Dans une déclaration de presse datée de ce 31 mars 2026, l’organisation de la Société civile, Forum du justiciable, dénonce l’absence de publication des rapports annuels de la Cour des comptes depuis 2017. Un manquement grave aux obligations légales qui, selon l’Ong, fragilise la démocratie sénégalaise.
Selon le Bureau exécutif du Forum du justiciable, l’institution n’a publié aucun rapport annuel depuis 2017. Les exercices couvrant la période 2018 à 2024 demeurent à ce jour inconnus du grand public. Pour l’organisation de la Société civile, dirigée par Babacar Ba, cette rétention d’informations n’est pas seulement un retard administratif, mais une «violation manifeste de la loi».
Le Code de transparence dans la gestion des finances publiques impose pourtant à la Cour de rendre publics tous les rapports transmis à l’Exécutif et au Législatif, ainsi que ses décisions particulières sur son site web. «Cette obligation vise à garantir que les citoyens disposent d’informations fiables et régulières sur l’utilisation des ressources publiques», rappelle le Forum du justiciable. L’absence de ces documents essentiels paralyse plusieurs leviers de la gouvernance nationale : les députés se retrouvent privés d’outils cruciaux pour exercer leur mission de contrôle, notamment lors du vote des lois de finances ou de l’évaluation des politiques publiques. Alors que les citoyens ne peuvent plus apprécier objectivement la gestion des autorités, ce qui nourrit une méfiance croissante envers les institutions. Selon le Fj, ce défaut de publication place le Sénégal en décalage avec les standards internationaux de bonne gouvernance.
Face à ce qu’il qualifie de «dysfonctionnement institutionnel majeur», le Forum du justiciable exhorte la Cour des comptes à sortir de sa réserve. L’organisation appelle l’institution à publier sans délai ses rapports annuels et particuliers afin de restaurer la crédibilité de la reddition des comptes au Sénégal. «La publication régulière des rapports n’est pas une formalité, c’est un pilier de la gouvernance démocratique», conclut Babacar Ba.





















