Téra Meeting : la thérapie d’Ousmane Sonko

Ousmane Sonko - Meeting

Lors du Téra Meeting tenu ce samedi 8 novembre 2025, le Premier ministre et président du parti Pastef, Ousmane Sonko, a livré un discours fort axé sur la ”transparence”, la “bonne gouvernance” et la “moralisation de la vie publique”.

Le leader des Patriotes a appelé à sanctionner toute forme de détournement de fonds publics, à combattre l’influence de l’argent sale en politique et à corriger les dérives persistantes dans la justice et l’administration.la thérapie d'Ousmane Sonko

Dans une charge frontale contre l’ancien régime, Ousmane Sonko a dénoncé ce qu’il qualifie de « haute trahison d’État » autour de la dette cachée, réclamant des poursuites contre les responsables. Il a également plaidé pour la dissolution de l’Alliance pour la République (APR), le parti de l’ancien président Macky Sall, qu’il a qualifié de « parti criminel », estimant qu’il n’a plus sa place dans le paysage politique national.
Evoquant les évènements politiques survenus entre 2021 et 2024, le premier ministre Ousmane Sonko a assuré que toutes les diligences seront faites pour tirer cette affaire au clair. Selon lui, il est hors de question de laisser impunis les détournements de deniers publics dévoilés par la Cour des Comptes à travers la « dette cachée », de même que les « crimes » perpétrés lors des récentes manifestations politiques. ‎

‎«S’il n’y a pas de justice, que personne ne paie d’impôt. C’est trop facile de détourner l’argent du contribuable et de tuer des Sénégalais sans répondre de ses actes. Justice sera faite», assure-t-il. 


Abordant la question de la justice, le Premier ministre a prôné une réforme profonde afin qu’elle « appartienne au peuple » et fonctionne en toute impartialité. Il a réaffirmé sa politique de tolérance zéro face aux dérives verbales et à la corruption, tout en dénonçant la persistance d’un « système » dans l’administration. « Nous avons toujours combattu le système, mais nous nous sommes rendus compte qu’il demeure omniprésent. Il s’infiltre dans la justice comme dans l’administration, et les gens de ce système continueront à mettre des bâtons dans les roues», a-t-il déclaré.

Ainsi, le leader de Pastef a pointé du doigt certains magistrats de la Cour suprême, qu’il accuse de freiner les enquêtes financières.

Il affirme: « Certains magistrats, notamment à la Cour suprême, écrasent les dossiers émanant du Pool judiciaire financier (PJF). Ils n’ont aucun différend avec le régime, mais ils estiment avoir des comptes à régler avec moi, Ousmane Sonko ».
Sur le plan politique, Sonko a tenu à rassurer ses alliés quant à la stabilité de la Coalition Diomaye-Président, assurant que Pastef n’envisage pas d’en sortir.

« La nouvelle structuration se fera autour de Pastef, mais elle restera ouverte à tous ceux qui respectent les principes du jub, jubbal et jubbanti », a-t-il précisé.

S’adressant à ses militants, Ousmane Sonko a invité à la cohésion et à la discipline, en appelant à éviter les querelles internes et la course aux postes :

« Pastef n’est pas un parti d’argent », a-t-il déclaré.
« Un allié sincère ne cherche pas à semer la division entre le Président de la République et son Premier ministre. »
Faisant allusion au Dr Abdourahmane Diouf, ministre de l’Environnement et Madame Aminata Touré, haut représentant du Chef de l’Etat, Ousmane Sonko a laissé entendre qu’une personnalité politique, qu’il n’a pas nommée, aurait été épinglée par un rapport pour des malversations de 2 milliards de F CFA. Une allusion qui remet sur la table les accusations déjà évoquées à l’encontre d’Aminata Touré lors de son passage à la tête du Conseil économique social et environnemental (CESE).

Toutefois, l’ancienne présidente de l’institution avait fait une sortie pour « démentir catégoriquement » ces allégations qu’elle qualifie de « totalement fausses » et destinées, selon elle, à porter atteinte à son honorabilité.

Pour clore définitivement la polémique, Aminata Touré avait même proposé une audition publique collective de l’Inspection générale d’État (IGE) devant la presse nationale et internationale.

Toujours sans citer de nom, il accuse un ministre, d’être soupçonné de surfacturation avant d’être muté dans un autre ministère. Plusieurs observateurs pensent ainsi, à monsieur Abdourahmane Diouf, qui a quitté le ministère de l’Enseignement Supérieur, pour atterrir au ministère de l’Environnement. Les deux personnalités, membres de la coalition «Diomaye Président» ont récemment appelé à une union autour du Président de la République, Bassirou Diomaye Faye. 

 

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