La Grande Mosquée de Touba, l’attraction du Magal

Des milliers de pèlerins convergent ce dimanche matin vers la Grande Mosquée de Touba, à l’occasion du Grand Magal, manifestation religieuse commémorant le départ en exil au Gabon du fondateur du mouridisme, Cheikh Ahmadou Bamba, le 12 août 1895. Les déplacements ont été suspendus en début de matinée, à Touba. En effet, une fine pluie est tombée pendant quelques minutes.

Dans la ville de Touba, il flotte un climat sec et un vent légèrement chaud. Ce temps qui souffle sur la ville sainte n’ébranle pas la foi des fidèles venus renouveler leur allégeance à Cheikh Ahmadou Bamba. Celui qui a fait face au colon. Pour l’édition 2021 de la célébration de son départ en exil au Gabon, les mourides ne jurent que pour un lieu : la grande mosquée de Touba.

Dans ce contexte de Covid-19, il faut slalomer entre les colonnes de talibés pour se trouver un passage. Dans les routes qui mènent à ce lieu de culte, les voitures sont bloquées par une circulation humaine impressionnante. De Dianatou Mahwa à la mosquée, un long brouhaha décore la longue rue.

De façon sporadique, quel­ques talibés Baye Fall débordent sans se soucier d’une bousculade, les autres fidèles entonnent en toile de fond les chants à la gloire de l’homme de Mayumba (île au Gabon). Ces louanges se confondent à l’ambiance électrisée par les marchands ambulants qui ramassent à la pelle les dividendes de ce grand rendez-vous religieux.

En tête d’affiche de ce lucratif business, les vendeurs de téléphones et de puces, marchands d’habillement, de chaussures se frottent les mains. Déterminés à faire la publicité de leurs produits, ils ne se soucient du temps qui qui sévit sur la capitale du mouridisme.

Devant la grande mosquée, des pèlerins de tous sexes et tous âges se déplacent en file indiennes. L’accès à ce lieu de culte tient quasiment à un exploit. Des éléments de la gendarmerie veillent au grain en vue de punir d’éventuels récalcitrants. Dans la mosquée, l’oubli de donner l’aumône dans les mausolées devient un péché. A tour de rôle, les fidèles versent des liasses et des pièces, d’autres jettent depuis les grilles des téléphones portables, des colliers. Pour immortaliser les images, des sympathisants prennent des photos.

Les mausolées de Serigne Modou Moustapha Mbacké, Serigne Fallou, de Abdou Khadre, de Serigne Saliou, de Serigne Mourtalla Mbacké, ont comme toujours, refusé du monde.


A l’entrée, les pèlerins se bousculent pour accéder à ce grand édifice religieux aux sept minarets imposants, dont le premier Khalife de Serigne Touba, feu Serigne Moustapha Mbacké, a posé la première pierre le 02 mars 1932, avant son inauguration le vendredi 07 juin 1963, par Mouhammadou Falilou Mbacké.

Pour les fidèles mourides, c’est un  privilège d’assister à nouveau à ce moment unique, d’accomplir une fois de plus la volonté de leur guide et référence, Cheikh Ahmadou Bamba, Khadimou Rassoul.


Le moins que l’on puisse dire est que, la ville de Touba refuse du monde. Des marées humaines, composées de fidèles en provenance des quatre coins du Sénégal et de la diaspora, déferlent sur les rues de la grande ville, notamment les grandes artères qui desservent la grande mosquée.

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