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Plaidoyer pour l’autorité parentale conjointe : Les Femmes de la diaspora appellent à une réforme du Code de la Famille

Ndeye Aminata Samb fait un Plaidoyer pour l’autorité parentale conjointe

À l’approche de la Journée de la Diaspora sénégalaise, récemment instaurée par le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, les voix des femmes sénégalaises établies à l’étranger s’élèvent pour rappeler une doléance vieille de plusieurs décennies : la révision urgente du Code de la Famille concernant l’autorité parentale.

Dans un manifeste publié depuis Tenerife, Ndeye Aminata Samb, présidente de l’association Yaakar Esperanza et présidente de la plateforme CASAC (Coordination des Associations Sénégalaises des Îles Canaries), a salué l’initiative présidentielle consacrant une journée dédiée à la diaspora, qui contribue à hauteur d’un tiers au PIB national avec plus de 2 000 milliards d’investissements annuels. Mais elle en profite surtout pour attirer l’attention sur une problématique persistante, touchant particulièrement les femmes vivant hors du pays.

Un Code de la Famille jugé obsolète

Depuis 1970, l’article 277 du Code de la Famille confère l’exclusive autorité parentale au mari, considéré comme le seul chef de famille. Cette disposition prive la femme de la possibilité d’exercer légalement l’autorité parentale, même dans des situations exceptionnelles.

Pour les femmes de la diaspora, cette règle entraîne des conséquences lourdes, notamment lors des démarches de regroupement familial, où l’accord du père est indispensable. De nombreuses mères divorcées se retrouvent ainsi bloquées face au refus de leur ex-conjoint d’autoriser leurs enfants à voyager ou à bénéficier de droits offerts par les pays d’accueil.

Un appel pressant à une réforme législative

Les organisations féminines militent depuis des années pour que l’autorité parentale devienne conjointe, conformément aux standards internationaux et à l’évolution du rôle de la femme dans la société.

Ndeye Aminata Samb exhorte les autorités à profiter de la Journée de la Diaspora pour introduire un projet de loi réformant cette disposition, et appelle également les députés de la diaspora à défendre cette cause à l’Assemblée nationale, que ce soit à travers une proposition de loi ou par une question orale adressée au gouvernement.

Un enjeu d’égalité et de justice sociale

Pour les femmes de la diaspora, cette réforme serait une « avancée historique » et une reconnaissance du combat mené par les femmes sénégalaises pour la parité, la justice familiale et l’inclusion genre.

Le manifeste se conclut sur un message d’espoir : que la voix des femmes soit enfin entendue, et que le Sénégal modernise son arsenal juridique afin de répondre aux réalités familiales actuelles.

Fait à Tenerife, le 12 décembre 2025