L’Ofnac propose le limogeage et des poursuites judiciaires contre le directeur du COUD

Dans son premier rapport 2014-2015, L’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) a mis à nu les tares de la gestion de Cheikh Oumar Hann, directeur du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud), rapporte Le Quotidien dans son édition du jour. Les vérificateurs qui accusent le directeur du Coud d’avoir tout fait pour saboter leur mission, demandent au président de la République, de limoger ce dernier, renseigne le journal.

«La corruption demeure une réalité plaignante au Sénégal.» La présidente de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), Nafi Ngom Keita résume ainsi, l’un des maux des organismes publics et qui sape le développement du Sénégal. Dans son premier rapport sur la période 2014-2015, publié hier, l’Ofnac a mis en lumière les pratiques corruptives qui s’opèrent au niveau de l’administration. Dans le lot de ces structures qui se sont  manifestées dans la mal gouvernance, figure en tête le Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud). Suite à une dénonciation alléguant l’existence
de «dysfonctionnements et de graves irrégularités» dans la gestion de Cheikh Oumar Hann, directeur de cette structure, les vérifications de l’Ofnac retracent : «Dans le cadre de la vente de matières réformées du Coud, un commissaire priseur a été désigné. Il a établi dans un procès-verbal de vente immobilière daté du 9 juillet 2014.

Toujours selon le journal, ce procès-verbal présente le montant de 150 millions 161 mille 720 francs Cfa comme produit de la cession de diverses matières réformées. De ce montant, le commissaire-priseur n’a reversé au Coud
que 59 millions 391 mille 480 francs Cfa.» Après vérification, l’Ofnac constate «une violation de la réglementation fixant les tarifs applicables aux prestations des commissaires-priseurs». «Concernant la ferraille des pavillons des offres ont été reçues des soumissionnaires par les commissaires priseurs.

L’offre retenue se chiffre à 135 millions de francs Cfa. Le procédé utilisé par le commissaire-priseur consiste à double facturer les prestations à l’adjudicataire et au Coud», regrettent les services de Nafi Ngom Keita. «Le procès-verbal de vente mentionne aussi des frais relatifs à l’intervention de 18 manoeuvres. Au total 13 millions 340 mille francs Cfa ont été facturés au Coud au titre des frais des manoeuvres. Cependant le commissaire-priseur n’a pu produire
des pièces justificatives pour appuyer ces dépenses», souligne le rapport.

Plus de 454 millions de subventions versés frauduleusement à des agents du Coud D’après le document, dans le cadre des subventions, un montant total des subventions de 454 millions 476 mille 81 francs a été accordé au Coud à divers bénéficiaires.
Cependant, les vérificateurs ont constaté que «pour l’essentiel, ces subventions concernent des montants importants versés à des agents du Coud ou remis au régisseur, sans précision de leur objet».
De ce point de vue, ils font remarquer que «les subventions dans le principe devraient être versées à des personnes physiques ou morales extérieures au Coud».

Aux yeux de l’Ofnac, «l’octroi de subventions sans identification formelle des bénéficiaires est injustifiable dans une gestion budgétaire transparente ». De plus, il a été constaté le recrutement d’un agent posthume pour le compte d’un agent décédé le 8 novembre 2014 dans un accident de la circulation. «Des salaires d’un montant mensuel de 275 mille francs ont été faits durant les mois de décembre et janvier 2014», indique l’Ofnac.

Son limogeage réclamé par l’Ofnac Dans cette gestion de gabegie, l’Ofnac pointe du doigt le directeur du Coud, Cheikh Oumar Hann et l’accuse de «détournement de deniers publics». «Relativement aux subventions sans bénéficiaires et en l’absence de pièces justificatives, les vérificateurs estiment être en présence d’un détournement de deniers publics dont les responsables sont le directeur du Coud qui a accordé ces subventions en l’absence d’autorisation du Conseil d’administration et le comptable public qui a accepté de procéder aux décaissements sans les pièces justificatives requises et sans que les personnes bénéficiaires soient connues», déduisent-on. Pire, l’Ofnac signale que le successeur de Abdoulaye Diouf Sarr au Coud «a tout fait pour empêcher l’exécution correcte de la mission de vérification, menaçant ouvertement les membres de l’équipe, posant des actes d’intoxication et intimant l’ordre aux travailleurs du Coud de ne pas déférer aux convocations de l’Ofnac». Après avoir transmis ce dossier à la Justice pour des poursuites pénales, l’Ofnac demande au chef de l’Etat, Macky Sall de «relever de ses fonctions», Cheikh Oumar Hann pour «entrave à l’exécution normale d’une mission de vérification et prendre toutes les mesures utiles pour qu’il ne lui soit plus confié la responsabilité de diriger un organisme public». Ces conclusions ont été également transmises à l’Autorité judiciaire compétente pour que les poursuites soient engagées.

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