Transports aériens : une perte de 252 milliards de dollars due à la Covid-19, selon l’Iata

L’Association internationale du transport aérien (Iata) a évalué les pertes d’emplois et de chiffres d’affaires dues à la pandémie de la Covid-19 dans le secteur des transports dans le monde. Elle a précisé que cette industrie ne pourra retrouver les performances d’avant-crise qu’à partir de 2023/2024.

Les mesures de confinement et de restriction des déplacements mises en place pour freiner la propagation du coronavirus ont porté un coup d’arrêt net et brutal à l’ensemble de l’activité du transport aérien dans le monde. D’après l’Association internationale du transport aérien (Iata) qui regroupe plus de 280 compagnies, la Covid-19 a engendré des dommages considérables à l’industrie du voyage et du transport aérien commercial. Ces secteurs, a indiqué la même source, ne pourront retrouver les performances d’avant-crise qu’à partir de 2023/2024. Le scénario le moins pessimiste présenté par l’Iata montre que la Covid-19 entraînera une perte de 252 milliards de dollars au secteur aérien. L’organisme a précisé que ce montant ne tient pas compte du manque à gagner lié à l’interruption de la chaîne d’approvisionnement, à la fermeture des aéroports et à l’arrêt des activités des constructeurs d’aéronefs, des sociétés d’entretien, de maintenance, de réparation et de révision des avions.

Analysant les données de l’Iata, la revue Atlas Mag a mentionné qu’Air France-Klm a fait part d’une perte nette de 1,8 milliard d’euros au cours des trois premiers mois de 2020. L’Association des compagnies aériennes africaines (Afraa) a, pour sa part, évoqué un manque à gagner de 8,1 milliards de dollars depuis la fermeture des frontières (de mi-mars à fin mai 2020).

S’agissant de l’évolution du transport mondial de passagers, le même document a souligné que le trafic de passagers a connu un déclin sans précédent dans l’histoire de l’aviation. La baisse devrait être comprise entre 35 et 65 % pour l’année 2020. La reprise des vols intérieurs et internationaux s’accompagne de nouvelles mesures de prévention censées endiguer la propagation de la Covid-19 à l’intérieur des avions. Ces mesures concernent en particulier la réduction du nombre de passagers et le protocole de distanciation sociale imposé par les autorités à bord des appareils. L’ensemble des dispositifs de prévention entraîne des frais supplémentaires qui alourdissent les coûts opérationnels et les pertes accumulées par le secteur de l’aviation, a constaté Atlas Mag. Pour rassurer les voyageurs et éviter une nouvelle vague de contamination, les compagnies aériennes devront, dès la reprise des vols, réduire de 32 % à 59 % le nombre de sièges proposé à l’échelle mondiale.

4,5 millions de vols annulés

L’Association internationale du transport aérien a recensé 4,5 millions de vols annulés au cours de la période de confinement. La liste des compagnies aériennes les plus affectées par la suppression des vols inclut Air France, Lufthansa, Ryanair, British Airways Emirates, Qatar Airways, American Airlines, Singapore Airlines, etc. ; les compagnies chinoises ayant suspendu leurs vols dès le début de la crise.

25 millions d’emplois menacés

Pour réduire au maximum leurs coûts face à la crise de la Covid-19, les compagnies aériennes se retrouvent dans l’obligation de diminuer leurs effectifs de façon drastique. Selon les estimations de l’Iata, 25 millions d’emplois dans le secteur aérien (compagnies aériennes, aéroports, constructeurs, sous-traitants, services…) sont menacés au niveau mondial, dont 11,2 millions de postes dans la zone Asie-Pacifique. British Airways prévoit de supprimer 12 000 emplois, soit un tiers de son effectif total. Pour Air Canada, la baisse concernerait 50 à 60 % des effectifs. Les licenciements atteindront 20 000 postes sur un total de 38 000, a ajouté Iata. De son côté, Air France compte mettre au chômage 15 à 20 % de ses salariés.

Abdou DIAW  –  Le Soleil

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