Zoom sur le Khalife général des Tidianes : Serigne Babacar Sy Mansour, l’orthodoxie en personne

Ce n’est pas un blasphème de le dire : l’actuel khalife général des tidjanes n’est pas un personnage tout sourire. Loin d’être un défaut, comme on peut facilement le penser, cette force de caractère est, bien au contraire, un atout. C’est d’ailleurs une facette de sa personnalité qui vient épouser et embellir une autre, dans une alchimie qui en fait un homme dont la seule présence impose le respect : c’est quelqu’un d’assez effacé. Avant son califat en effet, il n’était pas de ses habitudes de faire des sorties médiatiques. S’effacer pour que ses apparitions aient toujours un gout de nouveauté. Fort de caractère, par nature certes, mais parce qu’aussi la mission de khalife le nécessite.



Est-ce étonnant même, qu’il en soit ainsi de lui ? L’image de son vénéré père, Serigne Mansour Ibn Seydil Hadji Malick, ne court pas toutes les rues. Lui aussi, était quelqu’un d’effacé. Tel père tel fils, serait-on tenté de proclamer. Serigne Babacar Sy Mansour est connu de tous pour son franc-parler. On se souvient de ses prises de parole récemment concernant la pandémie du covid-19, insistant sur le fait que les dirigeants doivent dire la vérité aux populations. Ainsi, est-il le khalife d’une communauté (les tidjanes) mais aussi le porte-parole de la communauté sénégalaise dans son intégralité. Ce qui n’est pas sans rappeler Mame Abdou, petit-frère de son père surnommé Bal Qawmi.



Plus frappante est sa déclaration lors de la clôture de la dernière session de Bourd à Tivaouane. Il y fit entendre qu’un préalable tri des participations faites pour finir les travaux de la Mosquée de la même ville est bel et bien envisageable. En effet, le khalife a fait savoir que ce n’est pas n’importe quel argent reçu qui sera utilisé dans les travaux de la Mosquée de Tivaouane. « D’argent propre, c’est ce dont on a besoin », lance-t-il. Et avec le ton teinté de véracité qu’on lui connait. La preuve de plus que Serigne Babacar est un guide qui ne monnaie pas sa vérité avec les liasses des disciples, comme d’ailleurs tous ceux d’illustres que le Sénégal a connus.


Khalife général des Tidianes
Humble, jusqu’à effacer son distingué statut devant cet agent qui lui a refusé, ne le reconnaissant pas avec son masque, l’accès à la tente des autorités. C’était lors de la levée de corps de Mansour Kama. Cela va de soi qu’il pouvait faire prévaloir son nom. Mais non. Il a catégoriquement refusé de se faufiler et d’aller rejoindre les hauts dignitaires. “Nous sommes tous égaux devant Dieu”, a-t-il dit! Véridique, aussi. Jusqu’à ne ménager ni autorités étatiques ni disciples ! Quoi de plus pour définir un orthodoxe ? Orthodoxie, bien sûr, dans le sens originel de l’attachement aux valeurs cardinales, et non cet autre sens galvaudé voire dépréciatif construit quelque part dans le monde par quelques spécialistes qui disent tout sur l’Islam, et rien de l’Islam.



Aussi,  s’inscrit-il dans cette tradition de bonne cohabitation instaurée par les pères, entre les différents foyers religieux du pays. Bonne cohabitation dit-on…même avec les invisibles, cette autre famille de Maodo. En effet, une de ses sorties a été l’occasion pour lui de transmettre aux nombreux disciples les complaintes des talibés qui ne sont pas des êtres humains et qui, du fait du comportement de certains, se sont sentis un peu oubliés chez leur guide. Autant dire que Serigne Babacar Sy Mansour, comme tout héritier avéré du califat de Tivaouane, est un pont entre le visible et l’invisible, en plus de représenter un équilibre entre spirituel et temporel…




MOUSSA SECK – laviesenegalaise.com

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