Le directeur du CESTI Mamadou NDIAYE lance un appel aux diplômés de l’école de journalisme

Le directeur du Centre d’Etudes des Sciences et Techniques de l’information (CESTI) Mamadou NDIAYE a lancé jeudi, un appel pressant aux diplômés de l’école de formation en journalisme. Il a profité de la cérémonie de remise des diplômes aux sortants de la 49e promotion pour battre le rappel des troupes évoquant le rôle majeur que les alumni jouent dans les grandes pour leur rayonnement.

Voici in extenso le discours du directeur du Cest : entre bilan, perspectives, éloges du parrain et conseils aux récipiendaires

«J’aimerais tout d’abord vous souhaiter la bienvenue à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et vous remercier de l’honneur que vous nous faîtes, ce matin, en assistant à cette cérémonie de remise des diplômes aux étudiants de la 49e Promotion de notre établissement. Cette cérémonie constitue, en effet, un rituel bien ancré dans les traditions du CESTI.

Mais cette année, elle a lieu dans un contexte bien particulier, marqué par un changement important dans la gouvernance de notre institution. Avec le décret n° 2021-1500 du 16 novembre 2021 fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de l’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar, le CESTI est érigé en institut avec rang de Faculté. Ce qui représente une grande avancée dans notre gouvernance institutionnelle.

Permettez-moi d’esquisser ici quelques aspects de cette gouvernance nouvelle :

 

  • une plus grande autonomie dans la gestion financière ;
  • la mise en place d’organes nouveaux (Conseil d’administration, Conseil pédagogique) ;
  • une grande possibilité de mener des projets d’investissement.

Au vu de ce bond en avant qualitatif, qu’il me soit autorisé d’adresser mes vifs remerciements au président de la République, son Excellence M. Macky Sall, au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, M. Cheikh Oumar Hanne, ainsi qu’à Monsieur le Recteur de l’UCAD, le professeur Ahmadou Aly MBAYE. Ils ont bien voulu répondre favorablement à une vieille doléance du CESTI. J’associe à ces remerciements, le Syndicat autonome de l’Enseignement supérieur (SAES), qui nous a soutenu dans notre démarche de changement de statut.

Je voudrais également exprimer ma gratitude aux enseignants, aux étudiants, au personnel administratif, technique et de service, aux diplômés, et aux retraités du CESTI, pour leur accompagnement et leur soutien constant.

Je profite de l’occasion pour rendre un vibrant hommage à nos braves dames qui consacrent leurs énergies et leurs forces à la consolidation des fondations du CESTI. 

Cette année, je voudrais consacrer le temps qui m’est imparti à une réflexion sur ce qu’est le CESTI AUJOURD’HUI et sur ce qu’il devra être Demain.

Aujourd’hui, grâce à l’investissement des formateurs, du personnel et des partenaires publics ou privés, le CESTI se porte bien. Nous avons :

  • un climat social apaisé ;
  • une licence en Journalisme ;
  • Une licence en Production audiovisuelle ;
  • Une licence en Communication ;
  • Un master Médias et Communication en présentiel et en distanciel ;
  • Une formation doctorale ;
  • Un groupe de recherche pluridsciplinaire ;
  • Des formations à la carte ;
  • Un service constant à la communauté ;
  • Un parc automobile renforcé ;
  • Une gestion participative maitrisée ;
  • Une vision fondée sur un plan stratégique de développement.

Ceux qui connaissent les lieux seront d’accord avec moi quand j’ajouterai que le CESTI d’aujourd’hui ne peut plus contenir autant de programmes, autant d’initiatives. Nous sommes à l’étroit et le bâtiment est devenu vétuste.

Demain… il nous faudra aller vers la construction d’un nouveau CESTI, avec des infrastructures à la hauteur de la renommée de notre établissement, des équipements de qualité et des formations diplômantes renforcées pour répondre à la demande du marché. Ce nouveau CESTI coûtera environ 2 milliards FCFA. Oui, c’est beaucoup pour un établissement qui fonctionne avec un petit budget. Mais nous avons un plan stratégique et un business plan.

Sous la tutelle du Recteur, nous irons voir les autorités, nous informerons nos partenaires, nous discuterons avec les banques et nous solliciterons les quelques 1500 diplômés du CESTI. Ensemble, nous y arriverons.

Demain…

Ce mot fait rêver. C’est le lieu de tous les possibles, de tous les changements, de la réalisation de tous les engagements.

Demain…

Est également un mot qui fait peur, qui suscite de l’inquiétude, des interrogations.

Je voudrais dire à ceux qui pensent qu’avec ce changement de statut, le CESTI va disparaître ou que la formation en Journalisme va être sacrifiée, je voudrais dire à ceux-là que leurs craintes, leurs interrogations sont légitimes. Le professionnel de la communication que je suis sait parfaitement que le changement suscite toujours des interrogations voire des résistances. Nous ne sommes pas dans une entreprise de démantèlement. Nous agissons tous les jours pour la réalisation de la montée en puissance du CESTI dans le respect des standards de qualité.

Je voudrais, à présent, consacrer quelques mots aux récipiendaires.

Chères étudiantes, chers étudiants,

Je vous adresse mes vives félicitations. Les dernières années de votre formation se sont déroulées dans des conditions difficiles marquées par les restrictions dues à la pandémie de la Covid-19. Pendant plusieurs mois, j’ai vu des étudiants dynamiques et résilients, qui ont bravé de nombreuses contraintes pour atteindre leurs objectifs.

Dans quelques instants, vous allez recevoir le diplôme qui vous permet de pratiquer le métier de journaliste. Journaliste, l’une des professions les plus difficiles et les plus exigeantes qui soient. Du fait de ses difficultés et de ses exigences, la direction du CESTI ne ménage aucun effort pour assurer une formation de qualité, seul moyen de doter notre pays d’une presse forte, digne, indépendante et crédible.

Mais il faut le dire, au moment où de nombreuses initiatives sont prises pour l’émergence d’une presse professionnelle au Sénégal, la profession est assaillie de toutes parts. Les acteurs des réseaux sociaux que Marc-François BERNIER appelle le « cinquième pouvoir » analysent, apprécient et critiquent, souvent à tort ou à raison, le travail des journalistes dans un contexte dominé par la propagation de la désinformation. Les journalistes sont également concurrencés par de nouveaux acteurs appelés « influenceurs » avec la complicité, reconnaissons-le, de certains annonceurs. Ils sont accrédités au même titre que les journalistes professionnels lors de grands événements internationaux.

Malgré tout, les professionnels que vous êtes doivent savoir que le journalisme est un métier qui répond à des normes de collecte et de traitement de l’information, des normes qui ne souffrent d’aucune improvisation, dans le respect des principes éthiques et des règles déontologiques. Comme l’ont si bien dit les Frères Edmond et Jules de Goncourt : « Dans le journalisme, l’honnête homme est celui qui se fait payer l’opinion qu’il a ; le malhonnête, celui qu’on paie pour avoir l’opinion qu’il n’a pas ».

 

Vous avez bénéficié d’une bonne formation. Nul doute que vous serez compétitifs sur le marché de l’emploi. Vous êtes bien outillés pour y entrer. Les patrons de presse ici présents, et dont certains sont des diplômés de notre prestigieuse école, ont sûrement entendu votre appel.

 

Soyez dignes du CESTI, cette école de référence.

Soyez dignes également de votre parrain, notre regretté Babacar TOURE qui était connu pour sa passion et son professionnalisme dans la pratique du métier. Journaliste talentueux, indépendant, généreux, franc et à l’esprit vif, « BT », comme on l’appelait affectueusement, avait les principes chevillés au corps. Son passage à la tête du CNRA en est un exemple achevé. Durant tout son mandat, nous confie un de ses amis, il s’était abstenu de signer le moindre papier dans un support du groupe SUD COMMUNICATION.

Babacar Touré a marqué d’une empreinte indélébile son passage à la tête du Conseil national de régulation de l’Audiovisuel. Grand manager, professionnel chevronné, président adulé par ses pairs, qui le consultaient régulièrement, il a été d’un grand apport pour les médias, en troquant par exemple sa casquette de « gendarme » de l’audiovisuel avec celle du grand pédagogue. Ainsi, il a toujours préféré la sensibilisation à la sanction. Son travail à la tête du Comité national de Pilotage de la Transition de l’Analogique vers le Numérique (CONTAN) a rendu possible la mise en place de la Télévision numérique terrestre (TNT) au Sénégal.

 

Mesdames, Messieurs,

Chers Cestiens,

Chers collègues,

Chères étudiantes, chers étudiants,

Chers partenaires,

Pour conclure, je voudrais lancer un appel solennel aux diplômés du CESTI.

Dans toutes les Grandes écoles, les alumni jouent un rôle majeur.

Mon ami Mbaye GUEYE, administrateur de la Fondation UCAD dirait Dans toutes les grandes universités, les alumni jouent un rôle majeur. Certains parmi vous nous appuient déjà dans la formation des étudiants en nous consacrant leur temps. D’autres nous aident à nouer des partenariats avec certaines ONG. Cependant, nous aurions aimé que les diplômés, les « Cestiens » que vous êtes, s’investissent davantage dans la recherche de moyens pour votre école, dans la fourniture d’équipements et dans l’encadrement voire l’accompagnement de vos cadets pour l’insertion professionnelle. Le CESTI a besoin de vous. Les futurs « Cestiens » ont besoin de vous.

Je ne saurais terminer sans adresser mes chaleureux remerciements aux partenaires qui nous ont accompagnés cette année.

Je veux citer :

  • La Voix de l’Amérique (VOA) ;
  • Oxfam ;
  • L’Institut PANOS ;
  • La Fondation Konrad Adenauer ;
  • l’Agence France Presse.
  • Caritas Sénégal ;
  • UNITAR et le Programme PAGE représenté par Mme Seynabou DIOUF.

Grâce à l’appui de l’État du Sénégal et à la confiance de ces partenaires, le CESTI demeure leader dans la formation en Journalisme. Nos étudiants, nos diplômés continuent de remporter des prix prestigieux. Le CESTI va accueillir du 26 au 27 mai 2022, le Colloque et l’Assemblée générale du Réseau Théophraste, un réseau d’excellence des Écoles francophones de formation en journalisme.

Malgré tout, il nous faut réussir cette transition vers le CESTI de Demain. Pour Rob Hopkins, la transition c’est, je cite :

« La transformation positive de la société qui passe par la multitude de petits mouvements locaux, impliquant la base et visant tous à développer la résilience, […], mais visant aussi à renforcer la solidarité et les liens et à favoriser tout ce qui renforce l’autonomie ».  

Le défi de la transformation positive de notre institution, que je porte avec mon équipe, peut être résumé en quelques mots : « inscrire le CESTI dans un avenir durable »

 

Je vous remercie de votre aimable attention.»

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