temple par les Juifs– remontaient à 2019.

Escalade de violences
Les événements de vendredi marquent un pic dans les violences contre les Palestiniens qui se sont accumulées au cours des dernières semaines, et ce notamment depuis que de jeunes juifs ultra-orthodoxes et d’extrême droite sont descendus dans la vieille ville de Jérusalem en criant «mort aux Arabes», dans la nuit du 22 au 23 avril.

Un peu plus tôt dans la journée du 7 mai, les forces israéliennes avaient abattu deux Palestiniens et blessé un troisième, qui avaient ouvert le feu sur une base israélienne en Cisjordanie occupée.

Le 5 mai, c’est un jeune palestinien âgé de 16 ans, Said Yousef Mohammad Odeh, qui avait été tué de deux balles dans le dos par les forces israéliennes, alors qu’il rentrait dans son village d’Odala, près de Naplouse, où avaient eu lieu des manifestations contre les raids perpétrés par l’armée israélienne dans plusieurs villages palestiniens.

Mais les tensions se sont récemment cristallisées autour du quartier de Sheikh Jarrah, où plusieurs familles palestiniennes risquent d’être expulsées de leurs maisons situées sur des terres revendiquées par des colons israéliens. Depuis une semaine, des manifestations ont lieu tous les soirs. La Cour suprême d’Israël devrait tenir une audience ce lundi sur ces expulsions, qui s’inscrivent dans une longue bataille juridique menée par la droite israélienne.

L’ONU a demandé à Israël de mettre immédiatement fin aux expulsions forcées des citoyens palestiniens, précisant que ces pratiques étaient illégales et pouvaient «s’apparenter à des crimes de guerre».

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