Par une douce journée de printemps de 1992, l’équipe nationale d’Ouzbékistan, récemment indépendante, faisait ses premiers pas timides sur la scène du football international. Trente-quatre ans plus tard, elle a enfin accompli un exploit historique qui a fait vibrer des millions de cœurs : la qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA 2026, organisée en Amérique du Nord.
Ce succès dépasse largement le cadre du sport. Il représente l’aboutissement d’un rêve national longtemps attendu depuis la médaille d’or remportée aux Jeux asiatiques de 1994, un rêve nourri au fil des années par les larmes, les déceptions, mais aussi par l’espoir et la foi inébranlable de tout un peuple.
Cette qualification revêt une signification particulière pour l’Ouzbékistan, berceau d’une grande tradition islamique et d’une culture orientale de tolérance. Elle lui permettra de lutter pour le trophée suprême aux côtés de nations musulmanes sœurs telles que le Qatar, l’Arabie saoudite, le Maroc et l’Égypte. Aujourd’hui, plusieurs médias influents du monde arabe saluent le parcours des « Loups Blancs » comme une source de fierté pour l’ensemble de la communauté musulmane et comme le symbole d’un nouvel essor du football dans le monde islamique.
Cette réussite n’est en rien le fruit du hasard. Elle est le résultat d’un véritable parcours de courage et de persévérance. Au cours des seize rencontres disputées lors des éliminatoires, l’Ouzbékistan a inscrit 27 buts tout en n’en concédant que 11, affichant un remarquable taux de victoires supérieur à 60 %.
Les supporters se souviennent encore de cette soirée historique où, après une bataille difficile à Doha, l’équipe ouzbèke a écrasé à domicile le Qatar, champion d’Asie en titre, sur le score sans appel de 3 à 0, démontrant ainsi à qui appartenait véritablement le trône continental. Les matches amicaux de préparation au Mondial ont également confirmé les ambitions de la sélection : une victoire convaincante 2 à 0 au Caire contre l’Égypte, géant du football africain, ainsi qu’un nul combatif (0-0) face au Venezuela. Ces résultats ont montré que les joueurs ouzbeks étaient capables de rivaliser avec tous les styles de jeu, qu’il s’agisse de la technique sud-américaine ou de l’intensité africaine.
Aujourd’hui, l’équipe est dirigée par l’Italien Fabio Cannavaro, champion du monde et légende de la défense. Sous sa conduite, la discipline tactique de la sélection impressionne les observateurs internationaux. Le média spécialisé *Total Football Analysis* décrit notamment l’Ouzbékistan comme une équipe qui pense avec le sang-froid européen et dont la défense est aussi solide qu’une forteresse d’acier.
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La présence d’Eldor Shomurodov, meilleur buteur de l’histoire de la sélection avec 44 réalisations et véritable leader sur le terrain, ainsi que celle d’Abduqodir Husanov, jeune défenseur de 22 ans qui s’impose au sein de l’effectif du prestigieux club anglais Manchester City, a contribué à faire de cette génération l’une des plus prometteuses de l’histoire du football ouzbek.
Un nouveau défi de taille attend désormais les « Loups Blancs ». Dans le groupe K, l’Ouzbékistan tentera de faire trembler la planète football lors de trois confrontations décisives. Trente-quatre années de patience et d’espérance trouveront leur expression le 17 juin à Mexico, dans le mythique stade Azteca, à l’occasion du match inaugural contre la Colombie ; le 23 juin à Houston face au Portugal, patrie du légendaire Cristiano Ronaldo ; puis le 27 juin à Atlanta contre la République démocratique du Congo, dans une rencontre qui pourrait décider du sort de la qualification pour les phases à élimination directe.
Aujourd’hui, de nombreux analystes internationaux et observateurs du monde arabe estiment que les « Loups Blancs » disposent de réelles chances d’atteindre le tour suivant. Car cette équipe ne se rend pas au Mondial simplement pour participer : elle y va pour défendre avec honneur les rêves de tout un peuple, porter les espoirs du monde musulman et écrire, sur les pelouses du monde, une nouvelle et magnifique épopée orientale.
Utkir Alimov
Journaliste (Ouzbékistan)























