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Macky Sall dos au mur après la forte mobilisation de l’opposition

Après la forte mobilisation de ce mercredi 8 juin, le Président Sall est désormais dos au mur. Soit il se départit de sa casquette de chef de parti en organisant des élections dans les règles de l’art comme le firent ses devanciers pour avoir une sortie honorable, soit il opère un forcing en organisant des élections tronquées avec le risque de voir le pays basculer dans la violence.

Présidant l’ouverture du dialogue national le 28 mai 2016, le chef de l’État Macky Sall déclarait : «Au-delà de nos différences et de nos divergences, nous avons en commun le Sénégal, cette terre que nous ont léguée nos aïeux et que nous devons transmettre aux générations futures dans de meilleures conditions».

Justement ! Transmettre ce pays aux générations futures dans les meilleures conditions, c’est tout d’abord respecter les règles du jeu démocratique en évitant des comportements qui risquent de plonger le pays dans le chaos. Car, il est communément admis que tous les conflits qui éclatent en Afrique ont comme détonateur commun des élections tronquées.

Et aujourd’hui, pour éviter au Sénégal des convulsions douloureuses, le Président Sall doit se mettre au-dessus de la mêlée en organisant des élections libres, démocratiques et transparentes. Et la manifestation du 8 juin dernier est un message fort qu’il doit décrypter.

Donc, au lieu d’écouter ses thuriféraires qui ne prêchent que pour leur paroisse et qui n’hésiteront pas à prendre la tangente quand les choses vont se corser, il ferait mieux d’écouter la voix de son peuple en empruntant la voie de la sagesse.

D’ailleurs, il est mieux placé que quiconque pour le savoir, car tous ceux qui étaient avec Wade et qui l’ont combattu farouchement sont ceux-là mêmes qui sont aujourd’hui à ses cotés à lui passer la pommade et la brosse à reluire. Étant donné que les conseilleurs ne sont pas les payeurs, il ferait mieux d’écouter la voix de la sagesse en comprenant que l’on ne peut pas ramer à contre-courant de la volonté populaire et que la démocratie a parfois besoin d’un souffle nouveau. Mais, en voulant vaille que vaille se maintenir au pouvoir en bafouant allégrement les règles du jeu, cela ne fera que braquer les populations.

Pour que la paix puisse s’instaurer, il faut qu’elle soit adossée à la vérité et à la justice

Comme le Sénégal doit être au-dessus de nos divergences et de nos différences comme le soutient Macky Sall, pour un climat apaisé, qu’est-ce qui l’empêche de nommer une personnalité neutre pour gérer les élections comme l’avaient fait ses devanciers ?

Car, le constat est que les élections de 2000 et 2012 organisées par des personnalités neutres ont toutes abouti à des alternances sans anicroche. Si cela a pu se faire, c’est tout simplement parce qu’à un moment donné, Diouf et Wade ont su faire preuve de grandeur en se mettant au-dessus de la mêlée.

À ce propos, le Général Lamine Cissé a rendu un bel hommage au Président Abdou Diouf en déclarant que le Président Diouf ne lui a jamais demandé de faire la part belle à son parti, le Ps. Au contraire, il l’invitait toujours en cas de blocage à prendre des décisions allant dans le sens des intérêts de la République. Voilà ce qui est attendu aujourd’hui du Président Sall, qu’il prenne de la hauteur en faisant prévaloir les intérêts de la République sur ceux de son clan.

En tout cas, il est fort à craindre que si rien n’est fait pour ramener le pouvoir à la raison après la démonstration de force de l’opposition du 8 juin, il semble que l’affrontement risque d’être inévitable.

Aussi, il faudrait que, d’ores et déjà, des voix commencent à s’investir en invitant le Président Sall, encore une fois, à respecter les règles du jeu avant que les nuages qui s’amoncellent sur le ciel politique ne se muent en tempête. Seulement, pour que la paix puisse s’instaurer, il faut qu’elle soit adossée à la vérité et à la justice.
Tribune

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