Ma Part de Vérité : FLEURON DE L’ÉCONOMIE NATIONALE, le Port de Dakar toutes voiles dehors (Par Sambou BIAGUI)

La crise sanitaire mondiale liée à la COVID-19 s’accompagne d’ores et déjà de graves conséquences économiques pour l’Afrique.

Au Sénégal, les autorités ont pris beaucoup de mesures pour faire face à la crise sanitaire dont les impacts sur l’économie se font déjà sentir, notamment sur le secteur informel prédominant dans l’économie du pays et où une bonne partie exerce au Port Autonome de Dakar poumons de l’économie nationale. L’activité croissante de cet établissement maritime l’a classé au troisième rang des ports de mer de la Communauté, immédiatement après Le Havre et Marseille, avec près de 20 millions de tonneaux de jauge pour 1959 et 3 800 000 tonnes de marchandises manipulées. Zoom sur un fleuron toutes voiles dehors pour s’ouvrir au monde.


La pandémie de la Covid-19 a un impact significatif sur l’activité économique du fait des mesures de fermeture des frontières, de couvre-feu et de distanciation physique.

La croissance du PIB est projetée à 1,1% pour l’année 2020 alors qu’elle était attendue à 6.8%. Ces prévisions reposent sur la maîtrise de l’évolution de la pandémie, la mise en œuvre des mesures de soutien à l’économie et une reprise graduelle de l’activité à partir du second semestre de 2020. Pour atténuer les effets de la crise, le gouvernement a mis en place un programme de résilience économique et sociale afin d’assurer la stabilité macroéconomique et financière pour soutenir le secteur privé et maintenir les emplois. « Le Port autonome de Dakar fait aujourd’hui face à une rude concurrence avec le port d’Abidjan en Côte d’Ivoire, qui reste leader de l’économie régionale et celui de Lagos au Nigéria. C’est pourquoi, il était important de prendre des mesures pour faire face à la pandémie pour éviter une crise extrême qui pourrait négativement impacter des milliers de familles qui vivent de l’économie du port”, rapporte un agent de la Douane qui a préféré garder l’anonymat. « Le Dg nous a beaucoup soutenu en ces moments difficiles causés par la pandémie de Covid, souligne le transitaire Aziz Ndoye. « Nous sommes, comme tout le monde impactés par la pandémie. Mais les autorités portuaires ont dû prendre certaines mesures pour que nous puissions faire face à la situation », ajoute-t-il.

Le Port de Dakar, qui avait lancé quelque mois avant la Covid son nouveau Plan stratégique 2019-2023 pour devenir « le moteur de l’émergence, reste sur ses ambitions d’être le plus compétitif de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à l’horizon 2023 ».

Le nouveau Plan stratégique 2019-2023 constitue une nouvelle étape supplémentaire dans son statut de fleuron de l’économie sénégalaise.

En effet, il est à relever que le PAD joue un rôle essentiel dans l’économie nationale, en contribuant pour 30% dans le budget national et pour environ 90% dans les recettes douanières. Il compte plus de 1878 emplois directs au 31 décembre 2018 et génère plus de 3 000 emplois indirects. Ce qui confirme son dynamisme avec la hausse de ses activités ces dernières années.

L’entreprise a réalisé un bénéfice de 6 milliards FCFA en 2018. Ce résultat est le fruit du nouveau plan stratégique, le trafic de conteneurs et des marchandises.


Gestion des flux des camions


« Le port de Dakar est un moteur qui ne s’arrête jamais, en dépit d’un contexte économique mondial extrêmement moribond, à cause de la pandémie de la Covid-19, avait indiqué le Directeur général. De plus, Aboubacar Sedikh Bèye avait même annoncé « la création d’une plateforme informatique qui permettra une gestion moderne et efficace des flux de camions, ce qui devra considérablement réduire la très forte congestion du port. Ce sera une zone tampon portée par le projet de gestion des flux de camions ». De plus, « face à l’évolution galopante du trafic avec un flux de camions passé de 400 en 1994 à 1 874 en 2019, le port de Dakar est confronté à une forte congestion qui constitue un frein à la compétitivité. C’est pourquoi l’autorité portuaire a inscrit en bonne place l’amélioration de la fluidité comme un objectif stratégique ». Depuis la mise en branle de cette stratégie, le port de Dakar respire un bel air, et ce, depuis le 15 septembre 2020, date du démarrage du système de gestion des flux de camions. Ce projet ambitieux stratégique s’est effectivement réalisé. Jamais une telle fluidité n’a été notée sur les axes desservant le port et à l’intérieur de la barrière douanière. Et avec la gestion des flux de camions et la mise en place du parking d’attente, on arrive à gérer en améliorant la fluidité de plus de 1800 camions qui entrent au port par jour, réglant l’énorme problème de congestion qui dépareillait l’image du PAD.


Ndayane pour un changement radical de paradigme

L’autre chantier majeur devant contribuer à la reconfiguration du rôle du PAD demeure le futur port multifonctionnel prévu entre Ndayane. Les négociations avec le partenaire, l’opérateur portuaire émirati DP World dont la filiale sénégalaise est concessionnaire depuis janvier 2008 (pour vingt-cinq ans) du terminal à conteneurs (môle 8) du port de Dakar, sont aujourd’hui presque bouclées à en croire Aboubacar Sédikh Bèye. Les travaux qui coûteront, au total 3000 milliards sur 3 phases va générer près de 150 000 emplois directs et indirects dans et en dehors de la zone industrielle portuaire dans la zone industrielle portuaire.


Les infrastructures maritimes communes démarrent en ce début d’année. « Ce sera un changement radical de paradigme, le port sera le moteur de l’émergence, il faut l’adosser à une zone économique spéciale », explique le Dg lors d’une cérémonie. De fait, le Port du futur sera construit dans un périmètre compris entre la Zone économique spéciale intégrée du nouveau pôle urbain de Diamniadio et l’aéroport international Blaise-Diagne de Diass. Zone qu’on appelle le « Triangle de la prospérité » (Dakar-Thiès-Diamniadio-Mbour). A cela, il faut rappeler que la rénovation du terminal vraquier construit en 1939 et dévolu au stratégique marché malien a démarré, cinquante ans après sa dernière mise à niveau, en 1969. Le nouveau terminal pourra accueillir des navires de 35 000 tonnes contre 15 000 t aujourd’hui, selon les responsables du projet.


Depuis sa création en 1865 sous la forme d’un port de commerce, et ensuite son érection en société nationale, il y a 30 ans, le Port de Dakar a connu certes des mutations majeures. Mais il a encore des batailles à remporter et des chantiers à engager. Ceux-ci doivent être compris par tous et relevés ensemble. Le Port de Dakar a plus que besoin de s’arrimer aux standards internationaux en opérant en son sein les transmutations nécessaires et se conformer ainsi aux nouvelles exigences du transport maritime.


 

  Auteur :  Sambou BIAGUI

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