SUSPENDU PAR L’ORDRE DES AVOCATS : Des proches de Me El Hadji Diouf implorent le pardon du bâtonnier

Le style martial qui a souvent marqué les points de presse de Me El Hadji Diouf a laissé la place, aujourd’hui, une tonalité touchante.

Suspendu par l’ordre des avocats et exposé même à une radiation de l’ordre des avocats, Me El Hadji Diouf a bénéficié de la solidarité de ses alliés politiques, en conférence de presse. Si quelques-uns ont évoqué « son parcours exceptionnel », d’autres ont mis en évidence ses actes de bienfaisance pour implorer le pardon de l’ordre des avocats.

La conférence de presse annoncée par Me El Hadji Diouf au lendemain de sa suspension de l’ordre des avocats a eu lieu cet après-midi. Mais sans le principal animateur annoncé dans le communiqué invitant la presse à la manifestation. A la place de Me Diouf, il y avait des responsables de son parti, le Parti des travailleurs et du peuple (Ptp) et des formations politiques alliés. Où est Me El Hadji Diouf dont le communiqué désignait comme l’animateur de la conférence de presse ? La question n’a pas été posée aux interlocuteurs des journalistes. Et ces mêmes « représentants » de Me Diouf ne se sont pas, non plus, expliqués sur son absence. Jean Gabriel Malo, secrétaire national chargé de l’organisation et coordonnateur national du Ptp dira d’emblée de son patron qu’ils vont « faire face à la presse pour lui apporter notre soutien et notre solidarité ». Avocat le plus célèbre, selon M. Malo, « El Hadji Moustapha Diouf n’a pas volé, il n’a pas tué, il n’a pas assassiné, il n’a pas vendu de dossier et n’a pas violé ». Pape Mody Sow, président d’honneur du Parti de l’espoir et du progrès, parti allié, embraie dans le même sens. « C’est une conférence de presse de soutien et de clarification à Me El Hadji Diouf qui a eu un brillant et exceptionnel parcours », dira-t-il rappelant son compagnonnage avec des leaders de la gauche comme le professeur Abdoulaye Bathily, son engagement dans le syndicalisme estudiantin et ses 40 ans de présence au barreau de Dakar. Pape Mody Sow tente, ensuite, d’alerter l’ordre des avocats sur les menaces qui pèsent sur l’affaire au détriment de la plaignante. « Dans le dossier Khalifa Sall et Hissène Habré, tous deux défendus par Me El Hadji, on a vu la suite quand il a finalement été écarté de la procédure », dira-t-il faisant allusion aux condamnations de ses deux clients. Se faisant plus touchant, Pape Mody Sow évoque les souffrances endurées par le leader du Ptp, victime de « lynchage médiatique et de stigmatisation, privé de la solidarité de ses pairs quand on a incendié sa maison ». Mme Sokhna Ourèye Fall va plus loin, quant à elle, en implorant l’indulgence du bâtonnier. « Je me soumets à l’autorité du bâtonnier, car je suis une femme et c’est mon devoir de femme de le supplier d’enlever cette charge qui pèse sur El Hadji Diouf ». Mme Fall invoque les actes de bienfaisance et la loyauté de son compagnon politique pour justifier sa supplique.

Le 28 février prochain, Me El Hadji Diouf qui encourt une peine de 3 mois à 1 an, voire définitive, fera face à 19 de ses pairs qui vont statuer sur son cas. Le 10 février dernier, l’avocat d’Adji Raby Sarr a été suspendu par l’ordre des avocats pour faute lourde et atteinte au bâtonnier. Naturellement, dans le camp d’Ousmane Sonko on se frotte déjà les mains tout en espérant, sans doute, que Me Diouf soit radié de la corporation. Une extrême que nombre d’avocats écartent estimant, toutefois, que tout se joue dans la durée de la peine.

Félix DIAGNE – laviesenegalaise.com

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