Les jeunes pharmaciens du Sénégal tirent sur le ministre de la santé, Abdoulaye Diouf Sarr

Le collectif pour la défense des intérêts de la profession pharmaceutique (Codipharm) dénonce la précarité dans laquelle vivent les jeunes pharmaciens du Sénégal. Ces derniers tirent sur le ministre de la santé, Abdoulaye Diouf Sarr.

Depuis 3 ans, les conditions d’ouverture de pharmacie sont quasi inexistantes « si l’on sait que le Ministère de la santé privilégie les syndicats aux détriments des jeunes pharmaciens qui n’adhèrent pas à ces syndicats », ont-ils dénoncé.
 Le Dr Abdou Kader Dionne, président du collectif qui réunit les jeunes pharmaciens a déclaré que ses pairs rencontrent des difficultés dans l’exercice de leur métier.

Il dit: « depuis 2018, il n’y a aucune possibilité pour ouvrir une officine de pharmacies pour les jeunes pharmaciens. Ce qui oblige ces derniers à s’exiler vers des pays comme la Mauritanie, le Gabon, le Djoubouti, entre autres », regrette  Dr Dionne.
Dans les détails, il indique « qu’en 2018, le Ministère de la Santé a reçu 517 dépôts d’ouverture de pharmacie. De cette date à aujourd’hui, le pharmacien estime que les dépôts ont presque doublé, coïncidant avec la sortie des promotions de 2019 et 2020». 

De leur avis, «les arrêtés du ministère de la santé pris en parfaite violation du décret 2007-1457 du 03 Décembre 2007 ». Lequel décret « stipule en son article premier que sur toute l’étendue du territoire la population requise pour la création d’une officine de pharmacie est de 5000 habitants ». Cependant, la cartographie des espaces santé que constituent les officines est largement en deçà des standards, selon Dr Abdou Kader Dionne qui ajoute « des villes, des villages, des quartiers, des centres de santé et d’hôpitaux font face à un déficit ou à un défaut total de pharmaciens d’officine, de pharmaciens biologistes et ou de pharmaciens industriels ».
En lieu et place, les jeunes pharmaciens réclament l’ouverture sans délai des dépôts pour les pharmaciens désireux de tenir une officine de pharmacie.

En outre, ils demandent « la suppression de la commission d’études de dossiers qui, pour eux, est choisie de manière discriminatoire et mise en place par le ministère de la santé.

D’ailleurs, pour les jeunes pharmaciens, « ces commissions sont en réalité des syndicats et tout pharmacien qui n’adhèrent pas à ces syndicats n’est pas éligible d’avoir une pharmacie ».

S’adressant au président de la République, les jeunes pharmaciens lui demandent, « de ne pas signer le projet de décret discriminatoire qui va rendre les médicaments encore plus inaccessibles en durcissant les conditions d’ouverture de pharmacie ».

Les jeunes pharmaciens se disent prêts à servir partout au Sénégal même s’ils ont précisé avoir un métier libéral. Sinon, ils donnent rendez-vous après le ramadan pour tenir un sit-in devant le ministère de la santé et de l’action sociale.


 

  ♦   Abou Kane Dia  –  laviesenegalaise.com

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