L’ancien président sénégalais Macky Sall a estimé, ce lundi, que toute volonté de faire la lumière sur les événements politico-judiciaires survenus entre 2021 et 2024 passe nécessairement par l’abrogation de la loi d’amnistie.

S’exprimant devant des membres de la société civile, il a indiqué que cette démarche permettrait de rouvrir les dossiers liés à cette période marquée par des troubles ayant causé plusieurs dizaines de morts. « Si les gens veulent revenir sur les événements, il y a des moyens. Il faut abroger la loi d’amnistie. En ce moment, les dossiers ressortent. On saura qui est qui, qui a fait quoi », a-t-il déclaré.

Mis en cause par certains qui l’accusent d’être à l’origine de plus de 80 décès, Macky Sall a fermement rejeté toute responsabilité. Selon lui, il est injustifié d’imputer au chef de l’État les pertes en vies humaines enregistrées durant ces manifestations.

« On ne peut pas accuser le président de la République, qui est au sommet de la pyramide et qui a défendu la République, d’être responsable de meurtres. De quels meurtres parle-t-on ? Le président a-t-il donné l’ordre à qui que ce soit d’aller tuer des jeunes ? », s’est-il interrogé, dénonçant un « récit contraire à la réalité ».

L’ancien chef de l’État a également évoqué une campagne de dénigrement à son encontre, qu’il dit assumer en tant qu’homme politique. « Ça fait partie du jeu. Il faut avoir les capacités de contenir toutes ces agressions, qu’elles soient verbales, parfois même physiques », a-t-il soutenu.

Enfin, Macky Sall a invité les Sénégalais à dépasser cette période qu’il qualifie de douloureuse et à se projeter vers l’avenir. « Beaucoup de pays n’ont pas pu se relever dans des situations similaires. Heureusement que le Sénégal a surmonté cette épreuve. Il faut désormais regarder de l’avant et avancer », a-t-il conclu.