Lors de la rentrée solennelle des Cours et Tribunaux, le Premier Président de la Cour suprême, Mouhamadou Mansour Mbaye, a apporté des réponses aux critiques visant l’institution judiciaire. Devant les hautes autorités de l’État, le corps diplomatique et les acteurs de la chaîne judiciaire, il a défendu une justice « consciente de son époque, mais insoumise à ses emballements ».
Dans un contexte social et médiatique marqué par une exposition croissante des décisions de justice, parfois contestées, le magistrat a rappelé que la mission fondamentale de l’institution — garantir la primauté du droit tout en préservant la paix civile — n’a jamais été simple, et l’est encore moins aujourd’hui. « Il appartient à la justice de tenir sa juste place », a-t-il affirmé, soulignant que celle-ci ne saurait se négocier avec l’émotion ou la clameur publique, mais doit se fonder sur la loi, la constance et la mesure.
Répondant aux reproches de lenteur, Mouhamadou Mansour Mbaye a élevé la retenue judiciaire au rang de vertu essentielle. Selon lui, la justice avance avec retenue non par crainte, mais par respect pour la gravité de sa mission. Il a mis en garde contre les dérives que constituent à la fois la précipitation, qualifiée de « trahison du droit », et la complaisance envers l’air du temps, assimilée à une abdication de responsabilité.
Le Premier Président a enfin réaffirmé avec force le principe d’indépendance de la magistrature, qu’il a présenté non comme un privilège accordé aux juges, mais comme une garantie constitutionnelle offerte aux justiciables. Cette indépendance, a-t-il insisté, demeure le socle indispensable d’une justice crédible, équitable et respectueuse de l’État de droit…




















