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Leçon inaugurale de la Rentrée Académique 2025-2026 de l’UCAD : le Professeur Moussa SEYDI revient sur les leçons à tirer de la Covid-19

Professeur Moussa Seydi, leçon inaugurale

Le Professeur Moussa SEYDI, titulaire de la chaire de maladies infectieuses de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Chef du Service des Maladies Infectieuses et Tropicales (SMIT) du Centre Hospitalier National Universitaire de Fann a prononcé la leçon inaugurale de la Rentrée Académique 2025-2026 de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Sur le thème « Un futur sans pandémie ? Leçons à tirer de la Covid-19 », cette figure de proue de la riposte sanitaire au Sénégal a partagé son expérience avec le public ce jeudi, à la Salle de Conférence de l’UCAD II.

Fort d’une gestion nationale saluée pour sa diligence, le chef du Service des maladies infectieuses de Fann a articulé sa leçon inaugurale autour de douze enseignements majeurs. Entre plaidoyer pour la souveraineté vaccinale africaine, urgence d’une collaboration franche entre science et politique, et promotion de l’approche «One Health», le Pr Seydi a démontré qu’un futur sans pandémie n’est plus une utopie, mais une possibilité réelle conditionnée par la solidarité et l’anticipation stratégique.

C’est dans une enceinte de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar comble que le Professeur Moussa Seydi, figure emblématique de la lutte contre le Covid-19 au Sénégal, a prononcé la leçon inaugurale de l’année académique 2025-2026. Sous le thème des leçons tirées de la pandémie, le chef du Service des maladies infectieuses de Fann a partagé une vision ambitieuse : l’avènement d’un monde où toute épidémie serait éteinte avant d’atteindre un stade planétaire.

Il y a d’abord un hommage à la résilience et au savoir. Le Pr Seydi a débuté son allocution en soulignant que la pandémie n’est pas l’apanage des seuls soignants, citant des intellectuels comme Albert Camus ou le Pr Abdoulaye Elimane Kane pour illustrer les blessures physiques et sociales de cette crise. Il a rendu un hommage appuyé aux membres de la communauté universitaire qui se sont mobilisés, parfois au péril de leur vie, pour stabiliser la situation sanitaire du pays.

Le Pr Seydi a structuré son intervention autour de 12 leçons fondamentales comme la liberté et la collaboration, la lutte contre l’infodémie, l’approche «One Health», la souveraineté médicale, l’anticipation du pire. Il appelle à garantir la liberté académique et à établir une collaboration franche entre scientifiques et politiques, évitant les heurts constatés ailleurs.

Il faut rappeler que la désinformation a coûté des milliers de vies. Le professeur préconise des outils comme le «debunking» et le «pre-bunking» pour contrer les discours antivax. Alors que la surveillance doit intégrer la santé humaine, animale et environnementale, car les zoonoses (maladies transmises par les animaux) risquent de quadrupler d’ici 2050.

Aujourd’hui, le Sénégal, via le projet Madiba à Diamniadio, doit viser l’autonomie en matière de vaccins pour ne plus dépendre de mécanismes internationaux parfois insuffisants.

Pour le Pr Seydi, cet objectif est réalisable. Il a cité l’exemple de la Guinée qui, grâce à une meilleure préparation, a réduit le bilan d’Ebola de 11 000 morts en 2013 à seulement 12 décès en 2021.

Le Pr Seydi affirme qu’un monde sans pandémie est possible si l’on éteint les épidémies à la source. Il cite deux leviers fondamentaux : le Pandemic Fund (Fonds de lutte contre les pandémies) : ce fonds de la Banque mondiale, doté de 7 milliards de dollars (visant 11 milliards), aide les pays à faible revenu à renforcer leur prévention. Le Sénégal y siège pour représenter 16 pays d’Afrique de l’Ouest et l’Algérie. Il faut ajouter l’Accord sur les pandémies de l’Organisation mondiale de la santé (Oms) : ce traité vise une collaboration mondiale équitable, garantissant que 20% de la production de produits de santé soient réservés à l’Oms pour un accès juste.

Le Pr Seydi rappelle que la réussite face aux crises futures dépendra de notre capacité à cultiver la solidarité et à croire en l’excellence du travail sans calcul au service de la société. «Nous pouvons faire de notre monde un lieu sans pandémie», a conclu le Professeur, appelant à faire de la solidarité humaine le moteur des futures ripostes sanitaires.Leçon inaugurale de la Rentrée Académique 2025-2026 de l'UCAD