Khalifa Sall – «Personne n’ose dire que tout va bien dans ce pays, les gens sont fatigués»

Khalifa Sall fait un diagnostic des maux du Sénégal

 

Khalifa Sall a convié samedi ses partisans du mouvement Taxawu senegaal à un rassemblement.

Khalifa Sall s’est livré à un exercice de diagnostic sans complaisance des maux du pays, samedi. Sa rencontre avec ses militants, dénommé : «Jokko Ak Askan Wi», a été l’occasion pour le maire déchu de la capitale de constater l’échec des politiques publiques, ces dernières années.

«Personne n’ose dire que tout va bien dans ce pays. Les gens sont fatigués. La pauvreté est galopante», a-t-il déclaré. Pour lui, les politiques publiques nourries ces deux dernières décennies n’ont pas été à la hauteur pour soulager la souffrance des Sénégalais. «Aujourd’hui, on ne peut occulter les difficultés que vivent les Sénégalais. La pauvreté, pour ne pas dire la misère, est dans les foyers. Les pères, les mères, les enfants souffrent dans leur chair. C’est pourquoi, les évènements du mois de mars, où les gens se sont levés volontairement manifester, devraient nous servir de leçon», a soutenu Khalifa Sall.

Sur un autre registre, Khalifa Sall appelle les Sénégalais à la prudence face aux propos ethnicistes. Il estime que cela est une brèche dans laquelle il ne faudrait pas s’engouffrer. Les pères fondateurs de notre nation ont déjà réglé cette question qui reste le bien commun le plus précieux.

«Le pays va mal. La nation en tant que telle est en danger. On est en train de bafouer notre patrimoine commun. Les gens parlent librement de religion et d’ethnie. Cela risque d’emmener le phénomène de la désagrégation de la nation. Personne d’entre nous ne devrait l’accepter. Nous sommes tous appelés dans notre capacité à dépassionner ce débat», a-t-il suggéré.

Khalifa Sall fixe le cap pour les Locales. «Le fichier électoral de 2019 est mauvais. Toute personne qui connaissait un fichier électoral, un corps électoral et fait une étude comparative du fichier de 2009, 2012, 2014, 2016, 2017 et 2019, sait que le fichier actuel est corrompu», a-t-il dit. 

Pour lui, les élections doivent se tenir cette année. «Demander l’audit du fichier n’implique pas qu’on ne puisse pas tenir les élections en 2021. Ce n’est pas une conséquence automatique parce que l’audit d’un fichier est un processus, un tout. C’est un problème de timing, de délais et de durée. Il est bien possible de tenir les élections en décembre 2021. Cela dépend de la volonté du pouvoir en place», explique l’ancien édile de Dakar.

Khalifa Sall a profité de sa tribune pour se lave à grande eau de toute combine avec la majorité présidentielle. «Nous devons être unis parce qu’on ne peut pas demander à l’opposition de se regrouper alors que nous ne le sommes pas. On n’a pas peur de le dire : nous sommes transparents ! Alors, que les gens s‘unissent et travaillent la main dans la main», a prêché le leader de Taxawu senegaal. De même, l’ancien responsable à la Vie politique du Parti socialiste appelle les acteurs politiques à «œuvrer pour le bien du pays dans la confiance et le respect des uns et des autres».
Khalifa Sall qualifie de «révolte» les évènements du mois dernier. A ceux qui croient que Ousmane Sonko a été l’élément déclencheur de ces manifestations, Khalifa Sall considère que «les populations n’ont eu besoin de personne pour se soulever». L’ex édile de la capitale appelle donc à la restauration de la crédibilité de l’Etat. «Il y a aujourd’hui un déni de l’Etat», décrète l’ancien numéro 2 du Parti Socialiste. 

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