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S&P a abaissé la note de la dette du Sénégal

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S&P enfonce la note du Sénégal en catégorie spéculative face aux risques “extrêmement probables” de restructuration de la dette.

S&P a abaissé vendredi la note de la dette à long terme en devises du Sénégal de “CCC+” à “CC”, invoquant une forte probabilité que la restructuration de la dette prévue par le gouvernement entraîne des pertes pour les créanciers extérieurs.

Les finances du Sénégal sont sous pression depuis la découverte en 2024 de plusieurs milliards de francs Cfa de dette dissimulés par l’administration précédente, sous le régime de Macky Sall.

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En début de semaine, le Sénégal a conclu un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) qui devrait permettre de débloquer un programme de prêt de 2,2 milliards de dollars soit environ 1243 milliards de francs Cfa sur une durée de trois ans.

« À notre avis, cela signifie que la renégociation de la dette en cours aura pour conséquence que les créanciers en devises étrangères recevront moins que ce qui avait été initialement promis, que ce soit par une réduction du principal, des intérêts ou des conditions de paiement », a indiqué l’agence dans son rapport exploité par Reuters.

« Nous estimons qu’un taux de change défavorable ou un défaut de paiement sur la dette commerciale en devises étrangères du Sénégal est extrêmement probable », a ajouté S&P.

Faisant écho aux préoccupations de S&P, l’agence Moody’s a également abaissé la note souveraine du Sénégal fin août, invoquant des risques de refinancement croissants et des possibilités limitées de réduction de la dette.

Mardi 1er septembre, le Ministère de l’Économie, des Finances et du Plan a publié un communiqué affirmant s’être engagé dans des opérations de gestion active de la dette sur le marché régional des capitaux de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, dans un contexte de dégradation du profil de risque de crédit du Sénégal et de fermeture progressive de l’accès aux marchés des capitaux étrangers.

En dépit de chocs économiques successifs qui ont pesé sur les marges de manœuvre de l’État, l’économie a fait preuve de résilience, avec une croissance du PIB réel de 6,5 % en 2024 et de 6,7 % en 2025, portée par la montée en puissance des hydrocarbures.

Cette résilience a été notablement affectée en 2026 par l’amenuisement des marges de manœuvre budgétaires, dû notamment à la guerre au Moyen-Orient, qui a pesé sur l’investissement public et privé au Sénégal et sur les dépenses liées à l’énergie. La croissance du PIB réel est ainsi projetée à 2,7 % pour l’ensemble de l’année.

Dans ce contexte, la poursuite de la consolidation des finances publiques et la réduction des vulnérabilités liées à la dette sont cruciales et urgentes pour rétablir la capacité de l’État à financer ses priorités, à soutenir l’investissement et à créer les conditions d’un retour à une croissance plus forte et durable.

Au regard de toutes ces considérations et à l’issue d’une analyse approfondie et documentée du coût d’opportunité d’un statu quo pour l’économie sénégalaise et ses partenaires financiers, le Gouvernement a décidé d’engager l’étape décisive de sa stratégie de gestion active de la dette, à travers le Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS), une initiative souveraine conçue et portée par les autorités sénégalaises.

Le PTDS constitue une réponse adaptée aux caractéristiques de la dette du Sénégal. Il permet de restaurer durablement le profil de la dette publique, de ramener le poids du service de la dette sur le budget de l’État aux normes admises en la matière et de dégager progressivement les marges de manœuvre nécessaires au financement des investissements publics dans les secteurs prioritaires, notamment les secteurs sociaux.

La dette libellée en francs CFA restera en dehors du champ, compte tenu du rôle important du marché régional dans le financement de l’État et de l’économie.

Le PTDS s’inscrira dans une démarche concertée et coordonnée avec l’ensemble des partenaires internationaux du Sénégal. À ce titre, le Gouvernement a déjà fait savoir à ses partenaires officiels son intention de recourir au Cadre Commun du G20, dans une version améliorée, afin d’assurer un calendrier de mise en œuvre resserré, un partage précoce et renforcé de l’information auprès de toutes les parties prenantes, et la tenue de consultations parallèles avec l’ensemble des créanciers concernés.

Ce Cadre commun amélioré offrira une réponse adaptée aux spécificités de la composition de la dette du Sénégal et permettra la réalisation rapide des ambitions du Gouvernement en matière de repriorisation des finances publiques.

Le PTDS produira des effets au-delà de la seule gestion de la dette. La réduction du service de la dette et des besoins de refinancement permettra de dégager progressivement des marges de manœuvre budgétaires et de réorienter davantage de ressources vers l’apurement des arriérés de l’État dus au secteur privé. Il contribuera également à réinjecter des ressources dans le circuit économique, à améliorer la trésorerie des entreprises, à préserver leur capacité d’investissement et à soutenir l’emploi.

Le Gouvernement du Sénégal réaffirme son engagement à restaurer durablement la viabilité de la dette, à préserver la dynamique de croissance et les priorités sociales, à renforcer les capacités de financement de l’économie et à conforter la confiance des investisseurs et des partenaires du Sénégal.