Lors d’un entretien diffusé ce lundi sur France 24 et Rfi, le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Ousmane Sonko, a clarifié sa position sur les rapports entre le pouvoir législatif et l’exécutif, notamment concernant une éventuelle motion de censure contre le gouvernement.
Interpellé sur une déclaration faite le 2 juin dernier — « Si le Pastef veut, le gouvernement peut être censuré, mais nous ne censurerons pas » — le leader de Pastef a tenu à nuancer ses propos. Selon lui, il n’a jamais été question d’accorder « un chèque en blanc » au président de la République ou au gouvernement.
« Nous ne sommes pas là pour entraver l’action de l’exécutif. Autant que possible, nous ne censurerons pas », a-t-il expliqué, tout en précisant que l’Assemblée nationale ne s’interdira pas d’utiliser ses prérogatives constitutionnelles si les circonstances l’exigent.
Le président de l’Assemblée nationale a insisté sur le fait que la majorité parlementaire ne sera pas engagée dans « des logiques politiciennes » visant à affaiblir le gouvernement ou à régler des comptes politiques. Toutefois, il a averti que des situations exceptionnelles pourraient conduire à une censure.
« Si des cas nécessitent une censure, c’est une prérogative constitutionnelle de l’Assemblée nationale. Nous n’hésiterons pas à l’utiliser », a déclaré Ousmane Sonko.
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Abordant les relations institutionnelles entre les différents pouvoirs, il a rappelé que la Constitution définit clairement les rôles de chacun. Selon lui, l’exécutif conduit la politique de la Nation, tandis que l’Assemblée nationale vote la loi, contrôle l’action gouvernementale et veille à la bonne exécution des politiques publiques.
« Nous n’avons pas forcément besoin d’être de grands amis pour que ça marche. Il faut que chacun respecte les règles », a-t-il affirmé.
Interrogé également sur l’éventualité d’un recours à l’article 52 de la Constitution, qui permet au président de la République de prendre des mesures exceptionnelles, Ousmane Sonko a estimé que cette disposition est « très bien encadrée ».
Il a rappelé que les actes pris dans ce cadre doivent être soumis à l’approbation de l’Assemblée nationale dans un délai de quinze jours. « Cela ne diminue pas les pouvoirs de l’Assemblée nationale », a-t-il soutenu, soulignant que le contrôle parlementaire demeure, même si l’approbation intervient a posteriori.
Le président de l’Assemblée nationale a enfin appelé à la retenue et à la sagesse, estimant que la situation du pays exige de toutes les institutions qu’elles privilégient « exclusivement les intérêts du pays ».






















