Face à un hivernage déficitaire dans la vallée, le ministre de l’Agriculture a annoncé à Matam un ensemble de mesures d’urgence comprenant une campagne de maïs de contre-saison dès la semaine prochaine, la suppression de la prime fixe d’électricité à partir de lundi, la fin de la TVA sur le matériel agricole et l’arrivée de 500 tracteurs, tout en érigeant la ferme intégrée de Thilogne et les périmètres rentables de Kobilo en modèles de souveraineté alimentaire.
Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage est l’hôte de la région de Matam, la quatrième étape de sa tournée nationale de suivi de la campagne agricole 2026. Cette étape est marquée par des mesures d’urgence face à un hivernage déficitaire et par la visite d’initiatives locales qui incarnent la souveraineté alimentaire.
Après Kédougou, Tambacounda et Kaffrine, Dr Cheikh Oumar Ba a rencontré vendredi des acteurs de la vallée en rappelant la directive du président Bassirou Diomaye Faye, dialoguer avec les producteurs et apporter des solutions concrètes.
Face à un hivernage jugé déficitaire et même très déficitaire par endroits, le gouvernement a annoncé deux mesures immédiates pour Matam. Dès la semaine prochaine, des semences de maïs seront distribuées pour une campagne de contre-saison afin de compenser les pertes. Et à partir de lundi, la prime fixe sur les factures d’électricité sera supprimée, à l’issue d’une réunion tenue jusqu’à deux heures du matin à Podor avec la SENELEC.
Le ministre a également confirmé la suppression de la TVA de 18% sur le matériel agricole et l’acquisition de 500 mini-tracteurs et 500 motoculteurs pour l’ensemble du pays.
Au cœur de cette tournée, une ferme à Thilogne illustre la politique prônée par l’Etat. Il s’agit de la ferme intégrée de 40 hectares, créée en 2019 par la diaspora.
Le site associe maraîchage, arboriculture, cultures pluviales, fourrage et pisciculture avec du maïs, du niébé, de la pastèque, de la mangue, de la papaye, du moringa, de la banane, du maralfalfa et de l’élevage de tilapia. L’eau issue du bassin piscicole est réutilisée pour l’irrigation et la biomasse de maralfalfa sert d’aliment pour le bétail.
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L’expérimentation est concluante. Sur une parcelle test d’un hectare, la ferme a produit 25 tonnes d’oignon rapidement écoulées, preuve d’un marché local porteur. Le site génère déjà plusieurs emplois permanents et mobilise plusieurs dizaines de saisonniers en campagne.
Reste la contrainte de l’eau. Les mini-forages actuels ne couvrent pas les besoins de mars à mai. La coopérative sollicite un forage profond de 180 mètres avec pompage solaire et deux pivots de 15 hectares chacun pour passer à l’échelle sur l’oignon et la pomme de terre.
‘’La souveraineté alimentaire ne doit pas rester un discours, elle doit se traduire par des réalisations concrètes comme celle-cî’, a déclaré le ministre en promettant un accompagnement en eau, mécanisation et conservation.
Cette rentabilité est confirmée par les grands périmètres rizicoles du département.
A Kobilo, dans la commune de ́ Dabia, 5,24 milliards FCFA investis par l’Etat avec l’appui de la BADEA bénéficient à 2 945 producteurs. Le périmètre produit 5 780 tonnes de riz blanc par an, soit 1,73 milliard FCFA, plus 7 514 tonnes de paille valorisée à 142 millions pour l’élevage. La commune de Dabia est désormais autosuffisante et dégage un surplus de 3 500 tonnes pour le marché national.
Au niveau de Bosséa 1, 1 milliard 300 millions FCFA investi sur 200,46 hectares au profit de 305 producteurs génère 1 560 tonnes de riz blanc par an, soit 468 millions FCFA.
Dans les deux cas, on relève que ́’ le retour sur investissement est atteint en trois campagnes, illustrant qu’investir dans la riziculture n’est pas une dépense mais un investissement productif créateur de valeur pour les producteurs, les éleveurs et les transformateurs’́.
Durant cette tournée de suivi de la campagne agricole 2026, un comité régional de développement est prévu ce samedi avec les acteurs.






















