La croissance de l’économie sénégalaise appréciable sur la période 2015-2020, selon le ministre des Finances et du Budget

Le ministre des Finances et du Budget, Abdoulaye Daouda Diallo a présidé la cérémonie de restitution des points saillants de la première évaluation, en monnaie locale, de l’Etat du Sénégal.


Cet exercice, conduit par le cabinet BLOOMFIELD INVESTMENT vise à améliorer la transparence du marché régional des titres publics, par une information de qualité sur la situation économique et financière des émetteurs, et à favoriser son développement par un élargissement de la base des investisseurs. De l’avis du ministre des Finances, cet exercice s’insère parfaitement dans le cadre de la réalisation de certains objectifs de la stratégie de dette à moyen terme constants.
Abdoulaye Daouda Diallo est revenu sur les développements récents de l’économie sénégalaise, à l’aune des politiques sectorielles impulsées sous le leadership du Président de la République, à travers la mise en œuvre du Plan Sénégal Emergent.
À cet égard, il relève que les constats de l’étude diagnostique auquel s’est attelé le Cabinet Bloomfield valident les résultats et l’analyse jusqu’ici présentés par le Gouvernement, soulignant, notamment, que sur la période 2015-2020, la croissance de l’économie sénégalaise a été appréciable. « Notre pays a poursuivi la mise en œuvre de ses politiques de développement, avec la transformation de son économie grâce à des réformes structurelles courageuses, en faveur d’un secteur privé plus fort et d’investissements publics structurants ». Ces efforts, selon Abdoulaye Daouda Diallo ont permis d’atteindre un taux de croissance moyen de 6,2% entre 2015 et 2019.

Il rappelle que le monde a vécu en 2020 une pandémie d’une extrême gravité. En dépit de quelques vulnérabilités notées dans les secteurs secondaire et tertiaire. Cependant, « le Rapport souligne que l’économie sénégalaise a été résiliente face à ce choc », se réjouit l’argentier de l’État. Selon lui, le Gouvernement a adopté des mesures idoines, en temps opportun pour, d’une part, freiner la propagation du virus, et d’autre part, traiter efficacement les cas déclarés positifs. « Avec un taux de croissance estimé à 1,5% en 2020, le Sénégal compte parmi les rares pays au monde ayant évité une récession. Face à la sévérité de la crise sanitaire, la réponse a été vigoureuse », se félicite le ministre. Non sans rappelé que le Gouvernement a exécuté, avec succès, le Programme de Résilience Economique et Sociale (PRES), doté d’une enveloppe de 1000 milliards de FCFA, équivalente à 7,4% du PIB, à travers les ressources d’un fonds de solidarité dénommé « FORCE COVID » dont le suivi a été assuré par un Comité composé de l’ensemble des forces vives, de l’opposition parlementaire à la société civile ou encore le patronat. Ce dispositif a permis de préserver l’activité économique, de limiter les pertes d’emploi et de soutenir les ménages et la diaspora.

Poursuivant, il ajoute : « face aux défis auxquels nous confronte ce contexte sanitaire, nos partenaires multilatéraux et bilatéraux nous ont, par leur engagement, renouvelé leurs soutiens à travers des appuis budgétaires ayant permis de financer notre lutte contre la pandémie. De plus, grâce à une politique monétaire innovante (émission de « Bons COVID » et d’Obligations de Soutien et de Résilience) et accommodante de la BCEAO, le marché financier domestique et régional plus mûr et plus profond a permis de financer les besoins complémentaires du secteur public en 2020, comme il l’avait déjà fait en 2019 ». Ceci a contribué au succès de la stratégie d’endettement à moyen terme, fondée sur la diversification des sources de financements et le maintien d’un équilibre entre les sources internes et externes. Certes, et le Rapport l’aura observé, en lien avec l’exécution du PSE l’endettement du Sénégal a connu une évolution haussière entre 2016 et 2020, passant de 47% à 62,8%. Toutefois, le ratio d’endettement public reste contenu en-dessous du seuil de 70% du PIB imposé par les critères de convergence de l’UEMOA.


Par ailleurs l’endettement reste constitué, en grande partie, par des ressources concessionnelles qui permettent à l’Etat de bénéficier de conditions avantageuses, avec un impact maitrisé sur ses charges financières (coût du service de la dette), a déclaré Abdoulaye Daouda Diallo. Il est à noter qu’en fin 2020, « notre dette publique extérieure est à 68.4% concessionnelle et semi concessionnelle, avec un taux d’intérêt moyen de 1,2% et une maturité moyenne de 11,1 ans », précise le ministre des Finances. De plus, explique-t-il, l’impact de cette hausse de la dette en 2020 a été atténuée par les économies réalisées au travers de l’adhésion à l’Initiative de Suspension du Service de la Dette multilatérale (ISSD) avec des reports d’échéances qui ont permis à l’Etat de réaffecter ses ressources sur les dépenses urgentes, en lien avec la crise.

Il s’y ajoute la gestion proactive du profil de la dette par le biais en particulier de rachats de dettes, en anticipation en saisissant les opportunités offertes à cet effet par l’évolution des conditions de financement sur les marchés de capitaux. Au total donc, la trajectoire du déficit et la dynamique de la dette demeurent maitrisées. Un Comité national de la Dette publique a été instauré pour veiller à la coordination et à la mise en œuvre de la politique d’endettement ; pour s’assurer de la qualité des investissements. Au demeurant, les risques budgétaires émanant des entreprises publiques sont suivis et gérés ; le Sénégal est le premier pays de la sous-région à s’inscrire dans une démarche transparente, matérialisée par la comptabilisation et le suivi de la dette de l’ensemble du secteur public, allant bien au-delà du périmètre traditionnel de l’administration centrale, se félicite le ministre.

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