Professeur Amadou Mahtar Mbow, ancien DG de l’UNESCO : “L’Afrique a manqué de l’apport constant de sa jeunesse…”

Ancien ministre de l’Education nationale, Amadou Mahtar Mbow a profité d’un colloque tenu au Maroc pour inviter les pays africains à accorder une place privilégiée à l’éducation et à la formation des jeunes, pour assurer le développement du continent.

L’éducation des jeunesses africaines préoccupe au plus haut niveau le professeur Amadou Mahtar Mbow. D’ailleurs, l’ancien directeur général de l’Unesco ne cesse d’exprimer ses préoccupations, à chaque fois que l’occasion se présente.Amadou Makhtar Mbow sur les Assises Nationales, Institut des Assises

Invité au symposium intitulé : “L’intégration des jeunes : une priorité pour le développement durable en Afrique” initié par l’Institut des études africaines et la fondation Miftah Essaad pour le capital immatériel du Maroc, dans le cadre de la célébration des 30 ans de l’institut, Amadou Mahtar Mbow a principalement axé son discours inaugural sur le rôle de la jeunesse. Selon l’ancien ministre de l’Education nationale, l’espoir d’un avenir meilleur repose, en grande partie, sur les aptitudes qui seront données à la jeunesse, féminine et masculine, ainsi qu’au rôle qui lui sera assigné au sein de chaque nation, dans tous les secteurs et à tous les niveaux de la production et des services. Mais c’est dans le domaine de la recherche scientifique et technique et de l’innovation, clé de l’avenir, que leur rôle sera déterminant.

D’où, selon lui, toute l’importance qu’il y a lieu d’accorder à l’éducation et à la formation de la jeunesse (filles et garçons ensemble) à tous les niveaux.

Par éducation, il entend non seulement l’”initiation aux connaissances acquises dans le monde et qui ont fait avancer les diverses sociétés, mais aussi la connaissance de soi et des autres à travers ce qui fait le fondement essentiel de chacun, à savoir la culture et, dans celle-ci, les valeurs qui la sous-tendent’’.

“En Afrique, je pense que nous devrions nous efforcer de sauvegarder, à travers l’éducation et l’information au sens large du terme, les valeurs qui ont fait la force de nos sociétés pendant les périodes les plus douloureuses de notre histoire. Il s’agit notamment du sens de la responsabilité, de celui de la solidarité et de l’entraide au sein de la famille et, par-delà celle-ci, au sein de la communauté nationale à laquelle on appartient, sans oublier la nécessaire solidarité africaine et l’intégration régionale qui permettront de surmonter les faiblesses nées de nos divisions’’, déclare-t-il.

Relevant ainsi que “l’Afrique a sans doute manqué, durant une longue période de son histoire, de l’apport consistant de sa jeunesse, privant ainsi leurs sociétés de leurs éléments les plus aptes à y impulser des changements qualitatifs’’.

A cela, il ajoute le fait que durant la période coloniale, l’enseignement était peu développé et que les jeunes indigènes n’accédaient qu’aux écoles les préparant à des fonctions subalternes dans l’administration et le commerce. Le changement, selon lui, ne commence à s’amorcer qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Et c’est seulement avec les indépendances que l’enseignement est ouvert largement et que les universités modernes fleurissent. “Celles-ci ont donc une grande responsabilité dans la formation et la recherche aussi fondamentale que pratique, qui doivent changer le destin du continent’’, estime-t-il. 

               ♦ EnQuete

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