Macky Sall aux occidentaux : «Qu’on arrête toujours de considérer l’Afrique comme un bébé»

L’Afrique ne doit plus être considérée comme un «bébé» par les puissances occidentales. c’est l’avis du Président Macky Sall, qui s’exprimait dimanche, à l’occasion des rencontres Économiques d’Aix-enProvence, tenues en France.

Taxé de préfet de la France par ses détracteurs qui se réclament panafricanistes, Macky Sall a profité des Rencontres Économiques d’Aix-en-Provence, un forum économique organisé par le Cercle des économistes au pays de Marianne, pour montrer sans doute à la face du monde qu’il a le panafricanisme dans le sang.

Prenant part à la rencontre par visio-conférence du fait de la troisième vague de coronavirus, le locataire du Palais a tapé du poing sur la table contre les puissances occidentales à propos de la place réservée à l’Afrique sur l’échiquier international.

S’exprimant grâce à la magie d’Internet à d’éminents économistes et universitaires, ainsi qu’à des décideurs politiques, chefs d’entreprises, représentants d’organisations internationales et membres d’organisations non gouvernementales, le président de la République a dit ses quatre vérités à Joe Biden, Emmanuel Macron et Cie.

«L’Afrique n’a pas besoin d’aide publique objectivement et il faut bien sûr que nous continuons à travailler davantage à la mobilisation des ressources internes, davantage de transparence dans la gestion budgétaire et dans la gestion économique. Et il nous faut aussi travailler pour le changement de la gouvernance mondiale en matière de réformes du système des Nations Unies, car jusque-là, l’Afrique qui est composée de 54 pays, n’est pas toujours présente au Conseil de sécurité. Ce qui est une injustice énorme», a martelé le chef de l’Etat.

Selon lui, «il faut changer le modèle de la gouvernance financière», car «c’est là où se trouve tout le débat sur l’accès aux ressources et marché des capitaux, sur la perception exagérée aux risques, bref faire en sorte que l’Afrique soit partie et le continent aille à part égale avec ses partenaires».

Et de poursuivre : «Qu’on arrête toujours de considérer l’Afrique comme un bébé, il faut que nous continuions à travailler avec tous les partenaires dans un esprit gagnant-gagnant, dans le cadre d’un respect mutuel. Cela va être le sens de mon combat au sein de l’Union africaine qui va débuter à partir de l’année prochaine».

Pour Macky Sall qui va présidé l’Union africaine à partir de janvier, le plus important, c’est un changement de paradigmes dans la manière de traiter avec l’Afrique. «C’est-à-dire de ne plus parler de l’Afrique, mais parler avec l’Afrique, parler avec les Africains pour qu’ensemble on convienne des solutions les plus appropriées. Il faut également, sur le plan de la solidarité, faire face à une maladie planétaire, il faut une riposte globale. Pour que l’Afrique puisse assurer une bonne relance économique, il faut que les droits de tirage spéciaux reconnaissent une nouvelle émission de plus de 650 milliards de dollars sur lesquels l’Afrique n’a que 33%, c’est-à-dire 33 milliards et toute l’Afrique Sub-Saharienne 23 milliards de dollars. Avec ce montant, on ne peut même pas assurer l’acquisition de vaccins, alors que nous avons plaidé pour faire passer ce quota à 100 milliards de dollars, cela pour que les grands pays qui n’ont pas besoin de cet instrument puissent laisser l’usage à nos pays afin non seulement de régler la question de la vaccination mais aussi d’assurer notre accès sur les marchés des capitaux avec des conditions soutenables, de faire en sorte que la relance puisse se faire du côté des pays africains et des pays en développement», ajoute le Président Macky Sall.

A l’en croire, l’occident doit changer ses règles d’accès au crédit. «Il faut beaucoup de ressources pour l’Afrique et il faut que ces ressources soient sur des maturités longues, sur des taux d’intérêt bas. Et ainsi, nous pourrons avoir plus de capacités et aurons un service de la dette moindre plus tolérable, plus d’efforts pour la relance et l’emploi en Afrique. Donc objectivement, il faut que sur les droits de tirage spéciaux à hauteur de 100 milliards pour l’Afrique, que nos partenaires du Nord accompagnent ce mouvement», dit-il.

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