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Sénégal : dix jours sans gouvernement, les tractations s’intensifient autour de la nouvelle équipe

Dix jours après le limogeage de l’ex-Premier ministre Ousmane Sonko et la nomination de Al Aminou Lô à la tête de la Primature, le Sénégal reste toujours sans gouvernement officiellement installé. Une situation qui alimente interrogations et spéculations au sommet de l’État.

Nommé lundi dernier par le président de la République, Al Aminou Lô devait, en principe, finaliser avec le Chef de l’État la composition de la nouvelle équipe gouvernementale. Mais jusqu’ici, aucun décret de nomination n’a été rendu public, prolongeant une attente qui commence à susciter débats et commentaires dans l’opinion.

Selon nos informations, ce retard ne relèverait pas d’un simple calendrier administratif. Des tractations seraient en cours au plus haut sommet de l’État, impliquant notamment le parti Pastef-Les Patriotes, dont la participation au futur gouvernement ferait l’objet d’intenses discussions.

À travers son Comité exécutif (COMEX), Pastef a posé plusieurs conditions avant toute intégration dans la nouvelle équipe gouvernementale. Parmi les exigences avancées figurent notamment la fidélité au programme ayant conduit à la victoire de 2024, la clarification de la gestion de la dette souveraine, le refus des mesures susceptibles d’aggraver le coût de la vie, la poursuite des renégociations des contrats stratégiques, le renforcement de la lutte contre la corruption ainsi que le contrôle des fonds jugés opaques.

Le parti insiste également sur la nécessité de clarifier la gestion des affaires judiciaires en cours et la répartition des portefeuilles ministériels, autant de points sensibles qui pourraient expliquer les lenteurs observées dans la mise en place du nouvel attelage gouvernemental.

Sur la forme, le COMEX affiche une vigilance particulière. Dans son communiqué, l’instance dirigeante souligne que les discussions devront impérativement se tenir avec « le cadre institutionnel habilité du parti » et non à travers des démarches individuelles.

Le ton est ferme et sans ambiguïté : « Tout militant du Parti qui s’y rendra aura agi à titre personnel », avertit le communiqué, dans ce qui apparaît comme une mise en garde directe contre toute négociation menée en dehors des canaux officiels de la formation politique.

Entre exigences politiques, arbitrages institutionnels et bataille autour des équilibres ministériels, la formation du nouveau gouvernement semble donc loin d’être une simple formalité.

Affaire à suivre.