Au lendemain de la formation du gouvernement dirigé par Ahmadou Al amine Mohamed Lo, Ousmane Sonko est sorti de son silence pour livrer sa version de la rupture avec le président Bassirou Diomaye Faye. Face à la presse ce mardi, l’ancien Premier ministre a évoqué de profondes divergences politiques et accusé le chef de l’État de vouloir affaiblir Pastef.
Sonko affirme avoir été reçu au Palais après sa question d’actualité à l’Assemblée nationale, où Bassirou Diomaye Faye lui aurait annoncé la fin de leur compagnonnage. Refusant de présenter cette séparation comme une décision concertée, il dit avoir « attendu une discussion » avant d’être finalement limogé sans consultation préalable de Pastef, notamment sur la nomination d’Ahmadou Al amine Mohamed Lo.
Le leader de Pastef dénonce une stratégie visant à marginaliser son parti, évoquant des désaccords sur la dette, le FMI, la justice, les prix et la composition du gouvernement. Selon lui, la volonté présidentielle de réduire la place de Pastef et de promouvoir des technocrates traduisait une tentative d’affaiblissement politique.
Ousmane Sonko s’en est également pris à son successeur à la Primature, l’invitant à « se limiter aux chiffres » et affirmant connaître son rôle dans les tensions entre Pastef et le chef de l’État. « Nous savons tout », a-t-il averti.
Dans une rupture désormais assumée, Ousmane Sonko a désavoué les responsables de Pastef restés dans le nouveau gouvernement. « Pastef a zéro ministre dans ce gouvernement », a-t-il déclaré, menaçant de sanctions les membres du parti ayant conservé leurs portefeuilles.
L’ancien Premier ministre a par ailleurs révélé l’existence d’un « protocole de Cap Manuel » conclu avant la présidentielle de 2024 avec Bassirou Diomaye Faye, portant selon lui sur une transition politique et l’échéance de 2029.
Enfin, Sonko a distingué les ministres des directeurs généraux et responsables d’entreprises publiques, estimant que ces derniers occupent des fonctions techniques et peuvent rester en poste tant que cela ne compromet pas leur engagement politique.






















