Urgent – affrontement à l’Université entre un Dahira et agents de sécurité du COUD

Au temple du savoir, en clair, à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, laviesenegalaise.com a assisté ce jeudi, à un affrontement entre un Dahira et des agents de sécurité du COUD. Ils se sont donné en spectacle. Le pire évité de justesse. 

“Serigne Touba danako lijeunti”! (Serigne Touba va s’en charger), d’un ton ferme, le jeune homme, furieux, lance cette phrase qu’il semble formuler du plus profond de son cœur. Nous sommes devant le mythique pavillon A de l’université Cheikh Anta Diop, et la tension monte d’un cran.

Les jeudis soirs sont en effet des instants symboliques pour les religieux, plus particulièrement pour les adhérents aux confréries. Comme à leur habitude, les dahiras organisent des chants religieux, en préparation de la journée du Vendredi saint. Une habitude, une banalité, une chose naturelle, inscrite dans l’ADN du monde universitaire.

affrontement à l'Université entre un Dahira et agents de sécurité du COUD

Selon un témoin, c’est la volonté affichée des vigiles d’empêcher la tenue du rassemblement religieux sur le hall du pavillon A qui déclenché l’ire des fidèles mourides. En effet, les agents en charge de la sécurité du Campus universitaire ont pris pour prétexte que la déclamation des “xasāid” dérange la quiétude des lieux.

Mais, s’il y a eu dérangement, c’est lorsque les fidèles mourides et vigiles se sont affrontés. Pour les premiers, empêcher cette assemblée spirituelle est un blasphème. Tandis que les agents en charge de la sécurité veillent à leur la mission consistant à faire régner la paix, le calme et l’ordre. Deux idées opposées, deux camps prêts, l’un comme l’autre, à en découdre pour défendre leur position.

C’était le tohu-bohu et tout s’emballe entre insultes, cris… Des talibées mourides entrent en transe. “Il est inadmissible qu’on nous empêche de faire notre dahira, alors que la salle Sowéto accueille régulièrement des soirées dansantes qui nous tympanisent, et qu’on supporte”, s’offusque un fidèle. Pour ce dernier, et pour ses amis le fait de laisser une manifestation se tenir et d’interdire une autre relève d’une pratique de deux poids deux mesures.

Dans le bruit, les xasāid tonnent au fur et à mesure que la tension diminue. Au dehors, on commente: c’est normal pour certains, que des règles soient instaurées pour réguler la vie à l’université, règles qui doivent être respectées par tous, pour le bien de tous. Ce n’est pas normal, que les règles touchent une partie et en épargnent une autre, soutient le reste.
Dans ce désordre indescriptible, certains qui ont élevé leur voix pour ont parlé de la laïcité. Justement, la laïcité, un mot, peut-être, dont le sens doit être éclairé pour éviter ce type de scène.

 

    ♦ Moussa Seck – laviesenegalaise.com

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