Matam : Le pénible quotidien des femmes de Bondji pour s’approvisionner en eau

L’on se croirait au moyen âge ! Alors que nous sommes bien dans le 21e siècle au cœur du troisième millénaire. La localité de Bondji dans le département de Kanel vit une pénurie d’eau sans précédent. Dans les réseaux sociaux, tous s’indignent, s’alarment et affichent leur soutien aux populations durement éprouvées, constate laviesenegalaise.com. Mais, les élus ne sont pas restés les bras croisés.

 

 

Difficile de trouver de l’eau à Bondji. Les populations de cette zone appelée « Lowrée », dans la commune de Bokiladji vivent un véritable calvaire. C’est la croix et la bannière pour se procurer de l’eau dans cette zone située dans le département de Kanel. Une situation insoutenable dénoncée par plusieurs jeunes à travers les réseaux sociaux suite à l’alerte lancée par le directeur de l’école du village. La localité n’a pas de forage si ce n’est un simple château pour toute la zone, comme l’indique le directeur de l’école de Bondji. A l’en croire, cette situation complique d’ailleurs la reprise des cours. Car, dans ce contexte de pandémie à Covid19, l’eau est plus qu’une nécessité pour respecter et faire respecter les mesures barrières. Le directeur de l’école, M. Idy Ba estime qu’il est impératif que les autorités soient informées de la situation pour y remédier.

Abondant dans le même sens, Djiby Mbaye, un habitant du département de Kanel, qui est au fait de cette situation nous confie, « les femmes creusent des trous dans les marées perdues avec des enfants dodelinant sur le dos à la recherche du liquide précieux. Pire, les femmes des zones rurales sont laissées à elles-mêmes sans assistance, ni intervention pour atténuer leur souffrance, elles ne savent plus à quel Saint se vouer ».

Toujours d’après notre interlocuteur, c’est sous le soleil de plomb que les femmes de la localité parcourent des kilomètres à la recherche du liquide précieux dans des marrées jadis réservées pour faire abreuvoir le cheptel des transhumants, ou des animaux domestiques. Ainsi, il invite l’Etat du Sénégal à intervenir pour étancher la soif de cette population avant que l’irréparable se produise.

Cet appel ne semble pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Le maire de Bokiladji, Alassane Mbaye Thiam, assure que ce problème sera bientôt un mauvais souvenir. Dans un entretien téléphonique avec nos confrères de Seneweb, l’édile de la commune rassure : « les techniciens déployés sur les lieux sont à pied d’œuvre pour régler la situation dans les meilleurs délais ». Ceci au grand bonheur des populations, notamment des femmes dont le quotidien se résume à la recherche du liquide précieux pour les besoins vitaux.

En effet, le Maire informe qu’une équipe a été déployée dans la localité, il y a seulement 4 jours, pour venir en aide aux populations et leur bétail qui ont toujours souffert d’un manque d’eau.

Selon le maire Alassane Mbaye Thiam, interrogé toujours par Seneweb, le problème est d’ordre naturel, « structurel ».
« De Yérimalé, dans la commune de Aouré, jusqu’à Kédougou, c’est le même problème. Depuis Senghor, toutes les initiatives ont presque échoué. C’est aussi le cas de ma commune. C’est la roche, il n’y pas de nappe phréatique », a-t-il dit. Et d’ajouter : « il y a des villages qui souffrent plus que Bondji ».
Malgré les forages installés dans la zone, il y a de cela cinq (5) ans, la pénurie d’eau persiste et perdure. Pour le maire de la localité connaissant bien sa circonscription, l’unique solution c’est le transfert d’eau. De l’avis de M. Alassane Mbaye Thiam, « il faut transférer l’eau à partir du fleuve, situé à moins de 20 kilomètres », pour assurer une distribution correcte en eau potable dans la zone, comme c’est le cas pour plusieurs villages de la commune.

 

Les images du calvaire des femmes de Bondji

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