Les Bizarreries d’un contrat d’armement de 45 milliards F CFA

Controverse autour du contrat d’armement de 45 milliards F CFA conclu le 30 décembre 2021 par le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Abdou Karim Sall, et approuvé le 11 janvier suivant par le ministre des Finances et du Budget, Abdoulaye Daouda Diallo.

Le gouvernement a réagi après les révélations sur cette étonnante transaction portant sur du matériel militaire. Et certains opposants réclament l’ouverture d’une enquête parlementaire.
D’une valeur de 45 milliards F CFA, le deal secret passé par l’État du Sénégal avec Aboubakar Hima, dit « Petit Boubé », sulfureux homme d’affaires nigérien, porte sur l’achat de matériel militaire par le ministère de l’Environnement. Ce contrat concerne, notamment, l’achat de fusils d’assaut, de pistolets semi-automatiques et de munitions

Toutefois dans ce dossier, les bizarreries, voire même les loufoqueries, ne manquent pas. “Car parmi les biens et services rémunérés par le ministère de l’Environnement sénégalais au bénéfice des fonctionnaires des Eaux et Forêts, certains prêtent à sourire”, raillent même nos confrères de Jeune Afrique. C’est ainsi que « 20 motos amphibies » de type Biski (« la moto qui se transforme en jet-ski », selon le slogan de la marque) sont censées être livrés par l’entreprise de Petit Boubé. Pour des agents des Eaux et Forêts officiant en brousse, ce gadget technologique permettant à une moto de passer en un clin d’œil de la terre à un cours d’eau peut prêter à sourire.
Autre source d’étonnement, les 235 motos Yamaha 125 DT prévues au contrat. En effet, ce modèle n’est plus commercialisé par Yamaha depuis 2008. Il s’agirait donc de motos d’occasion, vieilles d’au moins 14 ans.

Boucles de ceinture, équipements de plongée sous-marine, bulldozers, pelleteuses, camions de divers types et autres étrangetés viennent parsemer l’annexe du contrat, dans un ballet qui semble disproportionné au regard des besoins supposés de l’administration en question, longtemps délaissée et qui se voit choyée subitement, d’un coup de baguette magique. Parmi ces bizarreries, le type d’armement censé être fournis aux agents des Eaux et Forêts. Outre 1 500 pistolets semi-automatiques – cela pourrait s’envisager dans une région comme la Casamance, soumise à un persistant trafic de bois précieux –, le contrat signé par le ministre de l’Environnement comprend aussi 1 500 fusils d’assaut.

Selon une source au fait de ce dossier au sein des instances gouvernementales, cité par Jeune Afrique, trois catégories complémentaires dépendent du ministère de l’Environnement : les agents des Eaux et Forêts, ceux des parcs nationaux et ceux des aires marines protégées. Mais lorsqu’on lui demande à quels périls ces personnels, qui se subdivisent entre agents administratifs et agents de terrain, feraient face – outre les rebelles du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) – pour hériter d’un tel équipement militaire, il ne donne pour exemple que les braconniers ou les pilleurs de bois.

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