Uniforme scolaire au Sénégal : 30 milliards de Francs Cfa pour habiller les potaches à l’école

L’État du Sénégal veut généraliser le port des uniformes à l’école. Pour ce faire, une enveloppe de 30 milliards de Francs Cfa est prévue en 3 ans, en raison de 10 milliards par an. À la rentrée prochaine, il est prévu deux chemises pour les garçons et deux blouses pour les filles de l’élémentaire. Les élèves du préscolaire auront tous des blouses, garçons comme filles.
Selon le site xibaaru qui cite un document portant ‘’Programme national de dotation des établissements en tenues scolaires’’, chaque académie choisit deux couleurs parmi les 5 retenues par le ministère : bleu, beige, vert, jaune et marron.

L’année suivante, c’est-à-dire en 2022, on passe aux uniformes. Chaque élève aura droit à deux tenues au préscolaire et à l’élémentaire. A la troisième année, la mesure sera élargie aux collèges. Les lycées eux bénéficieront de l’accompagnement de l’Etat pour la généralisation, souligne le ministère qui ne précise pas les modalités.

Quant au privé, il a l’obligation de se conformer avec ses propres ressources. « Les écoles et établissements privés sont tenus d’adopter le code vestimentaire régional », souligne le document, parcouru par Seneweb, qui ne fait état nulle part de moyen d’accompagnement.
Quelques jours après la parution de l’information, la décision de l’Etat de mettre 30 milliards en 3 ans pour des uniformes scolaires suscite la polémique. Au-delà de son caractère ‘’inopportune’’, les acteurs redoutent surtout une volonté d’enrichir des politiciens.
Dans un communiqué, la Cosydep émet des réserves quant à « la priorité de l’opération face aux défis prégnants qui ont pour noms : résorber les abris provisoires, la question enseignante avec les querelles pour solder le passif, la mise aux normes de l’environnement des apprentissages».

La Cosydep rappelle que 40% des écoles sont sans toilettes, 2/3 des établissements sans eau potable et une école sur deux n’est pas sécurisée. Sans oublier le déficit en enseignants et les classes pléthoriques. Au vu de tout cela, la Cosydep estime que si «le système éducatif a 10 milliards de francs Cfa, on devrait réfléchir sur la priorité».

Du côté des syndicats d’enseignants, on est encore plus catégorique. D’abord sur la forme, les syndicalistes regrettent le manque d’inclusion. « En tant que partenaires, en tant que G7, nous l’avons su dans la rue et dans la presse », dénonce Abdou Faty, conforté par Ndongo Sarr qui constate ‘’une démarche cavalière depuis quelque temps’’. Même point de vue de la part de Cheikh Mbow qui constate l’absence de concertation, alors que lors du recrutement des 5 000 enseignants, rappelle-t-il, ils ont été conviés à des discussions.

Dans le Fonds, le secrétaire général du Sels/Authentique, trouve la dépense inopportune en ce moment. « C’est comme si on n’a rien appris de Covid-19. Or, la pandémie nous a dit que nos classes sont pléthoriques, il n’y a pas de toilettes, pas de tables-bancs, pas d’écoles clôturées. Ces 10 milliards peuvent être orientés dans la construction de classes, la confection de tables-bancs et le recrutement d’enseignants pour que les classes soient moins pléthoriques », préconise-t-il, dans des propos rapportés par Seneweb.
Le ministère de l’éducation pour sa part, parle d’une directive du Chef de l’Etat. Le ministre Mamadou Tall entend la mettre en oeuvre, selon nos informations.

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