Les étapes de préparation pour le déploiement du vaccin contre la COVID-19 en Afrique

Alors que les pays africains se préparent activement au déploiement des vaccins contre la COVID-19,il est essentiel de poser des bases solides de ce qui sera la plus vaste campagne de vaccination du continent.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’UNICEF et Gavi, l’Alliance du vaccin, travaillent avec les pays pour consolider leur préparation en utilisant un outil d’évaluation en 10 points qui comprend les aspects suivants :

Planification et coordination

L’OMS recommande que tous les pays mettent en place un groupe technique consultatif sur la vaccination afin de fournir au ministère de la Santé des lignes directrices et des recommandations scientifiques pour l’introduction du vaccin. L’OMS recommande aussi l’établissement de structures de coordination pour développer et suivre le calendrier de livraison du vaccin, identifier les groupes prioritaires à cibler avec le nombre limité de doses initialement disponibles, en se basant sur des données épidémiologiques contextualisées. De plus, les pays doivent développer des plans nationaux de vaccination pour guider la mise en œuvre de la campagne de vaccination et la base sur laquelle les vaccins sont répartis.

Ressources et financement

Les pays doivent évaluer les ressources humaines et financières requises pour déployer le vaccin contre la COVID-19. Bien que le Mécanisme COVAX fournira à la plupart des pays africains 20 % des doses nécessaires à leurs populations prioritaires, ceci n’inclut pas le coût du déploiement du vaccin. Davantage de ressources sont nécessaires pour le transport, la chaîne du froid, la formation des personnels de santé/vaccinateurs et pour créer une demande pour le vaccin. Les coûts varient d’un pays à l’autre selon plusieurs facteurs, dont la géographie, les distances à parcourir, le nombre de travailleurs de la santé et le type de vaccin utilisé.

Réglementation des vaccins

Les pays doivent s’assurer qu’ils disposent de voies réglementaires en place pour rapidement évaluer et autoriser l’usage d’urgence du vaccin ou produire les licences pour celui-ci, tout en garantissant les nécessaires homologations et dérogations d’urgence pour une rapide importation. Des personnels habilités à délivrer des autorisations doivent s’assurer que toute la documentation est en ordre deux semaines avant que les vaccins ne soient expédiés afin d’éviter les retards au niveau des ports d’entrée et de potentiellement perdre leur efficacité s’ils sortent de la chaîne du froid.

Priorisation

En se basant sur les lignes directrices établies par le groupe technique consultatif du pays, la catégorie de personnes bénéficiant d’une vaccination prioritaire est identifiée afin d’établir le nombre de doses dont le pays aura besoin. Le Groupe stratégique consultatif d’experts sur la vaccination a recommandé une priorisation des travailleurs de la santé de première ligne, des personnes âgées et des adultes présentant des comorbidités. Néanmoins, les pays prennent leurs décisions finales en fonction de leurs données épidémiologiques.

Prestation de services

Une fois les groupes prioritaires identifiés, le pays décide des stratégies de livraison du vaccin pour atteindre ces personnes, partout où elles se trouvent. Les stratégies traditionnelles ont recours aux structures sanitaires ou aux sites mobiles pour vacciner la population, d’autres méthodes prévoient que les vaccinateurs effectuent des visites en porte-à-porte. La planification de l’administration du vaccin aide les vaccinateurs à localiser les personnes et à s’assurer qu’elles reçoivent la dose nécessaire. En raison de la COVID-19, tous les vaccinateurs doivent avoir un équipement de protection individuel et du gel hydroalcoolique, et ils doivent organiser les sessions de vaccination de façon à éviter les rassemblements afin de limiter la transmission du virus.

Formation et supervision

Former le personnel de santé à vacciner en toute sécurité implique d’identifier les besoins en formation, d’élaborer des supports de formation et de trouver les plateformes adéquates pour former le personnel. En raison de la COVID-19, la plupart des formations doivent maintenant être dispensées de manière virtuelle. L’OMS a développé plusieurs outils de formation à la vaccination contre la COVID-19 à l’intention du personnel de santé. La formation couvre entre autres les fondamentaux du vaccin, leur manipulation, l’attention portée à d’éventuels effets indésirables après la vaccination, la gestion et l’évacuation des déchets, ainsi que la communication avec les communautés. Une fois que la vaccination commence, le personnel du ministère de la Santé et les partenaires fournissent une supervision d’appui aux vaccinateurs, en identifiant et en démontrant les meilleures pratiques.

Suivi & évaluation

Pour suivre l’adoption du vaccin, les pays doivent développer des outils de suivi et de collecte des données. Les outils de suivi incluent des cartes personnelles de santé, des formulaires de vaccination et des registres qui aident au traçage des doses, à l’estimation de la couverture vaccinale et à la gestion des stocks. La récolte de données contribue à fournir des renseignements sur l’évaluation du programme de vaccination, à savoir si toutes les doses sont administrées et quel est l’impact du vaccin.

Chaîne du froid et logistique

Tous les vaccins doivent être conservés réfrigérés, et certains vaccins contre la COVID-19 nécessiteront une réfrigération à des températures ultra-basses. Les pays devront évaluer et planifier la distribution en fonction d’une chaîne du froid à tous les niveaux, dès l’arrivée du vaccin au port d’entrée, y compris pour le transport jusqu’aux infrastructures nationales de stockage, au niveau du district, des structures sanitaires et enfin sur le lieu de prestation du service jusque dans le bras du bénéficiaire. Maintenir une chaîne du froid implique de tout planifier dans le moindre détail.

Sécurité et surveillance

Quel que soit le vaccin est fourni, les pays doivent disposer d’un système en place afin de détecter toutes réactions ou effets indésirables suivant la vaccination. Le système doit permettre d’identifier, de consigner et de gérer tout effet secondaire au sein de la communauté ou du centre de santé, puis d’en informer directement le fabricant afin de déterminer si l’incident est lié au vaccin. Le système doit aussi être préparé à traiter tout effet secondaire que le vaccin peut impliquer.

Générer une demande et communiquer

Les pays doivent se préparer et mettre en œuvre des stratégies visant à stimuler la demande, avec des informations claires et accessibles sur les vaccins afin d’aider à renforcer la confiance de la population dans le vaccin, ouvrant la voie à une demande et au désir de le recevoir. Aucun vaccin n’est obligatoire, néanmoins le public doit savoir s’il est disponible et où le trouver, de façon à ce qu’aucun vaccin ne soit gaspillé. En même temps, la circulation d’une intense désinformation sur les vaccins contre la COVID-19 signifie que les pays devraient aussi préparer des approches de communication des risques qui rectifient les fausses informations. La communication des risques prépare aussi les équipes à communiquer immédiatement au plus haut niveau dans le cas d’un événement potentiellement défavorable pour conserver la confiance du public à l’égard du vaccin.

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