Le Front syndical pour la défense du travail annonce avoir déposé, le 11 mars 2026, un préavis de grève adressé au ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public. Cette décision fait suite à une résolution prise lors d’une réunion tenue le 5 mars 2026.
Dans leur correspondance, les organisations syndicales expliquent que ce préavis est déposé conformément aux dispositions des articles L.272 et L.273 du Code du travail et couvre la période légale prévue par la réglementation en vigueur.
Le Front syndical indique que cette initiative intervient en raison de l’absence de réponses satisfaisantes aux nombreuses revendications soulevées par les travailleurs dans plusieurs secteurs d’activité. Les syndicats dénoncent notamment le non-respect de certains engagements contenus dans le Pacte national de stabilité sociale, en particulier la non-réintégration de travailleurs licenciés dans certains ministères et dans le secteur parapublic.
Les organisations syndicales évoquent également le caractère jugé inéquitable de l’octroi de l’indemnité de logement, qui continue d’exclure certaines catégories d’agents de l’État. Elles soulignent par ailleurs les incertitudes entourant l’avant-projet de Code du travail pourtant adopté en Conseil consultatif national du travail et de la sécurité sociale, ainsi que les retards constatés dans l’application de plusieurs accords sectoriels signés avec les syndicats.
Le Front syndical dénonce aussi des violations répétées des libertés syndicales et les ponctions opérées sur les salaires des agents en grève, alors que ces derniers exercent, selon lui, un droit constitutionnel dans le cadre de revendications portant sur les conditions de rémunération, la protection sociale et la réforme du système de retraite.
Dans ce préavis, les syndicats formulent une série de revendications, parmi lesquelles la réintégration de travailleurs licenciés dans les ministères et le secteur parapublic, mais aussi celle de dirigeants syndicaux dans certaines entreprises comme SEN’EAU, les Grands Moulins de Dakar et le Port autonome de Dakar.
Ils demandent également l’application effective des accords sectoriels signés avec les organisations syndicales, la généralisation de l’indemnité de logement aux agents contractuels de la santé et aux personnels administratifs et techniques des universités, ainsi que son extension au secteur parapublic.
Le document évoque aussi la nécessité de régler plusieurs contentieux sociaux, notamment dans les secteurs du transport, de la petite enfance et des structures sociales. Les syndicats réclament en outre l’apurement du passif social et le paiement des droits des travailleurs d’entreprises liquidées comme GOTRAC, SIAS, AMA-Sénégal ou encore EXIMCOR Afrique.
Parmi les autres points soulevés figurent la préservation des emplois menacés dans certaines entreprises parapubliques, la baisse de l’imposition sur les salaires, l’octroi de terrains d’habitation aux coopératives de travailleurs, ainsi que la revalorisation des pensions de retraite de l’IPRES et du FNR avec la possibilité de prolonger l’âge de départ à la retraite jusqu’à 65 ans.
Les syndicats demandent également la finalisation des textes d’application relatifs à la revalorisation salariale dans les collectivités territoriales, la levée de la suspension de l’accord collectif d’entreprise de la RTS et la signature de l’arrêté d’extension de la convention collective du secteur des hydrocarbures.
Dans le secteur de l’éducation, ils appellent notamment à la résorption du déficit d’enseignants et de chercheurs, à la mise en œuvre des passerelles professionnelles et à la correction du système d’imposition sur les rappels des enseignants.
Le Front syndical précise qu’au terme du délai prévu par ce préavis, et en l’absence de réponses jugées satisfaisantes de la part du gouvernement, il se réserve le droit de mettre en œuvre un plan d’action approprié, incluant toutes les formes de mobilisation légales pour la défense des droits et intérêts des travailleurs.
Le document est signé par les secrétaires généraux de plusieurs centrales syndicales membres du Front syndical pour la défense du travail, dont la CNTS, l’UNSAS, la CSA, la UDTS, la CDSL, la FGTSA, l’UTS, l’UNTD, l’USDS et la CGTDS.





















