Plaidoyer pour une appropriation du « Ceebu Jën », le plat national du Sénégal

Le directeur du patrimoine culturel, Oumar Badiane, appelle à une appropriation du « Ceebu Jën », le plat national du Sénégal, lequel, dit-il, a « une implication très forte dans l’économie du pays ».Riz au Poisson Sénégal
Le « Ceebu Jën » a été inscrit en décembre dernier au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, l’agence des Nations unies en charge de l’éducation, de la science et de la culture, une reconnaissance internationale et « une marque de fierté que l’on partage avec le monde », a dit M. Badiane dans un entretien accordé à l’APS.

« Ce qui doit suivre, c’est une appropriation nationale de tous les acteurs. Que les médias, les communautés, les acteurs du tourisme s’en approprient », plaide-t-il.

Oumar Badiane estime que le ministère de la Culture a fait le travail technique nécessaire, en terme notamment de déclinaison sur des supports, catalogues et films de présentation des expressions du patrimoine culturel.

Aussi tous les Sénégalais doivent-ils s’approprier la promotion du « Ceebu Jën » et ne pas considérer que c’est de la seule responsabilité de la direction du patrimoine culturel ou du ministère de tutelle.

Selon lui, « tous les acteurs doivent s’y prendre », en particulier ceux qui vendent la destination Sénégal, « parce que le +Ceebu Jën+ a une implication très forte dans l’économie nationale vu que les recettes impliquées dans ce repas sont pour l’essentiel’’ des produits que l’on retrouve au Sénégal, fait-il remarquer.

La recette culinaire du « Ceebu Jën » soutient une politique d’équilibre économique, a relevé le directeur du patrimoine culturel. Il rappelle que ce plat a suffisamment vendu le Sénégal au point que dans certains pays de la sous-région, comme au Nigeria et au Ghana, on parle de « Jolof Rice ».

« C’est un patrimoine partagé. Le Ceebu Jën, s’il est accepté dans un pays au point de refléter une identité, une reconnaissance, c’est un rayonnement que le Sénégal gagne, parce qu’il développe un amour pour les Sénégalais, pour les valeurs, pour un art culinaire et pour le génie créateur sénégalais », a analysé Oumar Badiane.

La direction du patrimoine culturel note que des axes de collaboration gouvernementale sont en œuvre pour cette appropriation nationale.

Il s’agit par exemple du projet de revalorisation de la production du riz de la vallée, cultivé au nord du Sénégal. Cela constitue, à l’en croire, une valeur ajoutée économique pour le « Ceebu Jën ».

Un échange se fait à ce sujet entre la direction du patrimoine culturel et le ministère des petites et moyennes entreprises dans le cadre de la Semaine nationale du consommer local, selon M. Badiane.

Le Centre national des ressources éducationnelles a aussi saisi la direction du patrimoine culturel pour apporter sa contribution au projet visant la réalisation d’une cartographie de la gastronomie traditionnelle du Sénégal, a-t-il signalé.

De même, l’Agence sénégalaise de promotion touristique (ASPT) porte de son côté le plaidoyer auprès des hôteliers, pour qu’il y ait au moins une journée pendant laquelle le « Ceebu Jën » entrera définitivement dans la programmation gastronomique des grandes chaînes hôtelières.

Au niveau international, Oumar Badiane rappelle qu’il n’y a aucune grande cérémonie dans les représentations diplomatiques sénégalaises où le « Ceebu Jën » n’est pas offert aux convives.

« Il y a toute une chaîne de construction économique en cours qui se fera par étape, de façon dynamique et évolutive », insiste-il.

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Source APS
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