.
Accueil Articles en avant PRÉSENTATEUR DU JOURNAL PARLÉ Á L’ORTS : Mame Less Camara relègue au...

PRÉSENTATEUR DU JOURNAL PARLÉ Á L’ORTS : Mame Less Camara relègue au second plan le retour de voyage du président Diouf

Mame Less Camara
❤️ Soutenez La Vie Sénégalaise
Votre soutien nous aide à produire une information libre et indépendante.
💙 Faire un don
La Vie Sénégalaise + Google News
Ajoutez La Vie Sénégalaise à vos sources Google
Retrouvez plus facilement nos dernières actualités dans Google Actualités.

Dans le torrent des témoignages consécutifs à la mort de Mame Less Camara, un souvenir reste gravé dans la mémoire des intimes. Il s’agit de ce 7 février 1986 qui coïncide avec deux événements : la mort du professeur Cheikh Anta Diop et le retour d’Egypte du président Abdou Diouf. Mame Less, présentateur du Jt du soir décide d’ouvrir l’édition par la disparition du « Pharaon », la hiérarchie lui oppose un niet catégorique. Less reste inflexible. Et finit par payer sa témérité. Car, il est affecté plus tard au service culturel de la RTS.

La mort de Mame Less Camara, journaliste, a plongé le Sénégal notamment la famille de la presse dans une profonde consternation. Journaliste et enseignant-formateur, Mame Alioune Less Camara est décédé ce samedi 29 avril 2023 à l’hôpital Principal de Dakar. Figure emblématique du journalisme, Less, pour les intimes et certains de ses étudiants, laisse le souvenir d’un virtuose du verbe. A l’oral comme à l’écrit, celui qui a signé pendant quelque dix ans une chronique hebdomadaire sous le pseudonyme Abdou Sow, a fait montre d’un talent rare. Dans le torrent des témoignages à l’endroit du disparu, Mame Less Camara reste un professionnel intransigeant, brillant et intègre. Titulaire d’une maîtrise de philosophie avant de réussir au concours d’entrée au CESTI, Mame Less a séduit plus d’un par sa profonde culture littéraire.

A la RTS (service public) où il a démarré sa carrière de journaliste, Mame Less Camara porte l’empreinte sonore de « Face à face », une des meilleures émissions radiophoniques du pays. Son passage à la RTS est loin d’être un long fleuve tranquille. Média hyper-contrôlé avant le pluralisme médiatique, tout était passé à la loupe avant diffusion. Mame Less en raconte une anecdote. On est le 7 février 1986, une date qui rappelle la mort du professeur Cheikh Anta Diop. La nouvelle de la disparition du scientifique coïncide avec le retour du Président Abdou Diouf, alors en voyage officiel en Egypte. Présentateur du journal du soir, Mame Less Camara considère que la mort du « Pharaon » doit être en tête dans la hiérarchie des titres. En dépit de cette évidence, on oppose à Mame Less un niet catégorique. Ces contradicteurs donnent, en effet, la primauté des informations au retour de voyage du président Diouf. Une pratique courante surtout qu’à l’époque, Djibo Kâ était ministre de l’Information et des Télécommunications. Less reste intransigeant. Il finit par imposer sa titraille avec en tête la mort du professeur Cheikh Anta Diop. Cette témérité passe mal aux yeux des « patrons ». Car l’autorité l’affecte, plus tard, au service culturel de la RTS, loin du journal parlé.

Félix DIAGNE – laviesenegalaise.com