Le rideau est tombé sur deux années de compagnonnage au sommet de l’État. Quelques heures après son limogeage par le président de la République, Ousmane Sonko a quitté le Petit Palais pour regagner sa résidence de la Cité Keur Gorgui, où il a été accueilli par une foule de militants venus lui témoigner leur soutien.
L’ancien chef du Gouvernement a quitté, dans la soirée de ce vendredi 22 mai 2026, le Petit Palais, mettant ainsi un terme symbolique à son passage à la Primature. À son arrivée à Keur Gorgui, l’ambiance était électrique. Des militants de son parti, rejoints par plusieurs responsables politiques et administratifs, dont des directeurs généraux de grandes structures publiques, l’attendaient déjà dans les rues du quartier.
Sous les chants et les slogans scandant son nom, de nombreux jeunes ont envahi les abords de sa résidence, transformant ce retour en un moment de forte portée politique et émotionnelle. Pour ses partisans, cette scène marque moins une sortie qu’un nouveau départ pour leur leader.
Quelques heures plus tôt, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, avait mis fin aux fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko, entraînant de facto la dissolution de l’ensemble du gouvernement.
La décision a été officialisée par un décret présidentiel lu à la télévision nationale par le secrétaire général de la Présidence. Le texte précise également que les ministres et secrétaires d’État sortants sont chargés d’expédier les affaires courantes, en attendant la mise en place d’une nouvelle équipe gouvernementale.
Nommé Premier ministre au début du mois d’avril 2024, Ousmane Sonko aura dirigé le Gouvernement pendant deux ans dans un contexte économique et politique particulièrement délicat. Son mandat a notamment été marqué par des tensions avec le Fonds monétaire international (FMI), après les révélations des nouvelles autorités sur l’existence présumée de dettes non déclarées se chiffrant à plusieurs milliards de dollars.
À la suite de ces annonces, le FMI avait gelé le précédent programme de prêts accordé au Sénégal, estimé à 1,8 milliard de dollars, ouvrant une période d’incertitudes économiques et de discussions serrées entre Dakar et ses partenaires financiers.
Le départ de Ousmane Sonko du Petit Palais vers Keur Gorgui apparaît ainsi comme bien plus qu’un simple déplacement. Il matérialise une rupture politique majeure entre deux figures longtemps perçues comme indissociables au sommet de l’État sénégalais. Reste désormais à savoir quelle nouvelle configuration politique émergera après cette séparation qui rebat les cartes du pouvoir.





















