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Recrutement d’enseignants-chercheurs Sénégalais en Guinée : les conséquences pour les universités publiques

Université de Dakar - Sénégal, UCAD Dakar, Université Cheikh Anta Diop de DAKAR, UCAD Dakar - Sénégal

L’enseignement supérieur sénégalais vacille après la révélation du recrutement de 59 de ses enseignants-chercheurs par la Fonction publique guinéenne. Entre la menace d’une désorganisation profonde des facultés, l’arrêt brutal de l’encadrement des thèses et une fuite de cerveaux sans précédent, le système universitaire risque de vaciller.

Face à ce péril pour l’excellence nationale, le ministère de l’Enseignement supérieur a ordonné aux recteurs de prendre des mesures d’urgence pour freiner une hémorragie qui pourrait paralyser les laboratoires et les amphithéâtres du pays.

La décision de 59 enseignants-chercheurs de rejoindre la Fonction publique guinéenne, alors qu’ils sont en poste au Sénégal, crée une onde de choc au sein des universités publiques sénégalaises. Cette situation engendra des conséquences majeures à plusieurs niveaux si les personnels annoncés décidaient de quitter les universités publiques du pays : il y a la fragilisation de la continuité pédagogique, le départ simultané d’une soixantaine de cadres académiques représente une perte brutale de capital humain ; la désorganisation des départements.

Car, les facultés concernées risquent de se retrouver sans titulaires pour certains cours spécialisés, notamment en milieu d’année universitaire.

Quid de l’encadrement des thèses ? Bien sûr, le suivi des étudiants en Master et Doctorat pourrait être interrompu, retardant les soutenances et pénalisant le parcours des étudiants sénégalais.

Le Sénégal, qui ambitionne de rester un hub d’excellence régional, voit ses ressources s’effriter au profit de la Guinée. Cette fuite de cerveaux institutionnalisée souligne un problème d’attractivité ou de conditions de travail qui pourrait inciter d’autres chercheurs à suivre le même chemin.

Dans le cadre de la production scientifique, les laboratoires de recherche sénégalais perdent des contributeurs actifs, ce qui pourrait faire baisser le volume de publications nationales. Face à cette situation inédite, le ministère de l’Enseignement supérieur a ordonné aux recteurs de prendre des mesures rapides pour régler cette affaire «préoccupante».