Ce que l’on sait du déguerpissement de 79 familles à Terme Sud à Ouakam

La décision de justice est tombée mercredi et l’Armée l’a exécutée hier : les familles des militaires à la retraite occupant les logements de fonction à Terme Sud se trouvant après la base aérienne de Ouakam doivent déguerpir. Et la gendarmerie n’y est allée pas de mainte morte. En effet, c’est vers les coups de 7 heures que les habitants de Terme Sud ont été réveillés et sommés de déguerpir. Naturellement, ils ne se sont pas laissé faire. C’est le moins que l’on puisse dire.

Des jeunes ont entamé une intifada. Une situation que la gendarmerie a payée cash. Avec les échauffourées occasionnées, la gendarmerie a dénombré pas moins de 4 hommes blessés.

Barricadés à l’intérieur des logements de fonction qu’ils occupaient illégalement, ces jeunes ont commencé par jeter des pierres aux gendarmes. Qui, faut-il le rappeler, étaient en sous nombre par rapport aux jeunes. Fort de ce constat, les renforts n’ont pas tardé. Vers les coups de 15 heures, 15 bus, 3 camions et plusieurs Pick-up sont garés devant le terrain de foot jouxtant la base militaire de Ouakam.

Cette armada est venue un peu tard. En effet, un gendarme a reçu une brique sur l’arcade sourcilière. Plus de peur que de mal, Koné est finalement revenu sur le théâtre des opérations. Il a dû subir quelques railleries de la part de ses collègues. «Koné, tu ne vas pas prendre ta revanche», s’est moqué un gendarme assis dans une voiture quand le «présumé noyau» a été arrêté.

Lamine Keïta, fils d’un militaire tombé sous les drapeaux au Liberia, ainsi que 7 autres jeunes ont été interpellés. Sa mère, ne pouvant vivre cette situation, s’est interposée avec des paroles touchantes qui ont laissé les Forces de l’ordre de marbre. Sow, la quarantaine environ, quant à lui, assistant de manière impuissante au déguerpissement, a voulu s’immoler, informent les populations.

Une version démentie par des sources militaires qui affirment qu’il a été interpellé pour refus d’obtempérer. Au total, ce sont 79 familles qui vont, à défaut de trouver un logement, dormir à la belle étoile.


C’est une application d’une décision de justice. C’est la position de l’Armée pour expliquer le déguerpissement des habitants de Terme sud.
La Direction de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa) s’est épanchée sur le sujet. «Ce qui s’est passé à terme sud, c’est que beaucoup d’habitants qui sont d’anciens militaires, à l’issue de leur service, n’ont pas voulu libérer leur logement. donc, par compensation et par solidarité, les autorités militaires les ont laissés là-bas parce que c’étaient des logements assez dégradés à la limite même insalubres et il y avait bien un programme de les raser et de construire de nouveaux logements», a informé le colonel Mactar Diop, le directeur de la Dirpa.

Source Avec Le Quotidien

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