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Cadre dirigeant, enseignant-chercheur, président de l’association «Mains Solidaires», auteur de trois ouvrages publiés. Paul Sédar Ndiaye emmagasine les fréquences littéraires et culturelles. Aujourd’hui, il prépare son quatrième ouvrage en cours. Son ambition phare c’est de : brancher le management façonner le paysage socioculturel du sénégalais.
Quand on lui demande qui il est hors titres, il répond : _ »Quelqu’un qui écoute. C’est le seul métier que j’aie vraiment appris. »_
Pour lui, l’entreprise a forgé sa rigueur, la radio son écoute, l’enseignement sa clarté, l’écriture son acceptation du doute. Il n’a pas « changé de vie ». Il a laissé ses expériences dialoguer. C’est de cette conversation que sont nés ses livres.
Dans son premier essai, il prend une valeur culturelle et en fait un outil de management. La question revient souvent : n’est-ce pas du « vernis africain » sur des théories de Boston ?
Sa réponse est tranchante : « La Teranga peut finir en mot décoratif sur une diapositive. Si elle ne change pas la façon dont on accueille un nouveau collaborateur, elle ne sert à rien. »
Il pointe l’écart : on sait recevoir un inconnu avec un bol de couscous, mais on peut ignorer un agent pendant trois semaines. Pour lui, la Teranga relève de l’intelligence émotionnelle. Les femmes de son village la pratiquaient avant les business schools. « Je ne demande pas de jeter Drucker. Je demande qu’on cesse de croire qu’on n’a rien à poser à côté. »
» Un élève sénégalais sort du lycée en sachant qui était Socrate. Il en sort sans savoir qui était Kocc Barma Fall. »_ Ce n’est pas une provocation, dit-il. C’est un constat. La pensée de Kocc Barma sur le pouvoir et la loyauté tient encore debout quatre siècles plus tard. « Il manque quelqu’un pour l’écrire au tableau. Et qu’on la discute. »
Avec » Les Larmes de Mossane », il quitte les chiffres pour les dépêches qu’il n’arrivait plus à lire. Une major au BFEM, un viol, un rejet, Dakar, et une pirogue partie de Thiaroye à 3h du matin. « Chaque pirogue qui part est un procès-verbal contre nous. Barça wala barsakh décrit d’abord un pays qui n’a rien laissé. »
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Avec » L’Équilibre du cœur », il s’attaque au couple, « première organisation humaine ». Une belle-mère y brandit l’adage de Kocc Barma pour semer le doute. « Aujourd’hui, l’adage a un nouvel allié : il tient dans une poche et il s’allume la nuit. »
Son échec marquant : Bignona, 2005. Il rate le poste de chef d’agence. Le DR l’appelle à 21h pour l’annoncer. « Un chef qui prend le temps de porter une mauvaise nouvelle, ça ne court pas les rues. » Un an plus tard, Tambacounda le forme mieux. « Le poste que je n’ai pas obtenu m’a formé plus vite. »
À la tête de Mains Solidaires depuis 2016, il applique la consigne de sa mère : « travaille pour avoir ton bol, et quand tu l’as, ne mange pas seul. » « Écrire sur la dignité sans rien faire pour elle, ça s’appelle de la décoration. »
Il ne « réclame » aucune place.
Elle viendra des lecteurs.
Son 4e livre est en chantier : un essai sur ce que la sagesse sénégalaise peut apporter à ceux qui dirigent. Il croit encore à l’école : à Saly Vélingara, des élèves « dont on répète qu’ils ne lisent plus » l’ont « épaté » lors d’un atelier d’écriture.
Sa conclusion : » Si quelqu’un referme un de mes livres avec une question de plus, j’ai fait mon travail. J’ai publié mon premier livre à cinquante ans. Je ne suis pas pressé, je suis en retard . »
Paul Sédar Ndiaye ne choisit pas entre performance et humanité. Il veut réconcilier le proverbe et le tableau de bord, le village et l’entreprise, la littérature et l’action. Une contribution pour cesser de croire qu’il n’y a « rien à poser à côté » des modèles importés.
Auteur : Par Papa S Traoré






















