Guinée – les militaires accusent Alpha Condé d’excès de pouvoir

En Guinée, des officiers des forces spéciales ont affirmé, dimanche 5 septembre, avoir capturé le chef de l’État Alpha Condé, dissous les institutions, pris le contrôle de Conakry et fermé les frontières. Par ailleurs, les putschistes ont annoncé l’instauration d’un couvre-feu dans tout le pays « jusqu’à nouvel ordre » ainsi que le remplacement des gouverneurs et préfets par des militaires dans les régions.

Les militaires accusent le Président déchu Alpha Condé d’excès de pouvoir. Le Colonel Doumbouya annonce une transition en douce pour sauver son pays, la Guinée.

Les militaires ont aussi dit convoquer les ministres sortants et les présidents des institutions à une réunion lundi à 11 h (locales et GMT) à Conakry, au Palais du peuple, siège du Parlement, dans un format qu’ils n’ont pas précisé. « Tout refus de se présenter sera considéré comme une rébellion », ont-ils prévenu.

Dans une interview exclusive accordée à France 24, le colonel a donné des nouvelles de Condé, affirmant que ses hommes détenaient le Président. « Le président est avec nous. Il est dans un lieu sûr. Il a déjà vu un médecin », a-t-il déclaré. « On tient tout Conakry et on est avec toutes les forces de défense et de sécurité pour enfin mettre fin au mal guinéen », a-t-il poursuivi. 

Arrivé au pouvoir en 2010, Alpha Condé a été réélu en 2020 pour un troisième mandat après une révision de la Constitution controversée.

Avec l’avènement au pouvoir d’Alpha Condé, beaucoup de Guinéens espéraient voir la démocratie s’installer et les transitions devenir pacifiques. Mais les manipulations constitutionnelles ainsi qu’une lutte politique sans merci bloquent le jeu politique. Et sans le dire ouvertement, beaucoup d’acteurs politiques guinéens considéraient comme inéluctable un nouveau coup d’État.

Trois coups d’État en soixante ans, de multiples tentatives réelles ou supposées… En Guinée, l’armée a toujours été l’arbitre ultime des joutes et des transitions politiques. Durant le règne de Sekou Touré, le père de l’indépendance, les tentatives de déstabilisation, souvent orchestrées depuis l’étranger, poussent le président à donner une importance croissante aux militaires dans la gestion du pays.

À sa mort en 1984, c’est par un coup d’État que se règle la succession. Alors colonel, Lansana Conté renverse Louis Beavogui, président de transition, et met en place un Comité militaire de redressement national. Un an plus tard, le colonel Diarra Traoré tente – sans succès – un coup d’État, ce qui entraîne une purge sanglante au sein des forces armées.

En 1996, des soldats se mutinent. Lansana Conté échappe de peu à la mort. Celle-ci le rattrape en 2008. Au lendemain de son décès, un jeune capitaine sans envergure, Moussa Dadis Camara, prend le pouvoir à la tête d’un Comité national pour la démocratie et le développement.

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Source Avec Rfi
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