Opinion : Éducation, Violence, Buzz et culture… ?

Les rixes mettant en scène des violences en milieu scolaire et universitaire ont affecté tous les sénégalais de bonne foi.


Dans les réseaux sociaux, les scènes se sont répandues comme une traînée de poudre et ont choqué tous ceux qui sont favorables à la bonne éducation ; des professeurs violentés, des salles de prof incendiés, des feuilles de cahiers de TP et autres matières déchirées et éparpillées dans la cour de l’école, des restaurants saccagés, des micros arrachés…On se demande : pourquoi tels actes deviennent de plus en plus fréquentes ? À mon humble avis, une certaine presse est entièrement responsable car avec des émissions concoctées par des chroniqueurs et animateurs limités, elle n’apporte aucune valeur ajoutée pour la société. Cette valeur ajoutée qui devait être un minima de l’information pour la réflexion, la prise de conscience et la responsabilité pour avancer et faire avancer le pays est devenue la quête du « BUZZ » par tous les moyens possibles. Malheureusement, ces moyens tournent autour de termes vulgaires utilisés, relayés, adoptés et même épousés par la plupart des sénégalais ; exemple : « LAYAMLAYAMI », pour être servis dans les interventions des uns et des autres. Des anti-valeurs et anti-modèles sont invités tour à tour sur les plateaux de télévisions et occupent les unes de nombreux journaux.

La multiplication et la prolifération des offres de média ont offert plus de choix mais ont également commencé à saturer l’offre à tel point que l’objectif d’un média n’est plus d’éduquer d’informer ou de former, mais de capter l’attention de la société sur des futilités, la perversion, la violence, la défiance à l’autorité pour faire le Buzz. Des séries de « télé-irréalités » inventées dans l’intérieur de la perversion, de la débauche et du dévergondage sont suivies par une jeunesse mal préparée qui, par la pédagogie de l’exemple, usent de certains faits pour ressembler aux actrices et acteurs.

Avec internet, cette situation est portée à un niveau très élevé. On est comme dans un océan; on se noie tous au milieu de toutes ces matières inutiles, ces dérives utilitaires véhiculées par des soi-disant producteurs, activistes, acteurs et tous metteurs en scène inconscients.

La forme l’emporte sur le fond, aucune vulgarisation éducative et formatrice pour les plus jeunes qui ont besoin de repères. Le ver est vraiment dans le fruit. Des expressions radicales, des mots aguicheurs, des paroles débilitantes à l’endroit des autorités politiques, religieuses et coutumières sont déversées partout et à la moindre occasion par une certaine classe politique.

En matière de valeur humaine, on frise le néant absolu de nos jours. Ceci aurait été dommageable à cette époque si un Madiambal DIAGNE, un Mamadou Ibra KANE, un Khalifa DIAKHATÉ, un Cheikh Yerim SECK ou un Abdoulaye DER n’était pas là pour orienter et remettre bien des fois, les choses à leur place.

Ce qui fait le plus aberrant, c’est la propension à qualifier un patriote comme étant quelqu’un qui est contre le régime en place et qui l’insulte à tout-va.

Tous ceux qui font la promotion de ce nouveau type de sénégalais font du trafic de valeurs et monopolisent l’attention pour la détourner de l’essentiel. Ils essaient à longueur de journée à formater l’esprit, les attentes et aspirations de la jeunesse par des discours populistes, mensongers et manipulateurs.

Nous assistons inconsciemment à une monétisation de la médiocrité par la promotion. Un Ouzin KEITA, un Pawlish MBAYE, un Kalifone ou un Adamo, ces clones ignorants, cancres, tombant toujours du côté obscur sont suivis par des milliers de sénégalais.

Si l’avenir de nos médias est de faciliter à des médiocres leur promotion, laissez-moi vous dire que le Sénégal ne sera jamais un pays émergent. Si gagner de l’argent est au dessus de la perfection, alors je suis vraiment désolé de le dire; la violence sous toutes ses formes gagnera tous les centres concentriques : même l’Assemblée Nationale ne sera pas épargnée si un Ousmane SONKO et un Mbery SYLLA sont réélus comme députés.



Malick Wade GUÈYE depuis Marseille



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