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Secteur privé national : le Premier ministre appelle à un dialogue permanent et à une transformation productive de l’économie

le Premier ministre appelle à un dialogue permanent et à une transformation productive de l’économie
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Dakar, 17 septembre 2026 – Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed LO a présidé, ce jeudi 17 septembre 2026, une rencontre de prise de contact et d’échanges avec le secteur privé national. Cette réunion, présentée comme le début d’un cycle de concertations régulières avec les organisations patronales et les acteurs privés, vise notamment à recueillir leurs préoccupations et recommandations sur les principaux enjeux économiques du pays.

Dans son propos introductif, le chef du gouvernement a indiqué que cette rencontre s’inscrivait dans le prolongement des audiences accordées par le Président de la République aux principales organisations patronales, notamment la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES), le 17 juillet, et le Conseil national du patronat (CNP), le 3 septembre derniers.

S’appuyant sur les orientations annoncées lors de sa Déclaration de politique générale du 8 septembre 2026, Ahmadou Al Aminou Mohamed LO a réaffirmé la volonté du gouvernement d’instaurer une concertation permanente avec le secteur privé national, mais également avec les acteurs de l’économie sociale et solidaire, les organisations de la société civile, les jeunes, les collectivités territoriales et les forces vives de la Nation.

« J’entends donc inscrire l’action gouvernementale dans le cadre d’un dialogue exigeant, régulier et structuré avec toutes les parties prenantes des politiques publiques », a déclaré le Premier ministre.

« Une transformation qui n’est pas une option, mais une nécessité »

Au cœur de son intervention, le Premier ministre a placé la transformation structurelle de l’économie sénégalaise. Il a rappelé que le pays dispose désormais d’un cadre stratégique de long terme avec l’Agenda national de Transformation « Sénégal 2050 », décliné à l’horizon 2034 dans le Masterplan « Sénégal 2025-2034 » et dans la Stratégie nationale de Développement (SND) 2025-2029.

L’ambition affichée est de réduire la dépendance de l’économie sénégalaise et de construire une économie davantage productive, industrialisée et créatrice de valeur ajoutée locale.

Pour le chef du gouvernement, cette transformation constitue une nécessité. Il a notamment relevé que la part de la valeur ajoutée manufacturière dans le PIB ne dépasse guère 20 % depuis une décennie et que les entreprises installées au Sénégal peinent encore à conquérir une part significative des grands travaux de l’État.

Il a également souligné que nombre d’entreprises sénégalaises restent principalement concentrées sur le marché national et ne tirent pas suffisamment profit des opportunités offertes par les espaces d’intégration économique de l’UEMOA, de la CEDEAO et de la ZLECAf. À cela s’ajoute, selon lui, une formalisation encore incomplète d’une partie du tissu entrepreneurial.

Le gouvernement entend ainsi « inverser cette trajectoire, filière par filière, territoire par territoire ».

Construire des chaînes de valeur autour des ressources nationales

Pour atteindre cet objectif, le Premier ministre a plaidé pour la construction de chaînes de valeur intégrées autour des ressources naturelles et agricoles du Sénégal, ainsi que des avantages comparatifs du pays dans le secteur des services.

L’objectif est de permettre à l’économie nationale de capter une part croissante de la valeur ajoutée générée sur le territoire.

Cette orientation passe également, selon lui, par la consolidation des zones économiques spéciales et des pôles industriels aménagés. Ahmadou Al Aminou Mohamed LO a, dans le même temps, insisté sur la nécessité de faire du contenu local dans la commande publique et les grands projets d’investissement un véritable principe d’action.

L’État comme « État stratège »

Le Premier ministre a par ailleurs défini le rôle que l’État entend jouer dans cette transformation économique. Il a estimé que celle-ci ne pouvait reposer sur la seule intervention publique.

« Cette transformation structurelle ne se fera pas par la seule volonté de l’État. Elle reposera d’abord sur vous : les entrepreneurs, industriels, commerçants et investisseurs qui portez, chaque jour, l’effort de création de richesses et d’emplois », a-t-il déclaré.

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Selon lui, l’État n’a « ni la vocation, ni les moyens de se substituer à l’initiative privée ». Sa mission doit plutôt consister à agir comme un État stratège, chargé de fixer le cap, de réguler, de sécuriser l’investissement et de lever les contraintes qui entravent le développement de l’initiative privée.

Dans cette logique, le chef du gouvernement a identifié trois attentes majeures des entreprises vis-à-vis de l’État : la prévisibilité des règles, la célérité de l’action administrative et le paiement de ses dettes.

La dette intérieure au cœur des préoccupations

La question de la dette intérieure occupe une place importante dans les échanges avec le secteur privé. Sur ce point, le Premier ministre a assuré que l’apurement de la dette intérieure serait poursuivi jusqu’à son terme.

« Le secteur privé national ne sera pas une variable d’ajustement de la trésorerie publique », a-t-il affirmé.

Le gouvernement entend ainsi répondre à l’une des principales préoccupations des entreprises, tout en créant un environnement davantage prévisible pour leurs activités.

Plusieurs réformes à finaliser avant fin 2026

Ahmadou Al Aminou Mohamed LO a également annoncé plusieurs chantiers que le gouvernement compte finaliser avant la fin de l’année 2026.

Il s’agit notamment des textes d’application du Code des investissements de 2025 et du cadre rénové des partenariats public-privé (PPP). Ces dispositifs doivent, selon le Premier ministre, contribuer à garantir la sécurité juridique, la protection contre l’expropriation et la liberté de transfert des capitaux.

Le gouvernement prévoit également de soumettre au secteur privé, pour commentaires et observations, le Code général des Impôts et le Code général des Douanes.

À ces chantiers s’ajoute la finalisation du projet de loi d’orientation sur le patriotisme économique.

Le Premier ministre a en outre annoncé que le gouvernement veillera, conformément aux orientations du Président de la République, à l’application consensuelle des recommandations issues des États généraux de l’Industrie, du Commerce et des PME/PMI.

Cinq axes au centre des échanges

La rencontre du 17 septembre doit permettre au gouvernement de recueillir les préoccupations et recommandations du secteur privé autour de plusieurs domaines prioritaires.

Les discussions portent notamment sur :

  • le cadre de dialogue entre l’État et le secteur privé ;
  • le traitement de la dette intérieure ;
  • l’amélioration de l’environnement des affaires ;
  • l’attractivité des territoires, l’industrialisation et le développement des filières ;
  • la mise en œuvre des projets catalytiques et la participation du secteur privé ;
  • l’implication du secteur privé dans le réengineering des entreprises en difficulté.

À travers cette rencontre, le gouvernement entend ainsi inscrire sa relation avec le secteur privé dans une démarche de concertation régulière et structurée, tout en faisant de l’entreprise nationale un acteur central de la transformation économique portée par l’Agenda « Sénégal 2050 ».