Le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et son régime vont bientôt boucler leur deuxième année de gouvernance du Sénégal. À l’heure du bilan de leur action, les appréciations varient d’un extrême à l’autre, selon le bord où l’on se situe, passant de « très mauvais » à « excellent ». Certains parlent d’un bilan « mi-figue, mi-raisin », alors que pour d’autres « c’est bien, mais peut mieux faire ».
La vérité est que l’objectif de développement du Sénégal est un chantier si vaste que, même si les différents gouvernements qui ont jusqu’ici dirigé ce pays ont fait de bonnes choses, nous avons parfois l’impression que rien n’a été fait ou que les réalisations effectuées sont insuffisantes. Ceci résulte du fait que le Sénégal souffre du paradoxe de l’abondance. Il n’a quitté la liste des pays les moins avancés (PMA) qu’en décembre dernier, alors qu’il devrait normalement figurer aujourd’hui parmi les puissances économiques africaines, compte tenu de ses atouts exceptionnels que sont, entre autres : ses innombrables richesses naturelles, la grande qualité de ses ressources humaines et l’extrême jeunesse de sa population. Pris individuellement, chacun de ces facteurs a fait la prospérité d’une nation donnée.
Malheureusement, les Sénégalais ne semblent pas avoir une claire conscience de l’énorme potentiel dont ils disposent et qui ne demande qu’à être exploité à fond. Sinon, comment comprendre que des débats interminables, des discussions stériles, des polémiques inutiles et des échanges de propos désobligeants continuent de meubler nos journées, au nom de la démocratie et de la liberté de presse et d’expression, alors que si tous les Sénégalais en âge de travailler mettaient la main à la pâte, nous pourrions rapidement faire de notre cher pays un « eldorado. En effet, comme l’a si bien dit Me Abdoulaye Wade, pour développer le Sénégal, « il n’y a pas de secret ; il faut travailler, encore travailler, beaucoup travailler, toujours travailler ». C’est donc comme si nous refusons le développement, pour parler comme Axelle Kabou. Pourtant, les Sénégalais ont déjà montré, à plusieurs reprises, leur grande aptitude à relever tous les défis auxquels ils sont confrontés. Il leur suffit d’être convaincus de la justesse de la cause ou de la pertinence du projet, pour faire bloc et surmonter tous les obstacles qui se dressent sur leur chemin. L’unité nationale que nous avons récemment (re)construite autour de nos Lions du foot qui viennent de remporter la coupe d’Afrique des Nations (CAN), haut la main, en est une parfaite illustration.
Il est vrai que les problèmes qui se posent au Sénégal aujourd’hui sont autrement plus complexes. Ils ont pour noms : profond dérèglement social, rivalités politiques exacerbées, graves difficultés économiques et financières, augmentation de la violence verbale et physique, criminalité grandissante, influence néfaste des médias et réseaux sociaux, etc. Par ailleurs, le régime en place a engagé une lutte très audacieuse, voire périlleuse pour la Souveraineté du Sénégal. Le bras de fer engagé avec le FMI sur la question de la restructuration de notre dette très élevée en est une preuve tangible. En fin, outre les menaces asymétriques qui pointent à l’horizon, tout laisse croire que notre pirogue « Sunugaal » est dans le viseur de certains lobbies et groupes de pression sataniques qui tentent, sournoisement, de déstabiliser, voire de détruire sa société à travers les média traditionnels et numériques et par la corruption de la jeunesse. Certaines séquences des séries télévisées qui inondent nos médias et le gros scandale que nous vivons présentement semblent confirmer ces soupçons.
Ces défis nationaux sont d’autant plus difficiles à relever pour nos nouveaux dirigeants que ceux-ci sont relativement jeunes et font leur baptême de feu de la gestion publique. Par conséquent, le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et son Gouvernement ont vraiment besoin du soutien total et inconditionnel de tous les Sénégalais ou de l’écrasante majorité de la population, pour venir à bout de ces obstacles et, ainsi, réussir leur mission à la tête de l’État, au bénéfice de tous. De même, notre grand peuple a tout intérêt à œuvrer pour le succès du nouveau régime, afin d’éviter que le Sénégal ne sombre car les temps sont très durs et l’horizon incertain. C’est dire que la Nation tout entière doit, dans un sursaut patriotique, changer de mentalité et de paradigmes, pour se mobiliser comme un seul homme et surmonter toutes ces difficultés qui freinent notre développement socio-économique. Ce faisant, il ne fait aucun doute que nous parviendrons à sortir notre cher pays de la profonde crise multiforme qu’il traverse pour le mettre définitivement et résolument sur la rampe du progrès économique et social et en faire un « eldorado », n’en déplaise aux ennemis du Sénégal. Pour apporter notre modeste contribution à la concrétisation de ce projet ambitieux mais réalisable, nous voudrions partager les réflexions ci-dessous.
Yes, we can
Aujourd’hui, tous les Sénégalais sont conscients du fait que notre pays a les ressources qu’il faut et qu’il jouit de la stabilité, la paix et le calme indispensables, pour assurer son avancement. Il est vrai que le nerf de la guerre risque de faire défaut, mais le Sénégal dispose d’experts en finance et d’économistes chevronnés capables de trouver les bonnes formules permettant de dénicher les fonds et crédits nécessaires, pour financer tous les secteurs de notre économie. Par conséquent, si nous arrivons à raccommoder notre tissu social aujourd’hui presque en lambeaux ; si nous nous donnons la main pour lutter contre les maux qui gangrènent notre nation ; si nous taisons nos querelles, surtout politiques ; si nous mutualisons nos forces et nos compétences et si nous capturons notre dividende démographique en mobilisant la dynamique jeunesse sénégalaise, nous réussirons sûrement à créer suffisamment de richesses pour faire face à la situation préoccupante que nous vivons et entamer la marche vers l’émergence de notre Sénégal. L’union faisant la force, il est évident que nous continuerons à être vulnérables, tant que nous resterons divisés. Puisque nous sommes faibles, économiquement et financièrement, nous avons tous l’obligation de nous engager à reconstruire notre unité et notre cohésion nationales, à créer une union sacrée autour de l’essentiel, pour emprunter, ensemble, la voie du véritable développement.
Pour sûr, le valeureux peuple sénégalais peut bien relever le défi car, comme l’a dit Corneille dans le Cid, « à cœur vaillant, rien d’impossible ». Mieux, on dit que « impossible n’est pas sénégalais ». Nous pouvons donc bien faire du Sénégal, un endroit où il fait bon vivre, un pays de rêve. « Yes, we can », comme disent les Américains. Il suffit de le vouloir, car vouloir c’est pouvoir. Seulement, pour ce faire, il faudra nécessairement que nous changions notre mentalité « mindset occidentalisée » et que nous inventions de nouveaux paradigmes, en pensant par nous-mêmes et pour nous-mêmes. Dans cette optique, nous voudrions suggérer les actions suivantes : tout d’abord, tenir un « Ndeup-Pencoo » national, pour examiner l’état de notre société et restaurer notre « Sénégalité » ; ensuite, faire les efforts nécessaires pour taire nos querelles et divergences, afin de créer une union sacrée autour de l’essentiel, avant de rechercher les voies et moyens de capturer notre dividende démographique, pour en faire le principal moteur de l’essor économique du Sénégal.
Restaurer notre « Sénégalité »
Aujourd’hui, presque tous les Sénégalais s’accordent sur la gravité de la situation socio-économique que nous vivons et l’urgente nécessité de se parler, pour trouver une solution aux problèmes nombreux et complexes que rencontre le pays, afin de le sortir de la mauvaise passe qu’il traverse. Le Sénégal étant une terre de dialogue, il s’agira d’organiser de larges discussions, inclusives et participatives, entre toutes les forces vives de la Nation, pour diagnostiquer, ensemble, tous les maux dont il souffre et leur trouver les remèdes qu’il faut, avant de nous attaquer au défi du développement. Mais, apparemment, la question des initiateurs et du format de ces concertations nationales se pose. Puisque les dialogues nationaux ont montré leurs limites et que les grands dignitaires religieux et coutumiers, qui nous gratifiaient de leurs sages conseils en pareilles circonstances, ont choisi de garder le silence pour éviter d’être …insultés, nous croyons que seule la société civile, au sens large, pourrait prendre l’initiative de ces discussions indispensables, pour nous permettre de remettre les choses à l’endroit et repartir sur de nouvelles bases acceptées par tous. Il est vrai que des personnes de bonne volonté, ainsi que certaines associations et organisations ont entrepris des démarches et des actions dans ce sens, mais, la gravité de la situation est telle que seules des discussions dépolitisées, inclusives et participatives pourront nous aider à nous en sortir.
Pour ce faire, le Sénégal pourrait, à l’instar de l’Afrique du Sud qui avait créé la Commission Vérité et Réconciliation, après le démantèlement de l’Apartheid, au début des années 90, mettre sur pied un panel chargé d’organiser un « Ndeup-Pencoo » national, pour discuter de tout avec un grand T, comme disait Maître Abdoulaye Wade. L’initiative de ce « dissoo » national devrait revenir à de fortes personnalités sénégalaises connues pour leur grand amour de la patrie, leur parfaite connaissance de nos valeurs cardinales, leur sérieux et leur probité morale. Pour nous, l’idéal serait que ce « pootum biir neeg » de la grande famille sénégalaise soit dirigé, une fois n’est pas coutume, par d’éminentes intellectuelles fortement imprégnées de notre culture et très soucieuses de la préservation de nos valeurs de civilisation. Eh oui, ayons le courage de reconnaître que les hommes sont les principaux responsables de la situation critique que nous connaissons, alors que nos braves dames, qui ont été très rarement citées dans des scandales financiers ou autres, se distinguent de plus en plus par leur leadership dans presque tous les domaines, notamment la santé, l’informatique, les télécoms, l’entreprenariat, etc.
De grandes intellectuelles comme les Professeures Fatou Sow Sarr, Penda Mbow, Amsatou Sow Sidibé et la Docteure Maréma Touré, entre autres, sont en mesure d’accomplir parfaitement cette noble mission. Évidemment, elles devront faire appel à toutes les personnes ressources et compétences nécessaires, pour former un panel chargé d’organiser les rencontres. Puisque le « ndeup » est l’apanage des lébous, des personnalités, telles que Abdoulaye Makhtar Diop et Me Mame Adama Guèye, pourraient jouer un rôle crucial au sein de panel, à côté des représentants des autres communautés ethniques du pays. Les Professeurs Mbaye Thiam, Djiby Diakhaté et le Dr Massamba Guèye serviraient de modérateurs des discussions que tous les médias nationaux devront couvrir. Il faudra aussi créer des plateformes numériques et des débats radio-télévisés, pour permettre l’inclusion et la participation de chaque Sénégalais qui le désire. Nos chefs religieux et coutumiers devront également se faire représenter à cette œuvre de salut national et donner leur bénédiction indispensable pour assurer son succès. Évidemment, l’appui financier et logistique de l’État sera indispensable, pour la bonne organisation matérielle de cette introspection nationale.
Cet « exorcisme » national, que le regretté Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum (RTA) appelait de tous ses vœux, s’impose aujourd’hui plus que jamais « pour éviter que le pire ne se produise », disait-il. En effet, le « Ndeup-Pencoo » devrait nous aider à diagnostiquer l’état de notre communauté ; à réaffirmer notre « Sénégalité » gravement menacée de disparition et à réorganiser voire refonder notre société, en vue de renforcer sa résilience face aux agressions venant de l’extérieur. En fait, tout le monde a constaté que, contrairement aux « dramatiques » que nous présentaient, dans un passé récent, des troupes telles que « Diamonoy tey », « Daaray Kocc » et « Libidor » et qui mettaient exergue nos valeurs ancestrales et nos bonnes mœurs, les nouvelles fictions qui nous sont servies et qui n’ont parfois rien de sénégalais, véhiculent, de plus en plus, des idées aux antipodes de nos réalités sociales, tout en promouvant des comportements déviants, des antivaleurs et l’agressivité, mais également en banalisant les actes répréhensibles, la perversion des mœurs, l’irrespect envers les parents et personnes âgées, le discours haineux, la violence physique et verbale, les dérapages verbaux, les grossièretés, les injures et même les insultes, maintenant. Et, pourtant, il n’y a guère longtemps, le substantif « fènn » (mensonge en ouoloff) était considéré comme un gros mot que l’on n’osait pas utiliser, surtout en public. Autant dire que nous sommes tombés vraiment très bas, pour ne pas dire que notre société a atteint le fond. Quelle honte ! Quelle décadence morale ! Quel « gaccé » ! C’est à croire qu’il y a derrière les téléfilms dont on nous gave tous les jours, à longueur d’année, des esprits malveillants et maléfiques, des ennemis ou envieux du Sénégal, qui tentent de détruire notre société par des manœuvres machiavéliques, à travers les médias traditionnels et numériques, avec la complicité passive (ou active ?) d’acteurs sénégalais et étrangers.
Le « Ndeup-Pencoo » national devrait donc, prioritairement, aborder la grave crise des valeurs que nous traversons et lui trouver des solutions. Celles-ci passeront sûrement par la (ré)éducation de notre peuple, surtout notre jeunesse aujourd’hui complètement déboussolée parce qu’ayant perdu ses repères et références. Pire, la plupart de nos enfants et petits-enfants qui vivent dans la précarité, à cause du chômage, sont obsédés par l’argent qu’ils cherchent à avoir dare-dare et coûte que coûte, même au prix de leur vie, de leur dignité ou de leur humanité. En témoignent, les phénomènes « barça barsakh », « motos jakarta » ou « tiak-tiak », la recrudescence des vols, agressions et braquages ainsi que le scandale honteux et indigne du Sénégal que nous vivons présentement. Nous, grands-parents et parents de ces enfants, avons une grande part de responsabilité dans cette situation, pour « avoir perdu l’aiguille » (mujè pussobi mu rër), en matière d’éducation des enfants. Il est vrai que nous avons été pris au dépourvu par l’Internet qui a joué un grand rôle dans la déviance d’une partie de notre progéniture. Mais, nous avons aussi failli dans la préservation de nos grandes valeurs sociales telles que le cousinage à plaisanterie ; ce puissant ciment qui renforçait les liens entre les différentes familles et communautés ethniques du Sénégal et que nous enviait le monde entier. En outre, certaines de nos valeurs spirituelles, telles que la crainte révérencielle, sont aussi en déclin, à cause du manque d’éducation religieuse. Il y a aussi le fait les parents ont démissionné et ont rangé la chicotte, pour éviter de tomber sous le coup de lois et conventions internationales qui bannissent les châtiments corporels que nous, les anciens, avons bien connus et qui ont certainement contribué à notre bonne éducation. « Qui aime bien, châtie bien » dit la sagesse populaire. Le phénomène du « njabootu canara » (famille du canard), où les parents laissent les enfants mener la danse, est aussi l’une des causes du dérèglement de nos familles et de notre société.
Cependant, il n’est jamais trop tard pour … se rattraper et rien n’est encore définitivement perdu. Nous devons donc réfléchir aux voies et moyens d’inverser la tendance, surtout en contrecarrant l’influence grandissante de l’Internet sur l’éducation de nos enfants. Même si la mission est difficile, nous pouvons la réussir, si nous arrivons à combiner l’amour parental, les connaissances scientifiques de nos éminents sociologues, psychologues et autres spécialistes des questions de société, l’expertise de nos ingénieurs en informatique et en intelligence artificielle et les sages conseils de nos dignitaires coutumiers et chefs religieux. Il va sans dire qu’il faudra immanquablement restaurer l’éducation de base fondée sur la religion, afin d’inculquer à nos enfants et petits-enfants les principes spirituels et nos grandes valeurs morales d’antan, la discipline et le respect de nos règles sociales. À ce sujet, il est heureux de constater que l’écrasante majorité reste attachée à la religion comme l’illustre si bien l’observation du Ramadan et du Carême par l’écrasante majorité de la population et le concours international de récital de Coran qui se tient actuellement au Sénégal. Par ailleurs, la profonde réforme de notre système éducatif, qui est en gestation, devrait accorder une place particulière à l’instruction civique et à l’éducation morale qui permettront de développer, chez nos jeunes, le sens du civisme, de la discipline, etc. En fin, il faudra leur faire savoir qu’ils doivent être fiers d’appartenir à un peuple merveilleux, civilisé et fortement attaché à l’honneur et à la dignité. La devise de notre armée n’est-elle pas : « on nous tue, on ne nous déshonore pas » ? Nos enfants doivent aussi se glorifier de vivre dans un pays qui compte dans le monde, malgré sa petite superficie et sa faible population. En effet, le Sénégal est cité comme référence mondiale dans divers domaines tels que la santé, la diplomatie, le maintien de la paix, la démocratie, l’astronomie, etc. Il fait aussi partie des tout premiers pays, en termes de religiosité et est classé parmi les grands en matière de sport, notamment dans des disciplines comme le football, le basketball, les arts martiaux, etc. Donc, « kèn gënu lène ».
Par ailleurs, le « Ndeup-Pencoo » devrait suggérer toutes mesures, y compris la censure et les sanctions, visant à préserver et à protéger nos us et coutumes, nos croyances religieuses et traditionnelles ainsi que nos bonnes mœurs. En effet, tout comme les dragons d’Asie qui ont su résister à l’influence occidentale et à l’instar de la France qui a défendu bec et ongles le principe de l’exception culturelle, nous devons, nous aussi, lutter pour la sauvegarde et la défense de nos propres valeurs de civilisation qui -nous le pensons sincèrement- sont parmi les meilleures au monde et constituent nos seuls remparts contre la destruction de notre tissu social, fondement de notre cohésion nationale. Ce combat est le seul qui vaille car sans de solides fondations, aucun édifice social ne peut tenir longtemps. C’est pourquoi notre culture et les religions révélées nous enjoignent de rester unis autour de nos valeurs. Par conséquent, nous, les séniors, avons aujourd’hui l’obligation morale de faire tous les sacrifices nécessaires, y compris la renonciation temporaire à des privilèges, ambitions ou statuts, mais aussi le dépassement de nos égocentrismes, pour restaurer notre unité et resserrer nos rangs, en vue de préserver notre société et de mieux lutter contre les influences extérieures néfastes, démoniaques et abominables. Le scandale innommable auquel nous assistons, ces temps-ci, devrait pousser tous les mouvements et associations œuvrant à protection de nos valeurs spirituelles et sociales, tels que « And Samm Jikko Yi », « Askan Wi », etc., à unir leurs forces pour mettre sur pied, sous la tutelle du Ministère de l’Intérieur, un organe chargé de veiller, en permanence, à la protection de notre « Sénégalité » et que l’on pourrait dénommer « And Samm Ak Wottu Sunu Sénégal ». D’ailleurs, cet organe devrait être consulté, avant la signature de toute convention internationale par le Sénégal, pour éviter tout coup fourré.
Last but not least, les organisateurs du « Ndeup-Pencoo » devraient aussi initier des consultations avec les experts, spécialistes et autres acteurs des finances et des différents secteurs de l’économie nationale, dans le but d’identifier les difficultés rencontrées et de leur trouver les solutions idoines, en vue d’accélérer l’avancement du Sénégal. Compte tenu de la situation financière actuelle, il va sans dire qu’il est plus qu’urgent de tenir des rencontres regroupant tous les sachants sénégalais en la matière. En mettant en commun leurs connaissances en finances, ces experts trouveront sûrement une solution alternative à la restructuration de notre énorme dette que des puissances et institutions internationales veulent nous imposer à tout prix (à des fins inavouées ?) et qui, selon des experts, risque de nous mener à un ajustement structurel qui serait lourd de conséquences, en particulier pour nos populations. (D’ailleurs, comme réponse à ce harcèlement, le Sénégal et le continent africain tout entier devraient sérieusement penser à exiger des réparations aux Occidentaux, pour les génocides et autres crimes, notamment financiers, perpétrés depuis les conquêtes jusqu’à la néo-colonisation, en passant par la traite négrière). Une fois une solution trouvée à la question de la dette, ces experts devraient pouvoir sortir des sentiers battus, pour élaborer un « Programme d’Urgence pour le Développement Économique et Financier du Sénégal » qui nous aidera certainement à faire face à la situation et à amorcer, en fin, le décollage économique du Sénégal.
Créer l’union sacrée autour de l’essentiel
Aujourd’hui, force est de constater que même si la politisation à outrance et la démocratie occidentale « importée » ont contribué à faire du Sénégal un modèle en Afrique, elles constituent également des ralentisseurs de notre développement économique. Pire encore, elles ont sérieusement porté atteinte et perturbé la cohésion sociale et l’unité nationale que nous avons héritées de nos valeureux ancêtres. En témoignent, les dommages économiques considérables qui ont résulté des troubles et violences politiques graves que nous avons connues ces dernières années, ainsi que les discordes familiales et divisions sociales profondes causées par les joutes verbales vigoureuses, les échanges d’insultes, d’injures et autres propos offensants auxquels nous assistons presque quotidiennement sur la place publique, par médias interposés, et qui ont fini par diviser profondément notre peuple ; ce qui a généré une grande animosité, voire une haine entre des compatriotes et même au sein de certaines familles. Cette situation conflictuelle s’est transposée dans notre société et dans nos familles, créant ainsi une atmosphère délétère dans tout le pays.
C’est à croire que l’Occident nous a imposé la démocratie pour nous divertir, ralentir notre progrès économique et nous diviser, afin de perpétuer sa domination et l’exploitation de l’Afrique. À y regarder de près, cette démocratie moderne, qui des historiens trouvent qu’elle s’est inspirée de la Révolution Tooroodo menée par Cerno Sileymani Baal, en 1776, avant d’être pervertie, n’est rien d’autre qu’une forme de colonisation intellectuelle. Son objectif principal semble être la perpétuation de l’exploitation de notre cher continent, sous différentes formes. Souvenons-nous que la Conférence de Berlin de 1885 qui a organisé le partage de l’Afrique a duré… 104 jours. En fait, les Occidentaux, qui ont très tôt compris la stratégie qui consiste à diviser pour mieux régner, n’ont cessé, depuis Berlin, de veiller à ce que les Africains restent divisés, pour mieux asseoir leur domination et leur exploitation du continent noir. Apparemment, cette stratégie est d’abord appliquée au niveau de la cellule familiale, avant d’être étendue à la société tout entière, grâce aux médias. Par conséquent, nous devons oser nous départir rapidement de cette démocratie occidentale, pour retourner à notre démocratie authentique, celle de Cerno Sileymaani Baal, quitte à l’adapter à notre temps.
Le Sénégal étant majoritairement composé de croyants, surtout musulmans, l’élection « surprise » de Bassirou Diomaye Diakhar Faye à la présidence de la République devrait définitivement convaincre, s’il en était besoin, tous les Sénégalais, en particulier nos leaders politiques, que c’est Allah qui donne le pouvoir à qui il veut et l’arrache à qui il veut (« toutil moulkou man ta chaaou, wa tanziou mimmane ta chaaou »). Ces derniers devraient, par conséquent, croire en…Dieu (gueum yalla) et savoir que ce ne sont ni les critiques acerbes infondées, ni l’activisme débordant, encore moins les grossièretés qui permettent d’accéder au pouvoir. Qui plus est, il est presque certain que 95% des formations politiques de ce pays (elles sont environ 400) ne présideront jamais aux destinées du Sénégal. D’ailleurs, il a été constaté que, tel un phénix, la grande majorité de celles-ci ne renaissent de leurs cendres qu’à la veille d’élections. Leur silence assourdissant au sujet de la question cruciale de la restructuration ou non de notre dette en est une parfaite illustration. De même, les dirigeants du PASTEF devraient faire preuve de plus d’humilité et d’ouverture, en se rappelant toujours que les trois régimes qui les ont précédés ont quitté le pouvoir au moment où ils s’y attendaient le moins. Par conséquent, ils ne doivent pas hésiter à faire appel à tous les compatriotes qui ont les compétences et l’expertise requises et qui n’ont jamais été mêlés à des scandales, pour les aider à résoudre les problèmes que nous rencontrons, notamment, celui lancinant de notre dette abyssale.
En effet, la plupart de nos leaders de l’opposition ont les compétences requises pour contribuer considérablement à la bonne marche du Sénégal par des critiques et propositions constructives. Le gouvernement actuel pourrait ainsi tirer profit de leur expertise, au bénéfice du peuple, en les intégrant dans un éventuel Gouvernement de Majorité Présidentielle Elargie comme celui que le Président Diouf avait mis sur pied en avril 1991 ; pourquoi pas ? En vérité, puisque tous les Sénégalais, y compris les partis politiques et leurs leaders, ont le même objectif de développement socio-économique du Sénégal et d’épanouissement de son peuple, s’opposer à un régime qui œuvre dans ce sens est illogique et contradictoire. D’ailleurs, à l’instar des États Unis, nous devrions songer à créer un système à deux…coalitions, à savoir : la coalition au pouvoir et la « coalition de l’alternative » dont la fonction consisterait à suggérer des politiques autres que celles appliquées par le gouvernement en place. Ainsi, on mesurerait l’aptitude de cette « coalition rivale » à gouverner le Sénégal, en fonction de la pertinence des solutions et politiques alternatives qu’elle propose pour surmonter les difficultés du pays et accélérer son avancement. La « rivalité saine et constructive » ainsi créée devrait profiter à notre pays et faciliter le choix des Sénégalais, lors des joutes électorales. Après tout, les membres de la coalition au pouvoir et ceux de l’opposition ne sont pas des ennemis. Ils font tous partie de la grande famille sénégalaise, mais ont des divergences sur les politiques à mener pour assurer la paix, le bonheur et la prospérité de la Nation. C’est dire qu’il nous faut opérer une rupture profonde d’avec la démocratie pluraliste « à outrance » qui nous coûte cher, nous divertit et nous affaiblit en nous divisant.
Le temps est donc venu de marquer une pause politique, jusqu’à la veille des prochaines élections locales, pour nous pencher sur l’état de notre démocratie, afin d’évaluer ses conséquences positives et négatives, avant de la réformer pour l’adapter à nos réalités. Le présent moment de communion est propice à cet exercice, avec le démarrage simultané du Ramadan et du Carême, mais aussi avec le renforcement de notre unité nationale et de notre cohésion sociale, à l’occasion de la CAN. Cette fidélité à la devise de notre République : « Un peuple, Un but, Une foi » doit se poursuivre car notre pays doit se préparer à deux autres grandes échéances, dans quelques mois, à savoir : le Mondial de football prévue aux États-Unis, au Canada et au Mexique et les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) qui vont se tenir, pour la première fois, en Afrique, précisément chez nous. Le Sénégal, doit profiter de ces deux grandes vitrines mondiales, pour exposer l’énorme talent de ses enfants, mais aussi présenter au monde sa meilleure image possible et attirer, ainsi, davantage de touristes et d’investisseurs.
Capturer notre dividende démographique
« La disponibilité de notre jeunesse vaut plus que les milliards de l’étranger » disait l’ex-Président Abdoulaye Wade. Aujourd’hui, plus que jamais, le moment est venu de mettre sérieusement en pratique cette assertion du premier agrégé d’économie en Afrique sub-saharienne et faire de cette importante frange de notre population le véritable moteur de notre développement. L’on se rappelle que Maître Wade avait tenté l’expérience avec succès, grâce à des programmes tels que la GOANA (Grande Offensive Agricole pour la Nourriture et l’Abondance), le plan REVA (Retour Vers l’Agriculture, etc. Par conséquent, il est sûr et certain que le Sénégal fera des pas de géant vers le progrès économique, si le gouvernement trouve les moyens financiers nécessaires pour exploiter pleinement le potentiel de son dividende démographique, en tirant profit de cette disponibilité de la jeunesse sénégalaise, pour développer davantage son agriculture, entre autres activités économiques. Il est vrai que des efforts sont en train d’être faits dans ce domaine, avec, notamment, les agropoles, les mille volontaires de l’agriculture, etc., mais ils restent timides et insuffisants. En effet, l’activité agricole est l’un des puissants leviers que l’État devrait agiter, pour, non seulement, accroître considérablement la production locale, mais aussi améliorer sa balance commerciale, grâce à l’exportation des surplus de production.
L’agriculture et l’agro-industrie peuvent donc, à elles seules, absorber une grande partie de la main d’œuvre disponible. Il suffit de promouvoir et de faciliter les partenariats gagnant-gagnant entre nos champions locaux et les investisseurs étrangers, en vue de mobiliser les centaines de milliers de jeunes en âge de travailler qui sont sans emploi, pour exploiter nos 63% de terres arables, neuf mois sur douze ; ce qui est bien possible. Notre Premier Ministre, qui est très populaire auprès des jeunes, devrait pouvoir les sensibiliser et les convaincre à se consacrer à l’agribusiness. L’État pourrait aussi envisager l’instauration d’un « service militaro-agricole », en impliquant l’armée, dans le cadre du concept « Armée-Nation ». En vérité, cela fend le cœur de voir ces nombreux jeunes garçons très dynamiques dans la rue, les uns assis sur leurs motos et se tournant les pouces dans l’attente d’un client, les autres se faufilant entre les voitures pour vendre des dattes, des noix tigrés, des arachides, des noix de cajou, etc. Un vrai gâchis ! En effet, leur insertion réussie dans ce secteur, moyennant une rémunération décente, bien sûr, devrait permettre au Sénégal de faire d’une pierre…plusieurs coups, en réalisant beaucoup d’objectifs, notamment :
- l’autosuffisance et la souveraineté alimentaires ;
- la réduction du coût de la vie ;
- l’amélioration de la santé des populations ;
- l’augmentation des recettes fiscales de l’État ;
- l’amélioration de notre balance commerciale ;
- la réduction drastique du chômage ;
- la réduction, voire l’éradication, de la pauvreté ;
- la réduction de la délinquance, du banditisme et de la criminalité ;
- la réduction des accidents souvent mortels de motos « jakarta » ;
- la diminution de l’émigration clandestine.
Nos jeunes désœuvrés peuvent également être employés dans la valorisation de nos innombrables ressources naturelles. En effet, tous les experts mondiaux en économie sont aujourd’hui unanimes que l’exploitation des potentialités naturelles de l’Afrique peut être un puissant moteur de la croissance économique du continent. Ainsi, plusieurs secteurs comme la pêche, l’élevage, les mines, l’exploitation pétrolière onshore et offshore, la pétrochimie, l’aciérie, ainsi que les différents types de tourisme (balnéaire, affaires, découvertes, écologique, religieux, etc.) qu’offre le Sénégal peuvent aussi absorber des milliers de sans emploi. Le Sénégal peut aussi investir dans le business très lucratif du sport, en général, et du football, en particulier, car notre pays regorge de talents potentiels dans toutes les disciplines sportives. Il faudra juste créer les infrastructures nécessaires et des centres de formation dans nos 46 départements. Ce faisant, nous pourrons faire éclore les talents cachés de nombreux jeunes sénégalais qui, à l’instar de nos Lions du foot, pourront nous valoir beaucoup de satisfaction, tout en augmentant la visibilité du Sénégal à l’international. Sans nul doute, des enfants viendront du monde entier pour apprendre le foot chez nous. Last but not least, nos jeunes enfants peuvent aussi être formés dans le domaine de la sécurité de proximité, pour servir dans les quartiers. Avec les menaces asymétriques, ils pourront, en collaboration avec les forces de défense et de sécurité, jouer un rôle crucial dans la sécurisation de nos populations et de notre merveilleux. D’autres pourront servir dans les domaines de l’hygiène, de la protection de l’environnement, etc. Un partenariat entre l’État, les municipalités et les populations devrait faciliter leur prise en charge.
En un mot comme en cent, le Sénégal peut bel et bien sortir de la crise multiforme qu’il traverse, notamment celle financière qui l’oppose au FMI qui n’est « ni dieu, ni le prophète » et qui, dit-on, n’a aidé aucun pays à se développer. Notre gouvernement a donc bien raison de refuser la restructuration et de chercher d’autres alternatives. Nous avons tous le devoir moral de le soutenir. En vérité, avec les énormes richesses naturelles dont il dispose, en particulier ses innombrables ressources et réserves minérales onshore et offshore, le Sénégal est assez solvable pour contracter encore davantage de dettes auprès de bailleurs et puissances intéressés et d’attirer les nombreux investisseurs aux aguets qui, certainement, n’attendent que le moment opportun et certaines garanties et/ou conditions, pour se bousculer à nos portillons. Par conséquent, il ne nous reste qu’à sortir du paradoxe de l’abondance pour « entrer dans l’abondance », en arrêtant de tendre la main, assis sur de l’or. Cessons de « refuser le développement », en mettant de l’ordre dans notre société et en unissant nos forces, avant de prendre notre courage à deux mains nous rebiffer et affronter, ensemble, l’énorme défi de l’exploitation optimale et rationnelle de toutes nos ressources et potentialités, en mettant à profit l’ensemble de nos expertises et compétences, avec l’appui de partenaires prêts à coopérer avec notre État, sur la base d’accords gagnant-gagnant. Puisque « ay du wèsu baay dèna » et que nos ressources ne seront utiles que si elles sont exploitées, pourquoi ne pas les partager avec ceux qui disposent des fonds nécessaires à cette fin, dans des conditions mutuellement bénéfiques et pour une durée à déterminer ?
- Mohamadou Mansour DIAGNE
Interpreter-Translator/Manager
Translation and Business Assistance Services
Email: tbassenegal@gmail.com




















