Ouverture des classes : les acteurs du système pour une école sénégalaise viable, fiable et pacifique

Le séminaire de rentrée des classes 2021-2022 a été clos ce week-end à Saly. De fortes recommandations ont été dégagées par les différentes familles d’acteurs du système éducatif pour une école sénégalaise viable, fiable et pacifique.

A la veille de la rentrée prévue le 14 octobre, les autorités mettent le turbo pour une année apaisée. Le ministre de l’Education nationale, Mama­dou Talla, a présidé, ce week-end, la cérémonie de clôture du séminaire de rentrée des classes. Les organisations de la Société civile et des Ape, les organisations syndicales, l’Union des associations des élus locaux, le Haut conseil du dialogue social et le Conseil économique et social ont salué les acquis obtenus et qu’il faut encore consolider. Par contre, ils ont condamné les actes d’incivisme posés par des élèves à certains endroits pour manifester la fin de l’année 2020-2021.
Dans le cadre des projets relatifs à l’éducation aux valeurs, la Société civile a salué les initiatives concrètes entreprises par le ministère de l’Education nationale par la mise en place d’un cadre pour la promotion de l’équité, de l’égalité entre les sexes, du bannissement de la violence. Pour Cheikh Mbow, ce pari est rendu possible par la création de bureau genre dans les inspections de l’éducation et de la formation, l’élaboration de guide et de module genre, l’élaboration d’un code de conduite de déontologie et d’éthique, l’élaboration d’un document d’éducation au développement durable et la proclamation de serment de l’enseignant à la sortie de sa formation. A la lecture du rapport produit par la Société civile et les parents d’élèves, le Secrétaire exécutif de la Cosy­dep a dénoncé la perte des valeurs notée au sein des structures d’éducation et de formation. Sans oublier le manque de formation du personnel enseignant à l’éducation aux valeurs, des dissonances et des incohérences des valeurs autour desquelles s’articulent les disciplines enseignées, des contenus et des documents de référence en décalage par rapport aux évolutions législatives, institutionnelles et cognitives, la non-révision des curricula entre autres.
Fort de ce constat, les organisations de la Société civile et des parents d’élèves reconnaissent unanimement que le système éducatif sénégalais traverse une crise endémique. «L’école est fréquemment secouée par une violence physique verbale, morale, psychologique faite par les apprenants eux-mêmes ou sur leurs enseignants, des grèves interminables d’élèves ou d’enseignants, des parents qui laissent faire et un Etat qui ne se soucie pas de ses engagements», déplore Cheikh Mbow.
Pour renouer l’école avec son projet fondateur, il faut inéluctablement, selon la Société civile, agir sur les programmes curricula et formation. A ce niveau, il est recommandé d’accorder toute l’importance requise à l’éducation aux valeurs lors des processus d’élaboration du programme de l’éducation aux valeurs du niveau préscolaire au moyen-secondaire. Il faut aussi agir sur l’espace multimédia et le numérique, la vie scolaire et universitaire et les pratiques civiques.


Abondant dans le même sens, les organisations syndicales du G7 ont salué la démarche inclusive et participative du ministre de l’Education nationale. La feuille de route et les mesures pra­tiques pour l’année scolaire 2021-2022 stabilisées aideront à leur avis, si elles sont minutieusement et rigoureusement suivies, à bâtir un climat social apaisé.


Leur porte-parole, Amidou Diédhiou, par ailleurs Secré­taire général du Sels, explique : «Voici deux ans que les organisations syndicales regroupées au sein du G7 observent une accalmie, des années sabbatiques pour ce qui concerne le mouvement de grève. Nous l’avons fait et sommes prêts à le refaire au nom du patriotisme et du sens élevé des responsabilités qui s’imposent à nous.»


Dans leur résolution, les organisations syndicales rappellent que notre école a besoin de stabilité, de bonnes performances, d’une synergie de toutes les forces vives. «Et pour cela, il faudra, soulignent-t-ils, juste des actes forts pour motiver les enseignants, des actes forts pour sécuriser les enseignants et l’école.» Selon le Secrétaire général du Sels, ces actes forts permettront à coup sûr de renouer avec le fil du dialogue social longtemps rompu et de vider certains aspects essentiels, à savoir le respect des accords signés avec les enseignants et co-signés dans protocole du 30 avril 2018.


A la fin des travaux, sept recommandations phare ont été retenues : mieux assurer le portage de revendication relavant des autres départements ministériels, prendre des mesures nécessaires en rapport avec les familles d’acteurs pour un démarrage effectif des apprentissages dès le premier jour de la rentrée des classes, systématiser les progressions harmonisées et les évaluations standardisées à tous les niveaux, renforcer la formation du personnel enseignant et administratif des structures, encourager l’utilisation du numérique à l’école, rendre plus effective l’éducation aux valeurs et à la citoyenneté dès le début de la présente année scolaire et assurer une meilleure prise en compte de l’éducation aux valeurs et à la citoyenneté par une bonne exploitation des conclusions issues du séminaire de rentrée 2021-2022.


Après avoir écouté religieusement les différentes préoccupations des acteurs de l’éducation, Mamadou Talla a indiqué qu’il ne ménagera aucun effort pour la mise en œuvre, dès cette rentrée, de toutes les préoccupations, principalement celles relatives à l’apaisement du climat social et à la systématisation de l’éducation aux valeurs.

 

Badé SECK

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