Dakar, le 21 août 2025 – Le Sénégal a exprimé ce jeudi sa vive indignation suite à l’annonce de sanctions imposées par les États-Unis à l’encontre de quatre magistrats de la Cour pénale internationale (CPI), parmi lesquels figure le juge sénégalais Mame Mandiaye Niang.
Dans un communiqué officiel émanant du ministère de l’Intégration Africaine et des Affaires Étrangères, le gouvernement sénégalais condamne fermement cette décision jugée « injustifiée » et « attentatoire à l’indépendance de la justice internationale ».
« Le Sénégal invite les autorités américaines à retirer ces sanctions qui constituent une grave atteinte au principe de l’indépendance de la justice et au droit des magistrats de la Cour d’exercer de façon libre et sereine le mandat qui leur est confié par les 125 États parties au Statut de Rome », peut-on lire dans la déclaration.
Premier pays à avoir ratifié le Statut de Rome, fondement de la Cour pénale internationale, le Sénégal a tenu à rappeler son attachement aux principes de justice internationale. Il a exprimé sa pleine solidarité avec le juge Mame Mandiaye Niang, ainsi qu’avec ses collègues visés par les sanctions américaines.
Le gouvernement sénégalais a réitéré son soutien indéfectible à la CPI, institution chargée de juger les crimes les plus graves, notamment les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide. Il appelle également l’ensemble des États parties à se mobiliser face à cette situation.
« Le Sénégal appelle instamment les États Parties à réaffirmer leur solidarité à la Cour, et à redoubler d’efforts pour s’assurer que les magistrats et tout le personnel de la Cour puissent remplir leur mission en toute indépendance, sans menaces ni restrictions », souligne le communiqué.
Les sanctions américaines ont été annoncées le mercredi 20 août 2025 par le Département d’État. Washington accuse les magistrats concernés d’être « directement impliqués » dans des enquêtes visant des ressortissants américains ou israéliens, menées sans l’accord explicite de leurs gouvernements respectifs.
Les autorités américaines dénoncent ce qu’elles qualifient de « politisation » de la CPI, ainsi que d’abus de pouvoir et de mépris de la souveraineté nationale. Elles estiment que les actions de la Cour représentent une menace à la sécurité nationale des États-Unis et à celle de leur allié, Israël.
Cette décision américaine intervient dans un contexte déjà tendu entre la CPI et certains États non signataires de son statut, notamment les États-Unis, qui n’ont jamais ratifié le Statut de Rome. Elle soulève de nombreuses inquiétudes quant à l’avenir de la coopération internationale en matière de justice pénale.
Par cette réaction, le Sénégal entend non seulement défendre l’un de ses ressortissants, mais aussi préserver l’autorité et l’indépendance de la Cour pénale internationale, pilier du droit international contemporain.
Réaction du Premier ministre Ousmane Sonko
«Je tiens à féliciter chaleureusement Son Excellence Monsieur le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, pour son leadership éclairé et sa position ferme en soutien à la Cour pénale internationale, et tout particulièrement à notre compatriote Mame Mandiaye Niang.
À mon tour, je souhaite exprimer mon soutien personnel, total et indéfectible à notre compatriote, dont j’ai pu apprécier l’engagement profond envers les principes fondamentaux et sacrés de la justice, lors de l’audience que je lui ai accordée au cours de son dernier séjour à Dakar. Le gouvernement du Sénégal, son pays, se tiendra résolument à ses côtés pour faire face à ces mesures injustes et infondées des États Unis d’Amérique», a réagi le Premier ministre Ousmane Sonko.






















